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Chiens errants en Égypte : le gouvernement commence à miser sur le TNR

Face à la présence massive de chiens errants dans les rues et aux risques sanitaires qui en découlent, notamment celui de la rage, le gouvernement égyptien renforce sa stratégie. Vaccination, stérilisation et création de refuges figurent au cœur d'un dispositif supposé concilier sécurité de la population, santé publique et protection animale.

vétérinaires lors de la campagne de stérilisations des chiens errantsvétérinaires lors de la campagne de stérilisations des chiens errants
des vétérinaires participent au programme gouvernemental de stérilisation et vaccination des chiens des rues
Écrit par Anne-Sophie Pannet El Sayed
Publié le 28 juillet 2026

La présence de chiens errants constitue depuis des années un problème particulièrement visible en Égypte. Dans les grandes villes comme dans les zones plus rurales, les meutes de chiens font partie du paysage quotidien et suscitent régulièrement l'inquiétude des habitants, notamment en raison des risques de morsures et de transmission de la rage.

Face à cet enjeu de santé publique, les autorités égyptiennes ont décidé d'accélérer la mise en œuvre d'une stratégie nationale fondée sur plusieurs axes : la vaccination contre la rage, la stérilisation afin de contrôler les populations canines et la création de structures destinées à accueillir les animaux errants.

Une mobilisation gouvernementale renforcée

Le 20 janvier 2026, le Premier ministre Mostafa Madbouly a présidé une réunion consacrée à la gestion des chiens et animaux abandonnés. Il a demandé aux gouvernorats de mettre à disposition les terrains nécessaires à la création de refuges et a approuvé une augmentation des effectifs chargés des opérations de vaccination et de stérilisation.

Selon les autorités, des sites susceptibles d'accueillir ces structures ont été identifiés dans les 27 gouvernorats du pays. Des terrains ont notamment été attribués au Caire, à Gizeh, Qalyubia et Alexandrie, où la construction de refuges répondant aux normes prévues est en cours.

Un modèle de véhicule spécialement conçu pour le transport d'urgence des chiens a également été préparé afin de permettre leur prise en charge et leur déplacement dans des conditions présentées comme sûres et respectueuses du bien-être animal.

Vacciner et stériliser plutôt qu'éliminer

La nouvelle approche mise en avant par les autorités repose en grande partie sur la maîtrise progressive de la population canine par la stérilisation, associée à une vaccination à grande échelle contre la rage.

D'après les chiffres présentés par l'Autorité générale des services vétérinaires, 121 000 chiens ont été vaccinés en 2025 et 8 311 ont été stérilisés dans les établissements vétérinaires relevant du gouvernement.

En janvier 2026, le ministère de l'Agriculture et de la Bonification des terres a également lancé une campagne nationale de stérilisation et de vaccination des chiens errants. Le 23 février, le ministère annonçait que 12 665 chiens avaient été vaccinés depuis le début de l'année et 1 593 stérilisés, avec la participation d'organisations de la société civile et d'associations de protection animale.

Cette politique s'inscrit dans la stratégie nationale de lutte contre la rage, avec pour objectif affiché de parvenir à une « Égypte sans rage d'ici 2030 ».

Un problème qui relève aussi de la santé publique

Au-delà de la question de la prolifération des chiens dans l'espace public, la stratégie gouvernementale répond à un enjeu sanitaire majeur : prévenir la transmission de la rage.

Les autorités sanitaires rappellent qu'en cas de morsure ou de griffure par un animal potentiellement porteur du virus, la plaie doit être immédiatement et soigneusement lavée à l'eau et au savon pendant quinze minutes. La personne concernée doit ensuite se rendre rapidement dans un établissement disposant d'un centre de prévention contre la rage afin de recevoir le traitement approprié.

La multiplication des campagnes de vaccination canine constitue donc l'un des principaux outils de prévention en amont, avec l'objectif de réduire le risque de circulation du virus au sein de la population animale et, par conséquent, son exposition à l'être humain.

Une stratégie qui devra faire ses preuves sur le terrain

L'ampleur du phénomène représente toutefois un défi considérable. Pour produire des résultats durables, les campagnes de vaccination et de stérilisation devront être menées à grande échelle et de manière continue dans l'ensemble des gouvernorats.

Le gouvernement prévoit à cette fin de renforcer les ressources humaines de l'Autorité générale des services vétérinaires et de déployer davantage de personnel qualifié dans les gouvernorats, en coordination avec les autorités locales.

En privilégiant la vaccination, la stérilisation et la prise en charge des animaux dans des structures adaptées, l'Égypte cherche ainsi à mettre en place une réponse plus structurée à un problème qui touche à la fois à la sécurité des habitants, à la santé publique et au bien-être animal.

Reste désormais à mesurer l'efficacité de cette stratégie sur le terrain et sa capacité à être déployée à une échelle suffisante pour réduire durablement le nombre de chiens errants dans les rues du pays.

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