Les Etats-Unis ont déclenché des frappes contre l'Iran pour la deuxième fois en quelques jours, et le président américain Donald Trump a presque immédiatement mis en garde Téhéran contre toute velléité de riposte.


"Aujourd'hui à 12h00 (16h00 GMT), les forces américaines ont commencé à frapper des cibles des Gardiens de la Révolution en Iran", a indiqué le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient dans un communiqué, disant répondre "à de récentes attaques des Gardiens de la Révolution contre la navigation commerciale dans le détroit d'Ormuz et contre des militaires américains déployés dans la région."
Donald Trump, s'exprimant sur son réseau Truth Social, a assuré que l'opération en cours était "de grande ampleur et puissante."
Si Téhéran "riposte à cette attaque parfaitement justifiée, elle sera de nouveau frappée, bien plus durement et plus fort, mais ce ne sera pas la plus grande attaque de toutes, celle-là attend en coulisses", a-t-il menacé.
Le républicain de 80 ans, qui laisse planer depuis des mois la menace d'une opération militaire véritablement apocalyptique, a assuré que si c'était le cas, "il resterait très peu de choses de la République islamique d'Iran."
L'Iran fera "regretter" aux Etats-Unis ses nouvelles attaques, ont immédiatement répliqué les Gardiens de la Révolution.
- Pétroliers touchés -
La télévision d'Etat iranienne a fait état de plusieurs explosions entendues dans le sud du pays, près de Bandar Abbas et de l'île de Qeshm, à proximité du détroit d'Ormuz, passage stratégique pour le commerce de pétrole, où le trafic a considérablement baissé après le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient le 28 février. La chaîne a précisé qu'"aucun dégât" n'avait été signalé jusqu'à présent dans la province.
Les médias d'Etat ont aussi évoqué quatre projectiles ayant frappé des villes situées à l'est du détroit.
Ces frappes américaines de mardi arrivent peu après que deux pétroliers ont été touchés par "des projectiles d'origine inconnue" alors qu'ils sortaient du détroit, selon l'agence maritime grecque Marisks.
Les cours du pétrole ont accéléré leur progression à l'annonce de ces attaques américaines. Ces frappes ont aussi accentué la nervosité sur le marché de la dette américaine, où les taux ne cessent de grimper, et ont pesé sur Wall Street.
Les Etats-Unis avaient mené dimanche des frappes, les premières en un mois, contre des cibles militaires situées sur une île iranienne.
L'Iran avait riposté en attaquant au moyen de missiles et de drones des cibles américaines en Jordanie et aux Emirats arabes unis.
- Avertissement sur le nucléaire -
L'Iran a dit vouloir imposer des droits de passage dans le détroit, où la navigation était libre avant le début du conflit. Téhéran a pris pour cible de nombreux navires qu'il accuse de chercher à contourner l'itinéraire qu'il privilégie.
Le gouvernement américain a de son côté promis une campagne d'"asphyxie" économique de l'Iran, passant par des sanctions dont les contours et les cibles restent à préciser.
Les autorités iraniennes ont elles appelé mardi à réduire la consommation d'essence dans le pays, alors que Téhéran est confronté à des difficultés d'importation du fait d'un blocus naval imposé par les Etats-Unis.
Le processus diplomatique est pour sa part au point mort, après l'échec d'un protocole d'accord signé en juin par Washington et Téhéran.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a appelé mardi les Etats-Unis à reprendre les discussions, et à respecter ce protocole dit d'Islamabad, assurant que dans ce cas, l'Iran renouerait de son côté "immédiatement" avec ses engagements.
Par ailleurs, l'agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a émis un avertissement sur le programme nucléaire iranien.
L'absence d'accès aux sites nucléaires iraniens pour y vérifier le matériel nucléaire "doit être réglée avec la plus grande urgence", souligne cet organisme dans un rapport confidentiel consulté mardi par l'AFP.





















