

Prenant place dans les locaux de l'Alliance Française de Port-Saïd, l'exposition "Port-Saïd, un héritage à protéger" avait marqué l'ouverture des Journées du Patrimoine. Une sensation choc est recherchée par l'artiste Waleed Montasser. Objectif : choquer les gens pour mieux leur faire prendre conscience de la richesse de leur patrimoine et de l'état de destruction progressive
Evénement exceptionnel, celui qu'a vécu le public port-saïdien, lors de l'ouverture des "Journées du Patrimoine", organisées pour la première fois par l'AF. Dès l'entrée, les photos de Waleed Montasser, photographe lauréat de nombreux prix internationaux, ont complètement investi l'espace, pour le plus grand plaisir des yeux. Photos LPJ - Le photographe Waleed Montasser
Du haut de ses 180cm, Waleed contemple les façades des anciens bâtiments, ses arcades. Il promène son regard à travers sa caméra et le pose sur sa chère ville natale, éternelle source de son inspiration. Son histoire, son patrimoine et son architecture font partie intégrante de lui. "Chaque endroit a une âme, se charge d'histoires, celles des êtres et leur passé. Du coup, l'idée de le détruire devient pénible", ainsi s'exprime l'artiste, la fierté de la ville.
Aux antipodes
La fameuse exposition rassemble une collection de 120 photos en couleurs, en blancs et noirs également de la dimension A4 (20cmx30cm). Un projet entrepris dès 2004. Outre l'aspect intemporel et nostalgique, le photographe vise à mettre en parallèle deux visions architecturales qui cohabitent ensemble à savoir, l'ancienneté et la modernité. La première est représentée par le modèle européen importé où l'on peut voir esthétique et subtilité de la construction. L'autre se focalise sur les images désolantes de la ville d'aujourd'hui. L'effet voulu est bien entendu celui de choquer.
"L'intérêt de cette expo est de capturer le regard des gens et les sensibiliser à la richesse de leur territoire. Il faudrait par la suite qu'ils réalisent l'état de destruction progressive et essayent de l'enrayer", commente Pénélope Lamoureux, chargée de la coordination culturelle à l'AF.
"Ce n'est que le début, le combat continue. J'aimerais bien que dans 20-50 ans il y ait des futurs petits Waleed ", dit Pierre Marques Alfarroba, le directeur de l'AF, en clôturant la cérémonie. Aussitôt, une voix se lève ? celle d'une jeune port-saïdienne ? et demande d'organiser un sit-in en signe de protestation contre la destruction en cours.
De beaux efforts qui méritent d'être salués.
Nihad ATTAR (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mardi 19 octobre 2010






