Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 9 février 2018
Par Adélaide Russel, psychologue du réseau Tele-psy, en partenariat avec expatjunior.com
Vivre toute son enfance en expatriation est une situation exceptionnelle.
Entre l’amour du voyage ou le rejet total des déménagements, il est évident que l’expatriation forme la jeunesse vers une vie d’adulte qui oscille entre nomadisme et sédentarité.
L’enfant expatrié, un enfant pas tout à fait comme les autres
L’enfant expatrié se construit au jour le jour, dans son quotidien souvent composé d’un contexte de vie différent de celui de sa famille restée dans son pays d’origine. Sa réalité est parfois faite de déménagements qui entraînent séparation et rupture mais aussi réinstallation, découvertes et ajustements… Son quotidien se teinte d’une variété de références et d’une pratique multiple au niveau linguistique. Les relations au sein de la famille nucléaire sont très investies (c’est un lieu ressource avec les liens qui se resserrent), ce qui crée souvent une identité familiale forte et affirmée. L’enfant expatrié intègre malgré lui une vision de la vie riche et différente de celle appréhendée par un enfant sédentaire. La gestion de la séparation et l’acceptation des changements reste une thématique plus ou moins vulnérable en fonction de son vécu personnel et familial. Ce qui est intéressant c’est qu’il va développer, à son insu, une grande ouverture d’esprit mêlée de curiosité et de tolérance ainsi qu’une solide adaptabilité.
Quand jeunesse d’expatrié rime avec adhésion, rejet ou composition
Mais ensuite comment l’enfant devenu grand va-t-il se positionner par rapport à ce vécu ou cette identité d’expatrié ? Comme lors de tout règlement de compte avec le passé, le jeune peut faire le choix de l’adhésion totale, du rejet ou bien composer… Certains peuvent se sentir à l’étroit dans un contexte mono-culturel : la vie manque de saveur, ils étouffent et se sentent irrésistiblement attirés par la découverte et le changement. D’autres au contraire se ressourcent dans un contexte culturel unique et se reposent de leurs années nomades dans ce cadre stable. D’autres enfin vont se sentir déchirés entre le choix de vie nomade ou sédentaire et alternent les séjours à l’étranger et le retour à une base stable et sûre. Par ce biais, ils jonglent entre leurs divers besoins avec une certaine créativité. Quelque soit le choix de vie idoine trouvé, il est fortement influencé par l’expérience de l’expatriation de l’enfance. Il est assez étonnant de voir combien, dans une fratrie d’enfants expatriés, chacun va se construire la vie qui lui convient en faisant un choix différent des autres.
Vers une vie d’adulte assumée
Le choix de style de vie doit être effectué avec une certaine conscience, quelque soit l’issue, afin de ne pas se sentir tributaire ou prisonnier de son passé mais se le réapproprier. Cette démarche de réflexion permet d’éviter la répétition automatique ou encore la fuite en avant. Le choix de style de vie doit être fait par le jeune adulte de manière indépendante et en toute liberté. C’est un acte de maturité dont il doit faire preuve pour prendre sa vie en main et l’assumer avec fierté.
Le contenu de ces fiches est donné à titre informatif et ne comporte aucun engagement en matière de soins.