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Révolution du palais aux « dîners de Cocotte bé »

Par Valérie Keyser | Publié le 25/01/2019 à 07:00 | Mis à jour le 23/05/2019 à 23:14
Photo : (©Valérie Keyser lepetitjournal.com/francfort)
Mathieu Cocotte bé Photo Valérie Keyser - Copie

Participer aux « dîners de Cocotte bé », c’est faire une expérience gustative inoubliable où le palais s’aventure à la découverte d’une cuisine originale et métissée, inventive et raffinée mêlant saveurs malgaches et créations hexagonales. Rencontre avec Matthieu Randriamorasata, fondateur des « dîners de Cocotte bé ».

Né aux Ulis en région parisienne de parents originaires de Madagascar, Matthieu Randriamorasata (34 ans) est ingénieur de formation. Sa relation avec l’Allemagne a démarré au cours de son double diplôme préparé à Nancy et Kaiserslautern entre 2004 et 2007. Chef de projet dans la finance à Paris, puis dans le domaine du développement durable au Canada, il s’est installé en 2012 à Francfort où il a exercé pendant plusieurs années en tant que coordinateur de projet informatique dans le secteur de l’immobilier. Ce passionné de cuisine, a créé avec Nora, son épouse franco-allemande, « Cocotte bé » en 2017, un concept unique de dîners organisés dans différents lieux de la gastronomie ou chez des particuliers, conçus à partir de recettes malgaches et françaises revisitées.

Lepetitjournal.com/francfort : vous avez occupé un poste salarié stable de chef de projet à Francfort pendant plusieurs années. Aujourd’hui, vous êtes, avec Nora, votre propre patron dans le domaine de la gastronomie. Pourquoi et comment s’est fait ce virage à 180 degrés ?

Matthieu Randriamorasata : j’ai toujours aimé cuisiner. Ma mère, née à Madagascar, m’a transmis très tôt l’amour de la cuisine, elle m’a appris à mettre la main à la pâte alors que j’étais enfant, à faire aussi bien des recettes françaises que malgaches. Je m’intéresse depuis longtemps non seulement à la gastronomie mais aussi aux vins qui accompagnent les différents plats. J’avais une idée vague de projet de restauration mais rien de concret. En 2014, j’ai commencé à réellement vouloir monter mon propre business qui a officiellement vu le jour en 2017.

cuisine Cocotte bé
Riz "Vary Soa" avec oeuf poché, champignons sautés à la menthe poivrée et oignons caramélisés. ©Matthieu Randriamorasata

Comment vous y êtes-vous pris pour créer votre entreprise ? Avez-vous dû faire face à la concurrence ?

J’ai d’abord réfléchi au concept avec Nora. Nous avons constaté que la communauté malgache n’était pas très représentée en Allemagne, contrairement à la France de part son passé colonial. Notre idée était de proposer une cuisine malgache moderne inspirée de recettes traditionnelles et fusionnée à la cuisine française. Nous avons procédé à quelques analyses sectorielles et élaboré notre business plan puis avons choisi de nous positionner sur ce marché de niche. Au départ, nous pensions ouvrir un restaurant. Je travaillais toujours à l’époque et me suis inscrit avec Nora à des formations à Berlin où la scène gastronomique occupe une place de choix. Nous avons adhéré à la Fédération nationale des métiers de l’hôtellerie et de la restauration (Dehoga) et étions suivis par des professionnels du milieu pour nous aider à bâtir notre projet. Finalement nous avons abandonné l’idée d’ouvrir un restaurant.

Pour quelles raisons ?

Pour des raisons de coût et de praticité ! Nous avons tout d’abord commencé à investir dans une tente, un stand, des plaques mobiles respectant toutes les mesures d’hygiène et de sécurité en vigueur et avons démarré notre activité en 2017 en participant à des festivals de Street food à Hofheim et Eltville dans le but de nous faire connaître. Nous avons été très surpris du succès remporté. Tout a été vendu dès le premier jour du premier festival et nous avons dû passer la nuit à cuisiner pour pouvoir poursuivre l’aventure.

A ce stade vous aviez déjà choisi le nom « Cocotte bé » pour votre entreprise ?

Oui. Notre participation aux Street food festivals s’inscrivait dans un but stratégique de communication et permettait de tester la réception de nos plats par la clientèle. Le nom de « Cocotte bé » commençait à circuler et de fil en aiguille et grâce au bouche à oreille et à la puissance des réseaux sociaux, nous avons lancé nos premiers dîners en 2018 à Francfort. Il s’agit de dîners ponctuels que nous organisons dans différents locaux que nous louons pour l’occasion ou chez des particuliers lors d’un anniversaire ou encore d’une promotion d’entreprise… toujours sous le nom de « Cocotte bé » car que ce soit en France ou à Madagascar, la cocotte ou marmite est très largement utilisée pour cuisiner de nombreux plats. Nous avons ajouté le mot « bé » qui signifie « grand » en malgache. L’interprétation de la combinaison des deux mots est libre, grande cocotte, grand projet, grand dîner… mais pour nous « Cocotte bé » décrit surtout cette idée de cuisine raffinée franco-malgache célébrée dans une atmosphère chaleureuse.

