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UNIVERSITE D’ETAT D’HAITI - Les nouveaux « Cacos Jésus » et le projet de démantèlement des institutions haïtiennes

Par Lepetitjournal Haiti | Publié le 27/07/2016 à 23:58 | Mis à jour le 28/07/2016 à 15:37

Un regard sur les constantes de l'histoire d'Haïti 


Le projet des grandes puissances.

Le projet des grandes puissances d'affaiblir, de domestiquer voire de démanteler les institutions haïtiennes est plus que jamais en cours d'exécution. Les serviteurs locaux zélés, apatrides de leur état, font tout pour le mener à bien.

En dépit des multiples protestations populaires contre le « Plan Lanmò » (Plan mortel), la tendance n'est pas encore inversée, même si les élections frauduleuses de 2015 ont été partiellement annulées grâce à la combativité populaire.

Aujourd'hui que la production agricole, l'élevage et la pêche ont été mis à mal, que le secteur sucrier n'est plus que l'ombre de lui-même, que l'importation d'aliments et de la plupart des produits de première nécessité accaparent une portion importante de notre budget, que le chômage s'étale dans toute sa cruauté, d'autres institutions sont ébranlés dans leurs assises. Il s'agit de l'UEH (Université d'Etat d'Haïti), centre de production des cadres de ce pays, et des hôpitaux universitaires, notamment L'HUEH, toujours centres de formation de nos cadres.

Mais de quoi s'agit-il vraiment ?

A y regarder de près, ce n'est point l'effet du hasard si les occupants du rectorat de l'UEH et les médecins grévistes de l'HUEH aient initié leur mouvement au début de l'année 2016. Le 5 février pour les premiers et à la fin du mois de mars pour les seconds. Les phases de transition représentent partout des moments de dangers comme d'opportunités.

Dans ce cas précis, il s'agit d'affaiblir encore plus les structures publiques au profit du privé. Même si les protagonistes projetés au devant de la scène, comme les CACOS JESUS d'hier pensent le contraire ou bien ne s'en soucient guère.

Nous voulons rappeler brièvement que les Cacos Jésus étaient des paysans sans terre de la plaine de Maribaroux et de la Grande rivière du Nord, à la fin du 19ème siècle, et au début du 20ème siècle. Ils étaient terriblement appauvris par le système de production en cours. Trompés par certains grandons du Nord (grands propriétaires terriens), Seigneur de guerre en quête du fauteuil présidentiel, (maîtres du système qui les appauvrissaient) ils étaient embrigadés avec force promesse de pillage et de distribution de terre.

Les Cacos Jésus demeurant toujours aussi pauvres et toujours sans terre, étaient donc condamnés à servir continuellement de chair à canon aux projets présidentiels de leurs principaux ennemis de classe.

C'est une situation qui se répète périodiquement en Haïti. Elle ne concerne plus les masses paysannes pauvres d'autrefois. Mais aujourd'hui, différentes couches sociales pauvres ou harcelées par la précarité en milieu urbain et dont le désespoir est habilement man?uvré par des secteurs économiques et politiques aux fins de défendre des privilèges liés au maintien du STATU QUO.

Les nouveaux Cacos Jesus.

Aujourd'hui, les meneurs des NOUVEAUX CACOS JESUS, reçoivent des promesses de leurs sponsors, notamment celles d'être pourvus (une fois la tâche accomplie) en postes bien rémunérés et en bouses à l'étranger, au grand dam de la piétaille ! Dans ce sens, il serait intéressant d'enquêter sur les postes occupés par certains meneurs du mouvement d'occupation de la Faculté de Médecine en 2009. On pourrait en tirer d'utiles conclusions.

Les Cacos Jésus de l'UEH affaiblissent pour le compte de leurs ennemis historiques et autres opportunistes conjoncturels, la principale Université du pays. Les résidents en grève, donnent un coup de pouce à l'anémique secteur privé de santé et les ONG en mal de financement. Il n'est pas superflu de rappeler qu'un médecin haïtien d'un hôpital privé de la place n'a pas hésite à affirmer- il y a de cela quelques années- face à certains progrès accomplis dans le service d'urgence de l'hôpital général, que si cet effort devait se poursuivre, son hôpital devrait fermer ses portes. SANS COMMENTAIRES.

L'originalité du mouvement de déstabilisation d'aujourd'hui c'est qu'il possède plusieurs fers au feu. A savoir, d'une part, certains étudiants de l'UEH (Université d'Etat d'Haïti) (soutenus par une poignée de professeurs et quelques mercenaires bien connus) occupant de manière illégale et violente des locaux du rectorat et des études post-graduées, sous prétexte dans un premier temps, d'appui à des revendications du secteur administratif de l'UEH ; d'autres ingrédients seront ajoutés au fur et à mesure. Et de l'autre, la grève sauvage des résidents, apparemment soutenue par le secteur qui vient de perdre le pouvoir d'Etat.

C'est en fin de compte la même démarche.

Même si au plan de la projection publicitaire les discours sont un tantinet différents, chaque groupe étant appuyé par un ou des secteur (s) économiques et politiques. Dans l'un et l'autre cas, des mains cachées tirent les ficelles. Certains ténors se réclamant de secteurs populaires sont bien connus pour un long mercenariat datant de 1995. Le même fonds de commerce !

Mais aujourd'hui, après des mois d'occupation du Rectorat de l'UEH et l'attitude criminelle des résidents en grève allant jusqu'à empêcher l'administration de soins d'urgence aux patients, les autorités haïtiennes ont prouvé leur degré d'irresponsabilité.

Il est grand temps que les uns et les autres rendent compte de cette forfaiture à la population haïtienne.

Myrtha Gilbert

Enseignante, chercheure

 

www.alterpresse.org

 

28 juillet 2016

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