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Le Prix Franco-Allemand des Médias 2019 s'attaque à l'antisémitisme

Par Lepetitjournal Francfort | Publié le 05/07/2019 à 19:23 | Mis à jour le 07/07/2019 à 22:20
Photo : © DFJP/C. Sasso
Journalistenpreis Prix journalisme franco-allemand

Le journalisme comme bouclier contre les tendances antisémites et le populisme

Le Prix Franco-Allemand du Journalisme (PFAJ) a été remis le 3 juillet au soir à Paris pour la 36e année consécutive. Cette année, les prix dans les catégories Vidéo, Audio, Ecrit, Multimédia et Jeunes talents ont été attribués dans les locaux de Radio France à Paris. Le Grand Prix des Médias Franco-Allemand a été décerné à Beate et Serge Klarsfeld pour l’ensemble de leur œuvre et pour leur engagement pour une Europe démocratique.


Les prix des catégories journalistiques ont été décernés à :

-       Catégorie Audio : Caroline Gillet pour « Foule continentale », Radio France ;

-       Catégorie Vidéo : Kirsten Esch pour « L’Université de Strasbourg sous le 3e Reich », Südwestrundfunk/ARTE ;

-       Catégorie Ecrit : Lena Kampf pour « Die unendliche Geduld von Papier », Süddeutsche Zeitung Magazin ;

-       Catégorie Multimédia : Étudiant·e·s du CUEJ Strasbourg pour « Champs de bataille »,

-       Catégorie Jeunes Talents  (financé par l’Office Franco-Allemand pour la jeunesse) : Carolin Dylla pour « Der Aachener Vertrag oder 'Élysée 2.0' – Upgrade für die deutsch-französische Zusammenarbeit? », Saarländischer Rundfunk


Le Prix Franco-Allemand du Journalisme est l'un des prix les plus importants dans le domaine des médias en Europe. Selon le jury, les contributions primées sont d'excellents exemples de travaux journalistiques de qualité qui contribuent à une meilleure compréhension des contextes sociaux en Allemagne, en France et en Europe.


Le Grand Prix Franco-Allemand des Médias décerné à Serge et Beate Klarsfeld pour leur engagement personnel contre l’antisémitisme – Le président Thomas Kleist plaide pour un « label européen du journalisme de qualité »

À l’occasion de la remise du Grand Prix Franco-Allemand des Médias décerné à Beate et Serge Klarsfeld pour leur engagement hors du commun en faveur de la justice et de la dignité humaine, contre l’antisémitisme et le racisme, le Professeur Thomas Kleist, PDG de la Saarländischer Rundfunk, a eu ces mots dans son discours d’hommage :

« L’an dernier, en France et en Allemagne, les commentaires haineux, les théories du complot absurdes, la haine contre les Juifs et les actes antisémites ont connu une inflation dramatique. C’est pourquoi le travail des époux Klarsfeld contre l’oubli revêt une grande importante, y compris et précisément à l’ère de l’Internet. Tous deux sont pour nous des exemples à suivre. » M. Kleist a ensuite ajouté : « L’abondance d’informations sur le Net est devenue pratiquement ingérable ; il devient de plus en plus difficile de faire le tri entre les messages qui décrivent objectivement la réalité et ceux qui ont une visée manipulatrice ou qui sont manipulés. Il s’agit d’une menace pour nos démocraties fondées sur la liberté ; se pose alors la question de la manière dont nous pouvons mieux nous en préserver. L’expérience montre que les interdits ne nous sont guère utiles. Sur Internet, le principe de l’engagement volontaire à l’autocontrôle est bien plus prometteur. C’est la raison pour laquelle l’on devrait envisager un « label européen garant d’un journalisme de qualité » qui montrerait à tout internaute ouvrant une nouvelle page qu’il peut faire confiance aux contenus que celle-ci publie. Les médias désireux d’utiliser ce label s’accordent sur des critères qualitatifs conjoints tels que de bonnes recherches, la transparence des sources et le droit de réponse. C’est justement ainsi que fonctionne le Conseil allemand de la presse. Aux États-Unis, il existe déjà une initiative en ce sens, « Trust Project. » 


Le ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie Armin Laschet, invité d’honneur

Le Plénipotentiaire de la République fédérale d'Allemagne chargé des relations culturelles franco-allemandes ainsi que Ministre-président de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, Armin Laschet, a tenu un discours en tant qu’invité d’honneur de la remise des prix. Il a rappelé l’importance des libertés d’expression et de la presse.

