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RENÉ RANDRIANJA – « Mon année passée à la tête de l’ALFM, je la qualifierais de fomagnifique »

Par Lepetitjournal Francfort | Publié le 27/06/2017 à 22:00 | Mis à jour le 13/07/2017 à 07:01

Vendredi 23 juin se tenait la remise des diplômes des bacheliers du Lycée français Victor-Hugo à Francfort. Pour l'occasion, René Randrianja, président de l'Association des Anciens des Lycées français du Monde, était présent. Celui-ci était également là dans le but d'inaugurer une nouvelle association des anciens élèves de l'étranger dans le Lycée français de Francfort, la première en Allemagne. 

Le proviseur du lycée M. Meyer ; les élèves bacheliers ; la cérémonie se déroulait dans le gymnase du lycée ; par la suite avait lieu l'« abiball »

Les copies arrivent, le stress monte, vous regardez votre montre, il va être l'heure de commencer. Cela ne vous rappelle rien ? Cette situation ne devrait pourtant pas vous sembler si lointaine ! Vendredi 23 juin, les élèves du Lycée français Victor-Hugo recevaient leur diplôme du baccalauréat. Pour l'occasion, une cérémonie leur avait été organisée. Et si vous pensiez que les chapeaux munis d'un petit pompon n'étaient réservés qu'aux diplômés américains, vous vous trompez fortement !  De nombreuses surprises leur avaient été réservées, comme la projection d'une photo de classe datant de la maternelle, mais aussi les discours du proviseur Pascal Meyer, dont le départ a été annoncé, par son adjoint, François Lechevalier, ainsi que d'autres officiels, dont le président de l'Association des anciens des lycées français du monde (ALFM), René Randrianja, sont venus rythmer l'après-midi. 

Avant les festivités, lepetitjournal.com/francfort est allé à la rencontre de ce dernier, qui a quant à lui passé son entière scolarité au Lycée français de Tamatave à Madagascar. Grâce à une bourse d'Excellence-Major délivrée par l'Agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE), il a pu réaliser des études supérieures en France, qu'il a terminées en 2015. En 2016, il a été élu à la tête de l'ALFM, et voyage depuis à travers le monde afin de rassembler un maximum d'anciens élèves. 

Lepetitjournal.com/francfort : Qu'est-ce que l'ALFM et qu'apporte-t-elle aux anciens élèves des lycées français de l'étranger ?

René Randrianja

René Randrianja : L'ALFM est une association créée en 2010, découlant d'une directive ministérielle de Jean-Pierre Raffarin, qui avait à l'époque fait un rapport sur l'enseignement français à l'étranger. Chaque année, 14 000 nouveaux bacheliers sortent des Lycées français, et on répertorie à peu près 600 000 anciens élèves issus de ces mêmes lycées dans le monde. Le nombre de nouveaux bacheliers s'agrandit tous les ans, c'est pourquoi il est important d'exploiter, d'utiliser et de rassembler cette communauté. Ces anciens élèves, contrairement aux élèves des lycées en métropole, ont un vécu à l'étranger, et ont déjà cette ouverture. Ils ont un attachement fort à leur lycée car bien souvent, ils y passent l'intégralité de leur scolarité. Ensuite, ils sont amenés à venir étudier en France. Pour eux, cela s'annonce comme une grande aventure. Certains vont partir de Tokyo, de Shangaï, ou de Bogota par exemple pour venir étudier en France. C'est une sorte d'expatriation, mais dans l'autre sens. Ils se séparent de leur famille, de leurs amis de longue date, pour entamer des études supérieures dans un environnement complètement différent. L'association est là pour les aider et les appuyer. Nous mettons notre priorité sur les associations locales. En 2010, il en existait une dizaine, aujourd'hui environ 80, et nous en créons d'autres chaque année. Elles connaissent très bien ces élèves, et les conseillent vis-à-vis des études supérieures, de la recherche de logement, mais également en termes d'administratif. Quand un élève se trouve à Sydney en Australie, il lui est compliqué de connaître les grandes écoles et universités en France. 

