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WAITANGI DAY - L'histoire tumultueuse du Waitangi Day

Écrit par Lepetitjournal Francfort
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

 

C'est maintenant une tradition ancienne. Tous les 6 février, la Nouvelle-Zélande commémore la signature du traité de Waitangi. Le 6 février  1840, les représentants de la Couronne et 500 chefs de tribus Maoris ont signé le traité fondateur de la Nouvelle-Zélande, le "Waitangi Treaty".

L'héritage de Waitangi

Il faudra attendre le 6 février 1934 pour que soit commémoré pour la première fois le Traité de Waitangi.  Cette première commémoration peut trouver son origine dans l'action du Gouverneur-Général de l'époque  Lord Bledisloe, qui a choisi en 1932 de donner à la nation la maison dans laquelle a été signé le traité, et les terres qui l'entourent. Il espérait que cette donation reflèterait l'harmonie entre les indigènes de Nouvelle-Zélande et les colons mais aussi que le site rappellerait l'histoire du traité tout en devenant un mémorial national. La même année de la donation, en 1932, fut créé le Waitangi National Trust Board, composé à l'époque des membres de la famille Bledisloe, des descendants des signataires du Traité, de représentants de l'île du Nord et de l'île du Sud, mais également de certains politiques et personnes d'importance. De nos jours, le Waitangi National Trust Board, est toujours composé des descendants des signataires, maoris et colons, mais également de la famille de Bledisloe et de personnes d'importance.

Les souhaits de Lord Bledisloe ont été exhaussés puisque aujourd'hui Waitangi est un véritable musée, logé dans la Bay of Islands. Visite indispensable pour tous ceux qui souhaitent en apprendre davantage sur la culture Maori, l'histoire du Traité de Waitangi, et les nombreuses interrogations et débats entourant sa mise en application.

Depuis l'ouverture des "Waitangi Treaty Grounds", de nombreux visiteurs viennent s'imprégner de l'histoire et de la culture Maori qui s'en dégagent. En 1934, quelque 10.000 Maoris ont assisté à la première commémoration. Pour beaucoup, cet évènement a eu une importance significative puisqu'il leur a permis de se remémorer le processus qui a conduit à la signature du Traité: lorsqu'en 1834 les tribus choisissent un drapeau national à Waitangi et en 1835 lorsqu'ils ont écrit la Déclaration d'Indépendance. Le 28 octobre 1835, les chefs des tribus Maoris ont déclaré leur indépendance vis-à-vis de la Couronne Britannique.

Le Traité est un document controversé, sujet à de nombreuses interprétations du fait des problèmes de traduction. Voir notre article sur les versions anglaises et maories.

Célébrer la nation

Malgré les tensions et les contestations, les autorités ont toujours posé la journée de commémoration comme une solidification de la nation. L'établissement d'une journée commémorative pour le 6 février a ravivé les souvenirs de dissidence. Les leaders Maoris l'ont bien compris et ont profité de ces souvenirs en 1940 pour remettre en cause les relations raciales en vigueur dans le pays.

En 1940, les commémorations sont portées à un niveau supérieur. Les journaux parlent de Waitangi comme du "berceau de la nation", et "fondant le sentiment national". L'action d'Apirana Ngata, dans ce cadre-là, a été décisive dans la contestation de cette dynamique préconstruite. Avocat, parlementaire, il défend les droits des Maoris et met en lumière leur violation par le gouvernement. Il rappela en 1940, lorsque le gouvernement décida de célébrations fastueuses, que toute la nation n'avait pas quelque chose à célébrer. En conséquence, les chefs de tribus Maoris du Waikato ont décidé de ne pas assister aux commémorations à Waitangi, alors qu'ils ont pourtant aidé à la construction du canoë de guerre maori faisant 30 mètres de long, le Ngatokimatawhaorua,

La reconnaissance législative fût la première étape à l'établissement d'un jour férié. En 1957 le Labour promet de faire du 6 février une journée nationale, et donc un jour férié. En 1960, le Waitangi Day Act transforme ce souhait en réalité. Pour la première fois, des membres du corps diplomatique assistent aux commémorations, devenues officielles.

Les années 1970 ont été marquées par les protestations exponentielles des Maoris vis-à-vis du Traité. Un groupe a même porté l'affaire aux Nations Unies en 1971. D'autres, comme les Nga Tamatoa,"Young Warrrios", (Jeunes Guerriers) ont préféré critiquer ouvertement le pacifisme des Maoris en privilégiant l'affrontement direct. Norman Kirk, premier ministre en 1973, annonça que cette journée nationale sera désormais connue sous le nom de "New Zealand Day". Kirk voulait que la première commémoration célèbre la multiethnicité et l'identité multiculturelle de la Nouvelle-Zélande avec une visite de la famille royale.

Toutefois, le New Zealand Day n'était pas réellement célébré à part à Waitangi, et la mort de Norman Kirk fût une des raisons de cette mise sous silence; l'on préféra se référer au Waitangi Day. En 2000, la première ministre Helen Clark affirme que "mon sentiment profond est que les journées et évènements entourant le Waitangi Day devraient contribuer à la célébration de l'identité néo-zélandaise, tout en la forgeant." Depuis, le gouvernement a mis en place des fonds pour aider les organisateurs d'évènements célébrant la signature du Traité de Waitangi et cette journée est désormais réservée aux familles.

Les contestations font désormais parties du "train-train" quotidien.

Filip Milo (www.lepetitjournal.com/auckland) mercredi 30 janvier 2013

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Publié le 29 janvier 2013, mis à jour le 5 janvier 2018
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