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HELPERS - Les employées de maison,"expatriées de seconde classe" à Singapour

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 28/08/2017 à 15:44 | Mis à jour le 28/08/2017 à 13:26


Séverine Grandgeorge, médecin généraliste française, a été durant deux années volontaire au sein de l'association humanitaire HOME (Humanitarian Organization for Migration Economics) qui vient en aide aux travailleurs migrants à Singapour, notamment aux « Helpers », les employées de maison. Son roman « Helpers » est une fiction émouvante, inspirée de faits réels, de témoignages, de son expérience auprès de ces femmes du refuge de l'association HOME, et de ce qu'elle a pu observer durant son expatriation. Elle a quitté Singapour pour s'installer à Dublin cet été 2017.

« Yna, Jenny, Yati, Bethari, Luz et Evelyn : six jeunes femmes de nationalité différente, employées de maison à Singapour, loin de leur pays, expatriées de seconde classe. Elles doivent à tout prix s'adapter à leur nouvelle vie et aux exigences de leurs patrons, tenir le coup est leur priorité. Nombre de familles ne peuvent concevoir leur vie quotidienne sans l'aide de ces femmes, mais oublient de les considérer comme telles, les reléguant au rang d'utilitaires... »

lepetitjournal.com/singapour - Comment est venue l'envie d'écrire ce livre ?

Séverine Grandgeorge ? J'ai découvert l'existence des Helpers en arrivant à Singapour et j'ai été à la fois interloquée et curieuse. J'ai eu envie d'en savoir plus sur leur vie à Singapour et les conditions de travail, et j'ai commencé à interroger d'abord ma helper, puis d'autres, celles de mes amies ou des voisines, etc.

J'ai par ailleurs appris, à mes dépens, que mon diplôme de médecin généraliste français n'étant pas reconnu à Singapour, je ne pourrais pas exercer ici. Alors quand j'ai eu connaissance de l'association humanitaire HOME, j'ai décidé de m'engager en tant que bénévole. Je suis médecin avant tout parce que j'aime les gens, et j'avais aussi besoin de me sentir utile. J'ai alors recueilli de nombreux témoignages difficiles, poignants, et le livre est né petit à petit.

Hellers de Séverine GrandgeorgeQuel fut votre rôle au sein de l'organisation humanitaire Home?

- J'ai été médecin non prescripteur de l'association pendant deux ans. Je n'avais pas le droit de prescrire, mais j'ai pu poser des diagnostics et apporter mon aide pour les premiers soins et je recherchais ensuite des médecins pour les soigner, à moindre frais. Je me suis rendue au refuge de HOME une à deux fois par semaine pendant deux ans, et je faisais également des visites à l'hôpital.

J'ai alors vu l'autre facette, le côté sombre, de ce système de travailleurs migrants et la détresse de ces femmes, qui sont malheureusement parfois (souvent ?) victimes de maltraitance physique et psychologique. Certaines situations sont extrêmes et les suicides ou tentatives de suicide sont malheureusement fréquents. C'est très difficile. Je suis heureuse d'avoir pu aider, mais en même temps frustrée de ne pas pouvoir faire plus. On a parfois envie de tout casser tellement les conditions sont aberrantes et inhumaines.

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