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CULTURE - Le musée national d’Alexandrie

Écrit par Lepetitjournal Le Caire
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 13 novembre 2012

D'Alexandrie on connait la grande bibliothèque, les vestiges du phare, septième merveille du monde, les amours de Cléopâtre?   On connait moins son superbe musée national, à dix minutes seulement de la corniche, qui présente depuis 2003 plus de 1.500 ?uvres de toutes époques, parmi les plus belles d'Egypte

Dans l'ancien abri antiatomique, les momies reposent en silence. On les  croirait encore dans leur tombeau. Peu de lumière, quelques visiteurs hésitants, impressionnés par la solennité du lieu.

Al-Saad Bassili Pasha, le riche négociant en bois alexandrin, propriétaire de ces murs au début du 20e siècle, aurait-il pu imaginer l'avenir de sa demeure ? Un bel hôtel particulier, de style italien, construit par un français, comme beaucoup d'autres en Alexandrie. Un petit palais qui a vu passer des notables, quelques ministres, sans doute de belles heures à l'époque où la ville était un lieu de villégiature très à la mode. La révolution nassérienne sonnera l'heure? américaine pour le numéro 110 de la rue El-Horreya (rue de la Liberté ? ).

L'Oncle Sam rachète, installe ici son consulat général, pendant près de 40 ans. Puis les autorités égyptiennes envisagent un projet de musée. Objectif : mettre en valeur un patrimoine sublime, depuis longtemps endormi. Désormais ici, les bijoux des femmes de la Cour du roi Farouk côtoient les statues grecques en terracotta sorties des dernières fouilles archéologiques sous-marines. Une muséographie très étudiée, des ?uvres bien mises en valeur, expliquées, contextualisées. Photos LPJ - Un musée qui vous fait voyager

Sous-sol, pharaonique ; rez-de-chaussée, gréco-romain ;  premier étage, copte, islamique, moderne. Du sur-mesure pour le novice. Le passé grandiose d'Alexandrie sous nos yeux, perdus dans le bleu de la Méditerranée sur les photos des ?uvres retrouvées sous l'eau par des archéologues d'un nouveau genre, qui accompagnent ces statues de la déesse Isis, du prêtre en basalte noir. Le buste d'Akhenaton, pharaon honni du clergé deux fois millénaire d'Amon auquel il préféra Aton, que l'on croirait tout droit sorti d'une BD de Bilal. La statue de la reine Hatchepsout, les déesses, les dieux, les hiéroglyphes, les scribes.

La grande époque gréco-romaine qui nous fait voyager tout autour de la Méditerranée : statuettes de divinités, marbre rouge de Caracalla, buste d'Hadrien, et même des caricatures de l'art pharaonique? Les amphores de toutes provenances, de toutes formes, pièces d'or et d'argent aux écritures latines puis arabes rappellent le port mythique. On  rêve d'épices, puis on tremble au premier étage devant les sabres courbes des ottomans.

Un dernier coup d'?il aux céramiques bleues, aux meubles incrustés de nacre, aux photos d'une Alexandrie 19ème qui a foi en l'avenir, avec ses façades belle époque. Puis on reprend le chemin de la corniche, et on se prend à contempler ces façades. Elles font encore voyager.

Elodie LABORIE (www.lepetitjournal.com - Le Caire - Alexandrie) mercredi 21 avril 2010

Publié le 18 avril 2010, mis à jour le 13 novembre 2012
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