SPORT - Le football reprend en Egypte dans la plus grande confusion...

Par Lepetitjournal Le Caire | Publié le 13/04/2011 à 00:00 | Mis à jour le 14/11/2012 à 12:37

Sevré de football depuis la révolution du 25 janvier, les équipes égyptiennes vont reprendre le chemin des terrains. La fédération égyptienne a programmé la reprise du championnat pour demain, et ce malgré l'invasion du stade du Caire il y a deux semaines lors du dernier match du Zamalek en ligue des champions. Un triste événement qui alimente toujours les discussions des ménages égyptiens


Après le triste spectacle offert au Stade du Caire il y a deux semaines, la majorité des égyptiens ont fait une croix sur le retour du football au pays. Pas la fédération égyptienne de football pilotée par son président Samir Zaher. Les droits télés sont trop juteux. Et la fédération ne peut pas se passer de cette manne qui profite aussi bien aux clubs.
Zaher a programmé la reprise du championnat pour demain, faisant fi des problématiques sécuritaires. Et tant pis pour les mécontents. "Annuler le championnat serait dramatique pour les économies des clubs et de la fédération, ce qui conduiraient beaucoup d'entre nous vers la faillite" menace ce dernier sur le site internet égyptien Fil Goal. Un grand Oui pour la pérennité financière, mais pas grand chose en ce qui concerne la sécurité au stade.
Samir Zaher président de la fédération, et le conseil suprême militaire ont pourtant toujours fait de la sécurité la condition sine qua none pour redémarrer le championnat.
Après la catastrophe sécuritaire qui a foudroyé le Stade du Caire  il y a deux semaines leur prudence aurait dû monter d'un cran. En matière de sécurité tous les signaux sont au rouge, les supporters, joueurs, et observateurs sont unanimement inquiets.

Le stade en proie à des violences
Ce soir là Zamalek du Caire doit gagner par deux buts d'écarts pour se défaire de la formation du Club Africain de Tunis, et accéder aux huitièmes de finale de la ligue des champions africaine. Dans les arrêts de jeu, "les chevaliers blancs égyptiens" croient inscrire le but de la qualification. Mais les espoirs sont très vite éteints par l'arbitre de touche qui signale, avec raison, plusieurs positions de hors jeu. Le stade est ébullition.
Des centaines de supporters en furie décident alors de pénétrer sur la pelouse. Les services de sécurité et la police sont impuissants. Le match est interrompu. Les sociétaires du Club Africain de Tunisie sont lynchés par des voyous armés pour certains de bâtons de plus d'un mètre de long. Les Tunisiens complètement livrés à eux-même essaient d'échapper à la vindicte populaire quand ils en ont la chance. Un d'entre eux, complètement désarçonné, rentre au vestiaire en sous-vêtements. Les malchanceux finiront à l'hôpital. Pour ce qui en est du corps arbitral, c'est l'ambulance qui viendra les chercher au stade.
Seul l'armée, arrivée dare-dare au stade avec une panoplie de tanks, mettra fin à ce désordre.
Après le match, le dégoût animait les deux camps. Les journalistes du petit journal ont exclusivement pu rentrer dans les deux vestiaires. Côté Zamalek, Chikabela qui est considéré comme la coqueluche des "chevaliers blancs" affirmait, amer, "qu'il voulait arrêter le football", pendant que ses coéquipiers étaient pétrifiés. Son compère Abou Kone ajoute que "des voleurs nous ont même subtilisé de l'argent et des téléphones dans notre vestiaire." Côté tunisien, on était plutôt occupé à penser les plaies. "Il y a 6 blessés, dont un à l'hôpital" a déclaré Ezechiel, le buteur Tchadien du Club Africain.

La sécurité: l'obsession des Egyptiens
"C'est la première fois de ma vie que j'assiste à un tel scénario, c'est honteux" s'exclame avec colère Mustafa, supporter inconditionnel du Zamalek ayant la quarantaine. Et ce qui inquiète les joueurs et même la majorité des équipes, c'est la probabilité élevée que ce scénario se répète. La sécurité fait toujours défaut en Egypte. La fédération a seulement pris ses précaution pour le choc cairote qui oppose Ahly et Zamalek. Le "plus grand derby d'Afrique" se jouera à huis clos pour éviter d'éventuels débordements. Mais qu'en est-il pour les rencontres décisives en bas de tableau qui concerneront le maintien?
Dernier du classement, Ittehad qui est considéré comme l'équipe fanion d'Alexandrie est très concerné. Les Alexandrins ont pris les devants dans la contestation, en formulant une pétition pour ne pas reprendre le championnat. Ittehad a pour l'instant recueilli six signatures.
Mais la fédération et Samir Zaher restent droits dans leurs bottes. Après 4 mois de fermeture la première ligue rouvre ses portes ce mercredi.

Frédéric NKEUNA (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mercredi 13 avril 2011

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