Vous me faites déjà saliver… Pourriez-vous nous donner quelques exemples de plats ?

Le cassoulet façon « Cocotte bé » est une de mes spécialités ! Mais aussi le poulet au gingembre, braisé puis rôti au four, le

Recette Cocotte bé
Tarte Frangipane poire-chocolat. ©Matthieu Randriamorasata

houmous élaboré à partir d’une purée de pois de bambara, une sorte de pois chiches que l’on récolte en Afrique et à Madagascar ou encore le velouté d’avocats au poivre et au piment. Les sambos, que l’on prépare à partir d’une pâte feuilletée farcie de viande hachée du Vogelsberg et de lentilles vertes sont particulièrement appréciés. Je les sers avec un dip de champignons adouci par la vanille de Madagascar. J’utilise beaucoup la vanille, le poivre noir qui est une épice phare de Madagascar mais aussi le poivre rouge sauvage et le gingembre qui relèvent les plats sans en masquer le goût. Mes créations s’adaptent à tous les palais. Elles s’inspirent également de plats traditionnels français que je mêle à des ingrédients et recettes malgaches pour composer des menus originaux et modernes.

Où est-ce que vous vous fournissez ?

J’achète mes produits sur le marché très achalandé de Bornheim mais aussi dans des magasins bio. En ce qui concerne les ingrédients malgaches, je me les procure auprès de mes contacts dans la communauté malgache en France. Je connais également un couple germano-malgache résidant en Bavière qui est propriétaire notamment de tout un champ de vanille sur l’île. J’aime soutenir les producteurs locaux mais aussi apporter mon aide à l’économie de Madagascar.

Quel est le profil des clients de « Cocotte bé » ?

Notre clientèle est à l’image de Francfort, internationale, raffinée, voire épicurienne. Nos invités aux dîners sont en général des actifs, gourmets avides de découvrir une cuisine moderne et de nouvelles saveurs dans un contexte privilégié de soirée privée.

Comment se déroule un dîner chez « Cocotte bé » ?

Les dîners comprennent en général trois à quatre plats, de l’entrée au dessert. En général, la soirée est interactive, avant de

équipe Cocotte bé
Nora et Matthieu Randriamorasata. ©Matthieu Randriamorasata

servir les plats j’explique le concept de « Cocotte bé », d’où viennent les ingrédients, comment sont préparées les recettes et je réponds bien entendu aux questions des invités en français, allemand ou anglais. Le champagne compris dans nos menus ouvre en général le bal gustatif. Côté vins, nous servons en principe des vins rouges du Languedoc et blancs du Rheingau qui se marient très bien à mes recettes mais aussi d’autres vins rouges français et italiens. J’attache aussi beaucoup d’importance à la présentation dans l’assiette qui doit donner envie de « manger avec les yeux ».

Quels sont vos projets ?

J’ai envie de proposer de plus en plus des dîners accompagnés de différentes sortes de thés en partenariat avec une maison de thé francfortoise. Je trouve que le thé offre une alternative intéressante aux vins. Il présente des goûts et des saveurs infinies, il peut être corsé, fumé, fruité, aromatisé… et peut très bien accompagner nos recettes franco-malgaches. Je souhaiterais aussi dupliquer le concept de « Cocotte bé » à Paris car la demande est forte. A plus long terme, nous ouvrirons peut-être un jour notre propre restaurant ou local dédié aux dîners.

A court terme, nous allons proposer deux dîners de « Cocotte bé », le samedi 9 février et le samedi 16 mars à Francfort. Le menu du 9 février à la Menufaktur ainsi que celui du 16 mars à l'Hôtel Nizza s’articule autour de quatre plats et s’élève à 49 euros champagne inclus. Les informations supplémentaires concernant nos autres événements seront bientôt en ligne sur notre site internet.

Interview (Publi-Info)

 

Logo Cocotte bé

 

Cocotte bé
Randriamorasata, Matthieu und Randriamorasata, Nora GbR

Contact : kontakt@cocottebe.de
Internet : https://cocottebe.de/
Facebook : https://www.facebook.com/cocottebe

Instagram : https://www.instagram.com/cocotte.be/

Valerie Keyser

Valérie Keyser

Ex directrice des éditions de Francfort et Heidelberg-Mannheim (09/2013-06/2019), Valérie a décidé de se consacrer dorénavant à la rédaction en chef et à ce titre, elle définit la ligne éditoriale et les sujets.
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