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LE CAIRE / MUSIQUE - Bach Project était à Manial

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 25 mai 2009

La musique transcende les frontières, multiplie les dialogues. Christian-Pierre La Marca, violoncelliste talentueux, lauréat de compétitions internationales et Madjid Khaladj, maître des percussions iraniennes ont présenté dimanche dernier le "Bach project", au palais du Manial. Une rencontre passionnante entre Occident et Orient

(Le Caire) Après le chahut mondain, un silence complet se fait brusquement dans la salle. Les deux musiciens pénètrent dans le magnifique salon du prince Mohamed Ali, accompagnés de leurs instruments. L'un en costume noir, l'autre en habit traditionnel. On avait déjà préparé la scène : une chaise au milieu et une petite estrade couverte d'un tapis, sur laquelle se trouvaient deux coussins bariolés. Deux micros. Pas de notes. Les autres chaises sont disposées en demi-cercle. Ils commencent à jouer, entourés d'un public attentif. Première partie : suites de danses mystérieuses pour Bach. Les yeux fermés, une même respiration, un seul et même souffle, les sons lents du violoncelle fusionnent avec les battements du tambour.Photo dossier de presse

Assis en tailleur, M.K. joue différents instruments en variant à chaque fois de style. Il ne manque pas, lorsque l'occasion se présente, d'introduire une petite explication concernant son art : "Cet instrument là s'appelle deuf, emblème de darwich. En dansant, les darwichs font bouger la tête. Ils ont donc ajouté des anneaux pour accompagner ce mouvement".
Un long entracte suivi par la deuxième partie : improvisation sur le même thème. Les gens regagnent leurs places, après avoir profité de la pause pour échapper à la chaleur étouffante qui régne dans l'endroit. Un incident technique survient, trouble un peu les musiciens. Heureusement, cela ne dure pas longtemps.
La musique coule à nouveau et la sueur également, le long des visages. M.K. commence à improviser avec le deuf, jouant maintenant à bras-le corps. Sa musique très rythmique devient explosive. Mais elle sera aussitôt percée par les mouvements longs, à la fois doux et aigus de La Marca, gai comme un enfant.

Fin  : dans leur extase, les deux musiciens semblent avoir atteint le summum. Ils ouvrent les yeux, le rêve était terminé. Applaudissements chaleureux. Le public court les saluer.

Paroles de musiciens

C.-P. La Marca : "La musique de Madjid m'a donné envie de faire quelque chose avec les percussions. Ces merveilleuses percussions iraniennes associées à la musique de Bach renforcent le balancement rythmique des danses, mêlent deux traditions musicales et transcendent la musique de Bach".

M. Khaladj : "On se connaît depuis trois ans. Le projet, qui est une proposition de Radio France, date de 2007-2008. Ensemble, on a donné une dizaine de concerts en France, à Venise, au Maroc,... Le répertoire reste le même, mais tout est improvisé de ma part, ça dépend de l'ambiance, de l'inspiration? La musique iranienne, de transmission orale, est très en rapport avec la nature et la poésie".

Nihad ATTAR (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) lundi 25 mai 2009
 

Publié le 25 mai 2009, mis à jour le 25 mai 2009
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