« Beate et Serge Klarsfeld ont réveillé les consciences quand beaucoup voulaient garder le silence et oublier. Ils ont insisté sur des sujets douloureux et incarnent ainsi d’une façon exemplaire la fonction de vigie du journalisme, et ce aujourd’hui comme hier. En ces temps d’inquiétude croissante face au populisme et aux manipulations comme aux restrictions à la liberté de la presse, ce rôle se voit conférer une importance d’autant plus grande. Nous qui sommes Français et Allemands, nous devons nous souvenir ensemble que la liberté d’expression et la liberté de la presse sont une condition indispensable au bon fonctionnement d’une démocratie. »

Beate Klarsfeld s’est fait connaitre d’un seul coup il y a 50 ans, en avril 1968, en giflant le chancelier de l’époque, Kurt-Georg Kiesinger, en raison de l’implication de celui-ci dans le régime nazi.

Par la suite, elle a veillé avec son mari à ce que l’ancien chef de la Gestapo surnommé „le boucher de Lyon“, Klaus Barbie, ainsi que d’autre criminels nazis, répondent de leurs crimes devant les tribunaux.

Le couple a adressé ses remerciements pour cette distinction et a montré son indignation face aux nouvelles actuelles et à la dramatique augmentation des crimes antisémites et des attaques envers les personnes d’origine juive dans de nombreux pays d’Europe. Fervent militant de l’Union Européenne, Serge Klarsfeld a insisté sur l’importance de la lutte contre les extrêmes : « Aucun parti extrême - de droite ou de gauche - n’a apporté le bonheur aux peuples qu’ils ont pris en main. Jamais. Il n’y a eu que des catastrophes. » Se considérant comme « des gens intelligents, pas des intellectuels », Beate et Serge Klarsfeld préfèrent l’action. « On n’était pas des gens avec des ambitions politiques mais on a réagi comme des citoyens franco-allemands. » Beate et Serge Klarsfeld se sont réjouis de ce prix qui témoigne une fois de plus de la reconnaissance de la France et de l’Allemagne envers leur travail ainsi que de celle des journalistes des deux pays.

Sibyle Veil, présidente-directrice générale de Radio France et co-hôtesse de la cérémonie, a elle aussi rappelé dans son discours d’ouverture l’importance du courage et de l’engagement des citoyens européens pour défendre la fraternité, la paix et les valeurs de la démocratie. Elle a ensuite souligné le rôle du journalisme dans la consolidation d’une Europe citoyenne : « Le journalisme que nous célébrons aujourd’hui rapproche l’Europe de ses citoyens et nourrit notre culture commune. Il peut aussi donner aux citoyens européens le goût et les clés de l’engagement. Que l’engagement de nos invités d’honneur, Béate et Serge Klarsfeld, serve de modèle aux nouvelles générations dans leur quête de sens et de progrès. »

François Croquette, Ambassadeur pour les droits de l’Homme chargé de la dimension internationale de la Shoah, des spoliations et du devoir de mémoire, a prononcé un discours d’hommage aux Klarsfeld avant que le Grand Prix des Médias ne leur soit remis par le bureau directeur du PFAJ. « Beate et Serge Klarsfeld incarnent depuis plus de 50 ans le combat pour la vérité, la justice et la mémoire. En leur remettant le prix franco-allemand du journalisme, alors que l’antisémitisme et le négationnisme refont surface en France et en Allemagne comme dans toute l’Europe, nous voulons marquer que ce combat reste hélas d’actualité et qu’il est plus que jamais le nôtre. »

Le Grand Prix Franco-Allemand des Médias est décerné chaque année tour à tour à Paris et à Berlin à une personnalité ou à une organisation qui s’est particulièrement illustrée en faveur de l’amitié franco-allemande et de l’entente européenne. Parmi les lauréats figurent notamment Simone Veil, Volker Schlöndorff, Tomi Ungerer, Valéry Giscard d’Estaing, Helmut Schmidt, Alfred Grosser, Jean Asselborn, Plantu et l’organisation qu’il a fondée, « Cartooning-for-peace », l’organisation humanitaire SOS-MÉDITERRANÉE ainsi que le Professeur Jürgen Habermas.


Adhésion France Médias Monde

Le président du Prix Franco-Allemand du Journalisme, Thomas Kleist, a accueilli la société de programmes France Médias Monde (FMM) comme nouveau membre de l’association. La société a été créée en avril 2008 et regroupe les trois chaines de telévision et radios publiques françaises diffusées à l’étranger : Radio France Internationale (RFI), Radio Monte Carlo Doualiya (MCD, en langue arabe), ainsi que la chaine France 24.

La remise du prix a été animée par les journalistes Emmanuel Laurentin (Radio France) et Kerstin Gallmeyer (ARD/SR) dans le studio 104 de Radio France (Maison Ronde). Le groupe Kimberose a assuré l’animation musicale. 

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