

Beaucoup ne savent pas toujours à quoi renvoie le célèbre nom d'Abou Simbel, mais tous ont déjà vu ces quatre colosses assis surplombant le lac Nasser. Un des monuments les plus fascinants d'Égypte, et dont le destin aurait pu être tragique
À environ 280 km au sud d'Assouan et à 40 km de la frontière soudanaise, le village d'Abou Simbel coule des jours paisibles. La plupart des visiteurs ne s'y attardent pas, leur objectif étant de visiter les deux temples qui en ont fait la renommée. Pourtant, la proximité du lac Nasser, l'absence de tourisme de masse et la tranquillité du lieu constituent de bonnes raisons pour y passer une nuit. Cette halte permet également de visiter les temples au lever du soleil, avant l'arrivée des cars de touristes. Le spectacle des premiers rayons de soleil caressant les parois millénaires est magique et vous transportera à une autre époque. Photos LPJ - Abou Simbel dans toute sa splendeur
Le lac Nasser et le déplacement du site
Les somptueux temples d'Abou Simbel auraient pu disparaître, engloutis sous les eaux du lac Nasser. En 1954, lorsque l'État décide de construire le barrage d'Assouan, il est alors évident que la topographie régionale est sur le point de changer irrémédiablement. Une grande partie de la Nubie fut submergée et les temples condamnés. En 1965, sous l'impulsion de l'UNESCO, des travaux pharaoniques furent alors lancés pour sauver ces vestiges d'un destin tragique : ils furent découpés et déplacés pendant cinq ans sur un emplacement
Aujourd'hui les temples de Ramsès II et d'Hathor, superbes dans leur isolement, surplombent le lac Nasser et donnent un aperçu de leur splendeur passée. On est envahi par une impression de déjà-vu mais on se sent aussitôt intimidé face à ces géants aux pieds nus.
Ramsès II et Hathor
Dès que l'on dépasse la colline artificielle, la beauté du site nous frappe au visage. Le premier temple, le plus connu, est dédié à Ramsès II. Le colosse situé à gauche de l'entrée s'est effondré et la tête fracassée gisant à terre a quelque chose d'émouvant. Est-ce la fragilité de ces monuments qui nous attriste ? Ou est-ce juste la beauté de cette image qui fascine ? Ensuite, le c?ur battant, on pénètre à l'intérieur. Le moment qui précède est lourd d'appréhensions : que vais-je trouver à l'intérieur ? Vais-je être déçue ? On devient muet face à la majesté des représentations qui couvrent le moindre centimètre carré de mur et des multiples salles qui peuplent les entrailles de la bâtisse. On observe, la bouche béante, ce que les anciens Égyptiens ont fait avant nous. Et on s'incline.
Le temple d'Hathor, plus modeste en dimensions, est tout aussi fascinant. Il est consacré à la déesse Hathor et à sa représentante suprême, la Grande épouse Royale de Ramsès II, Néfertari (''la plus belle de toutes''). C'est la première fois qu'un édifice religieux est consacré à une épouse de pharaon et quand on est femme, on ne peut qu'applaudir l'initiative.
Hind BOUGHEDAOUI (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) lundi 19 juillet 2010








