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SOEURS MIRABAL– La République dominicaine commémore ce 25 novembre la disparition de ses héroïnes nationales

Par Lepetitjournal République Dominicaine | Publié le 24/11/2015 à 23:00 | Mis à jour le 25/11/2015 à 14:09

 

A l'occasion de la commémoration du 55ème anniversaire de la disparition des soeurs Mirabal, se déroule jusqu'au 29 novembre, le festival culturel Hermanas Mirabal dans la province de Salcedo, d'où sont originaires les héroïnes dominicaines. Un festival artistique et culturel, créé en 2007 et dont la France est, cette année, le pays invité d'honneur.

Des événements coordonnés par les Alliances françaises

Cette semaine, un large public est attendu dans la petite ville de Tenares, au nord de San Francisco de Macorís, pour profiter de la 5e édition du festival culturel Hermanas Mirabal qui a lieu tous les deux ans. Autour de la foire d'exposition d'art et d'artisanat, se déroulent de nombreuses animations culturelles. La France, en tant que pays invité, organise également des événements,  coordonnés par les Alliances françaises de Santiago et de Saint-Domingue. Sur le stand « France », les visiteurs peuvent ainsi découvrir des produits gastronomiques et suivre des ateliers de cuisine (ci-dessous).

Plusieurs expositions artistiques sont présentées dont « Jouons sur la terre », issue d'un concours photo mené par la fondation Alliance française à travers le monde, ainsi que des concerts comme par exemple celui d'un groupe de Bèlè martiniquais (danse traditionnelle). Deux fresques murales ont été peintes spécialement pour cette 5e édition, dont une sur le stand France.

Elles viennent s'ajouter aux plus de 400 peintures murales réalisées, depuis 2007, qui composent « La Ruta de los Murales », une des attractions artistiques principales de la région. Le festival a été inauguré dimanche dernier en présence de José Gomez, ambassadeur de France, avec en toile de fond une volonté de promouvoir «  une culture de paix et de développement culturel ». Aux côtés du diplomate, le ministre de la culture, José Antonio Rodríguez était également venu donné le coup d'envoi de la foire régionale du livre qui se déroule simultanément à Tenares cette semaine. Deux autres membres du gouvernement assistaient à l'événement : le ministre de l'environnement Bautista Rojas Gómez, Président du comité d'organisation, et le ministre des sports, Jaime David Fernández Mirabal, neveu des célèbres sœurs et originaire de la région. (Photo : Yneida Ferandez (Province hermanas Mirabal) , l'ambassadeur de France José Gomez, Jaime DF Mirabal  et Cyril Anis, directeur de l'Alliance française de Santiago).

La région des « Mariposas »

La région de Salcedo, où se tient le festival, a été renommée en 2007 « Provincia Hermanas Mirabal » en hommage aux trois sœurs victimes du dictateur Rafael Leónidas Trujillo. C'est là, en effet, qu'elles vécurent avant d'être assassinées avec leur chauffeur, le 25 novembre 1960. Ce jour-là, Minerva et María Teresa, revenaient d'une visite à leurs maris emprisonnés à Puerto Plata, accompagnées par leur sœur Patria, quand leur voiture tomba dans une embuscade. Leur crime : avoir voulu s'opposer au régime tyrannique de Trujillo qui concentrait, à l'époque, dans ses seuls mains, le pouvoir politique et économique du pays. Noris González Mirabal , fille de Patria, avait 16 ans au moment de leur disparition. Aujourd'hui à la tête de la fondation Hermanas Mirabal, elle est venue témoigner, au début du mois, lors d'une conférence organisée par l'association « Saint-Domingue Accueil » (ci-contre).

Elle a présenté sa mère et ses tantes comme de « jeunes professionnelles, mères, épouses et activistes politiques » mais aussi des symboles en Amérique latine de la lutte en faveur de la démocratie. Elle a raconté notamment le rôle majeur joué par Minerva au sein du mouvement de résistance, créé avec son mari Manolo Tavárez Justo. Une organisation secrète dont il pris la tête car à l'époque « il était inconcevable qu'une femme dirige des hommes ». Ce fut ensuite au tour de María Teresa, la benjamine, et Patria, l'ainée de rejoindre le mouvement, respectivement sous le nom de code « mariposa » (papillon) deux et trois, Minerva étant la numéro un. Noris a également ponctué son récit de souvenirs plus personnels, vantant par exemple la mémoire hors du commun de María Teresa ou de détails plus tragiques sur la mort des « muchachas » qu'elle raconte encore avec une immense émotion : « Quand je suis arrivée à la maison, elle était remplie de monde et les enfants pleuraient. Je me souviens avoir vu les trois corps dont celui de ma mère qui avait une larme de sang coulant le long de sa joue. »

Le 25 novembre, aussi journée internationale contre la violence à l'égard des femmes

Cinquante-cinq ans après, la phrase prononcée par Minerva prend tout son sens : « S'ils me tuent, je sortirai le bras de la tombe et je serai encore plus forte. ». Le martyre des trois sœurs fut, en effet, le détonateur qui motiva un groupe d'hommes à assassiner Rafael Leonidas Trujillo le 30 mai 1961, seulement 6 mois plus tard. « Elles ont payé de leur mort le prix de la conquête de notre liberté.» constatait finalement Noris. Leur légende a depuis largement dépassé les frontières de la République dominicaine, inspirant l'ONU qui en 1981 déclara le 25 novembre « Journée internationale pour l'élimination de la violence à l'égard des femmes  », en leur mémoire.
La quatrième sœur, Bélgica Adela, plus connue sous le nom de Dédé a été la seule survivante de la fratrie. Morte en 2014, elle a passé sa vie à honorer la mémoire de ses sœurs et à s'occuper de leurs enfants dont Minou, la fille aînée de Minerva et de Manolo. Cette dernière a choisi d'entrer en politique comme ses parents. Elue députée depuis 2002, elle est aujourd'hui la première femme à briguer la présidence de la République dominicaine.

Gaëlle Le Gall Nicolas (www.lepetitjournal.com/republique-dominicaine), mercredi 25 novembre 2015.

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