

Les droits à la retraite sont une préoccupation importante des expatriés, surtout s'ils travaillent à l'étranger sous contrat local. Comment les optimiser ? Alexis de Saint Albin, Directeur commercial des activités internationales du groupe Humanis, fait le point.

Alexis de Saint Albin : Le système français est constitué du régime de base (retraite de la Sécurité sociale) et des régimes complémentaires Arrco-Agirc. La part de ces deux régimes dans le versement d'une pension dépend fortement de la carrière de chaque individu et notamment des cotisations qui ont été versées, celles-ci étant liées à ses rémunérations. Ainsi, un employé recevra entre la moitié et les 2/3 de sa future pension de la part du régime de base, alors qu'un cadre reçoit en moyenne les 2/3 de sa pension de retraite des régimes complémentaires Agirc-Arrco.
Par ailleurs, le calcul de la pension diffère : pour le régime de base, le montant de la pension est notamment fonction de la durée d'assurance et du salaire cotisé. Pour les régimes complémentaire, le montant dépend des points de retraite Agirc-Arrco acquis pendant sa carrière, donc de la rémunération.
Ainsi, le choix de cotiser à la CFE dépend-il de plusieurs paramètres : existence ou non d'une convention de Sécurité sociale avec le pays d'expatriation, niveau de pension dans celui-ci, rémunération de l'expatrié, etc…
Peut-on compléter et augmenter sa retraite de la même manière à l'étranger et en France ?
Oui, en cotisant volontairement au régime de base via la CFE, ou au régime complémentaires Arrco-Agirc via la CRE-IRCAFEX du groupe Humanis par exemple.
Comment préparer sa retraite au mieux dans le cas d'un contrat local ?
L'adhésion volontaire aux régimes français, que ce soit le régime de base ou les régimes complémentaires, est possible pour tout salarié travaillant hors de France. Il faut donc bien vérifier ce que prévoit le régime obligatoire local en terme de pension afin de déterminer si une cotisation volontaire est primordiale ou non.
Dans le cadre d'un contrat local dans un pays ne bénéficiant pas d'accords sur la retraite avec la France, comment faire ?
Ce que l'on peut dire, c'est que dans tous les pays n'ayant pas de convention de Sécurité sociale, l'adhésion à la CFE permet le maintien du salarié dans le régime de base français, donc permet d'avoir une pension de base maintenue. Celle-ci est primordiale. Si la rémunération du salarié est significative, il est important de vérifier si un régime local complète ce régime, et dans le cas contraire une cotisation aux régimes Agirc-Arrco (par l'intermédiaire de la CRE-IRCAFEX).
Une personne ayant travaillé 10 ans en France avant de s'installer définitivement à l'étranger doit-elle continuer à cotiser en France?
Si elle ne cotise plus ses trimestres ne seront plus comptabilisés et elle aura une retraite de base et complémentaire amoindrie. Et elle devra travailler plus longtemps pour avoir le taux plein sur les 10 ans travaillés en France.
Dans ce cas, peut-elle racheter ses annuités françaises pour atteindre les annuités suffisantes localement ?
Le rachat des trimestres est soumis à certaines conditions, et il est préférable d'adhérer à la CFE dès l'expatriation plutôt que d'attendre et d'envisager un rachat.
Quelle que soit la situation, il est important de savoir qu'une cotisation à la CFE ne sera jamais inutile car elle permettra une réelle continuité de carrière, et donc le versement d'une pension en plus des éventuelles pensions versées par le régime du pays d'expatriation.
MPP (www.lepetitjournal.com) jeudi 21 novembre 2013
| Humanis est la référence de la protection sociale française pour les Français installés à l'international. Nous apportons une réponse globale en santé, prévoyance et retraite à toutes les situations de mobilité internationale, en parfaite continuité avec le système français. Pour toute question sur votre protection sociale à l'international : www.humanis.com |
Lire aussi : "Une grande précarité en matière de protection sociale"
Fabienne Petit, Directeur des activités internationales au sein du groupe Humanis, revient sur les résultats de la grande enquête menée en 2012 auprès de nos lecteurs sur leurs attentes et usages en matière de protection sociale.

