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POLITIQUE- L’armée dément les fausses rumeurs d’entrée massive d’haïtiens

Par Lepetitjournal République Dominicaine | Publié le 11/07/2017 à 16:25 | Mis à jour le 12/07/2017 à 15:02

 

« Que cela soit claire, à aucun moment n'avons-nous abandonné notre rôle comme Forces Armées ».

Après les fausses rumeurs colportés tant par la presse que les réseaux sociaux, les autorités dominicaines montent au créneau pour dénoncer les multiples tentatives de déstabilisation faisant croire à une invasion pacifique d'haïtiens.

Le ministre de la défense, le Lieutenant Général Ruben Dario Paulino Sem, lors d'un point de presse, a déclaré «  qu'à aucun moment n'avons-nous abandonné notre rôle comme Forces Armées ». 

Les déclarations du ministre de la défense ont été émises après que la presse eut sommé le président Medina à se prononcer sur ce thème combien délicat. L'opposition a-t-elle profité de la faiblesse du pouvoir à cause du scandale de corruption Odebrecht pour l'acculer encore plus ?

Lire nos articles :

http://www.lepetitjournal.com/haiti/2015-12-21-06-52-02/actu/274277-odebrecht-corruption-en-republique-dominicaine-plus-de-us-830-millions-sans-justification

http://www.lepetitjournal.com/republique-dominicaine/2015-03-09-16-11-35/actualite/270209-opinion-un-depute-previent-que-la-republique-dominicaine-peut-se-convertir-en-une-honte-continentale

http://www.lepetitjournal.com/republique-dominicaine/economie/260152-usine-electrique-au-charbon-la-valse-des-millions-entre-le-gouvernement-dominicain-et-des-banquiers-europeens

 

Durant toute la semaine des vidéos, montrant des centaines d'haïtiens traversant à pied la frontière, ont été posté dans les réseaux sociaux et repris par la presse. C'est avec stupéfaction que le public a appris que ces vidéos ne sont pas actuelles, il s'agit plutôt d'images prises il y a 7 ans, après le terrible tremblement de terre de 2010.  Le ministre Paulino Sem a bien fait comprendre que ces courts métrages « ne correspondent pas à la réalité que vit notre pays sur toute la ligne frontalière ».

Le lendemain de ces déclarations officielles, la presse locale s'est empressée de désamorcer la bombe et de calmer les esprits. Le quotidien Diario Libre, sous la plume de Adriano Miguel Tejada, observe que beaucoup de gens sont  intéressés à garder la question haïtienne dans l'actualité pour effrayer les Dominicains. Qui pense que nous sommes plus faibles que nos voisins, que notre culture est inférieure et que notre patriotisme n'a pas la force vitale pour défendre nos attributs souverains? se demande l'auteur de l'article.  Monsieur Tejada accuse les hommes politiques d'exploiter dans leurs campagnes électorales,  les craintes naturelles qu'engendrent la pauvreté et, en particulier, la peur de perdre son emploi au profit d'un travailleur étranger. Il faut tenir compte aussi que les travaux effectués par les Haïtiens n'intéressent pas les Dominicains qui préfèrent leurs « motoconchos » et le commerce informel.

Ce qui est impardonnable, continue t-il, est que nous sommes tombés dans le piège de ne pas faire appliquer la loi aux immigrés, de ne pas les forcer à observer les règles de base du comportement civique, bref, à intégrer les valeurs de la civilisation et le respect de ce qui est nôtre.

Soyons clairs, continue t-il, ce n'est pas la faute des Haïtiens que nos soldats à la frontière soient corrompus; que les employeurs nationaux préfèrent le travail haïtien pour une raison quelconque et que nos responsables de l'application des lois n'osent pas les appliquer contre les petits mendiants et les gens ayant une conduite révoltante dans nos rues.

Compte tenu de ces attitudes, il n'est pas impensable que des actes de délinquance venant de la communauté haitienne, commencent à se manifester parmi nous.

 

Matias Bosh

 

Le journal El Dia, de son côté, publie un article « Invasion haïtienne » sous la plume de Matias Bosh, petit fils de l'ancien président et Directeur exécutif de la Fondation Juan Bosch.  D'entrée de jeu, il nous dit que la classe politique dominicaine, avec tout son tintamarre de publicité, se rappelle encore une fois de ce qu'elle appelle « l'invasion haïtienne » et parle donc de « plan de fusion des deux républiques» et de « conspiration internationale ». Monsieur Bosch accuse cette classe politique d'agiter les passions et d'exacerber la violence, plutôt que de prendre ses responsabilités en ciblant les causes profondes des problèmes du pays.

Des immigrants haïtiens enregistrés en 2012, 75% étaient sont arrivés entre 1990 et 2009, sous les gouvernements de Balaguer, de  Leonel Fernández et de Hipólito Mejía des partis politiques PRSC, PLD et PRD, PRM aujourd'hui. La prochaine grande vague d'immigration est venue à la suite du tremblement de terre.

Les Haïtiens ont-ils venus par surprise, avec violence et avec un plan secret ? se demande t-il. Ils ont plutôt laissé leur pays après maintes crises politiques et économiques qui ont laissé le pays avec un PIB par habitant de $500.00, tandis qu'en République dominicaine le PIB est passé de $1,327.00 à $4,952.00. Après le tremblement de terre de 2010,  la situation d'Haïti a empiré et celle de la République dominicaine a progressé de plus de 6,8%. L'économie Haïtienne a régressé de  -6,8%.

La migration haïtienne a augmenté dans toutes les destinations. Dans un pays comme le Chili, elle a augmenté de 8 fois.

Matias Bosch continue et nous apprend que en même temps qu'avait commencé le processus de destruction de l'économie haïtienne sous le poids des choix politiques des Etats-Unis d'Amérique et de la France,  les usines sucrières de la République Dominicaine ont été liquidés. Plus de migrants sont arrivés, et ceux qui vivaient déjà dans les « bateys » et à la campagne sont rentrés dans les villes pour y survivre.

Monsieur Bosch accuse les hommes politiques qui vocifèrent aujourd'hui pour le pays, d'oublier que les provinces frontalières sont dans une misère insupportable. Elle atteint tous les dominicains. Tel que publié en 2014, le taux de pauvreté est effrayant à la frontière, elle s'elève a Elías Piña à 83,2%; à  Pedernales, elle est à 74.6 %; Bahoruco à 74.5 %; Independencia à 72.9 %; Barahona à 65,2 %; Montecristi à  61.3 % et Dajabón à 53.9 %.

Bosch se demande pourquoi les leaders politiques sont choqués de voir plus de travailleurs haïtiens dans l'agriculture et la construction que de dominicains ? Mais qui, se demande t-il encore, a fixé le salaire dans ces secteurs, les haïtiens, la communauté internationale ?  En République, un ouvrier agricole gagne 7,200.00 pesos par mois et  un travailleur  de la construction pas plus de 12,000.00. Quel dominicain accepterait de vivre dans ces conditions ? La classe politique n'a pas fait de revendication pour cet abus de salaire.

Quoi qu'il en soit, il semble que le plus rentable pour nos politiciens a été de travailler très peu pour changer la situation institutionnelle, sociale et du travail dans le pays et ainsi éviter une crise migratoire.

Bosch assène le coût de grâce à la classe politique en déclarant que parler d' «invasion » et de « plan de fusion » dans la presse locale, dans les conférences de presse et dans les réseaux sociaux, amène plus de voix lors des élections.

Sources variées

Mardi 11 juillet 2017

www.lepetitjournal.com/republique-dominicaine

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