Qu'est-ce qui vous a poussé à vous investir dans cette association, et à la présider ? 

J'ai passé l'intégralité de ma scolarité dans un lycée français, cela laisse donc forcément beaucoup de souvenirs, et un attachement très fort. Quand on quitte le lycée, on quitte ses camarades de classe, que je connaissais pour ma part depuis la maternelle, ses professeurs, mais aussi un pays et sa famille, pour entamer une grande aventure. On a donc ce sentiment d'appartenance très fort. Lorsqu'on discute avec quelqu'un venant de Berlin ou de Shangaï, c'est un peu la même chose : il y a cette bi-culturalité. On a tous vécu à l'étranger, mais arrivé en France, on a ce socle commun, qui est l'éducation française avec ses valeurs. Chaque année, je participais à des rencontres et des évènements, pour les anciens élèves, mais aussi pour les bourses d'Excellence-Major, et j'ai rencontré au fur et à mesure le conseil d'administration, le bureau de l'ALFM, m'expliquant les différentes missions et objectifs de l'association, et me donnant envie de m'engager encore plus dans celle-ci.   

En quoi consiste votre rôle de président de l'Association des anciens des lycées français du monde (ALFM) ? 

Je suis l'interlocuteur des institutions publiques françaises. En effet, je suis le relais de l'AEFE, qui gère les lycées français dans le monde, mais je suis aussi celui de la Mission laïque française. Les associations locales s'adressent à moi lorsqu'elles ont besoin d'un conseil ou d'un appui institutionnel par exemple. Je les appuie en me déplaçant notamment directement sur place. Aujourd'hui, je me suis par exemple déplacé suite aux sollicitations du Lycée français Victor-Hugo de Francfort, pour la création d'une association locale. Je suis également leur interlocuteur à l'Assemblée nationale et au Sénat, où siègent onze députés et douze sénateurs des Français de l'étranger, qui gèrent la communauté des Français de l'étranger dans le monde. Ceux-ci sont très sensibles à l'enseignement français à l'étranger, mais également à la problématique des anciens élèves, qui font partie du rayonnement culturel de la France, et qui font office d'ambassadeurs des Lycées français. 

Si vous deviez qualifier votre année passée en tant que président de l'ALFM, quel mot utiliseriez-vous ? 

J'utiliserais le mot « fomagnifique », un qualificatif utilisé par un ancien élève pour désigner le Forum mondial des anciens des lycées français du monde (FOMA), organisé dernièrement à Lisbonne. C'est un événement central, fédérateur, réunissant toutes les associations locales, les anciens élèves, les chefs d'établissement, les sénateurs et députés des Français de l'étranger, l'AEFE et la Mission laïque française. Quand deux anciens élèves se rencontrent, ils voient très bien qu'ils ont eu un parcours similaire, que l'un vienne de Tokyo ou l'autre de Berlin. Il y a donc un fort réseau d'appartenance, et ça, c'est magnifique.

Vous voyagez partout dans le monde, où vous sentez-vous le plus chez vous ?

Naturellement à Madagascar, puisque j'ai grandi là-bas, mais également au Maroc, le premier contingent d'anciens élèves dans le monde. Lorsque je vais un Tanger, je suis toujours très bien accueilli, par les associations, par des personnalités, toujours très engagées dans le rassemblement d'anciens élèves, tout comme les autres villes du Maroc, dans lesquelles il y a une forte concentration de lycées français. De plus, sur place, beaucoup de Marocains scolarisent leurs enfants dans les lycées français, leur permettant de poursuivre des études de qualité en France. 

Vous avez répondu à l'invitation du Lycée français Victor-Hugo de Francfort, qui voit naître aujourd'hui l'association des anciens élèves du lycée. Pourquoi avoir tenu à y assister ?

Je suis venu pour la création de l'association locale car c'est un événement majeur, le Lycée français de Francfort étant le premier dans toute l'Allemagne à en lancer une. Dans certains pays du monde, comme au Maroc, il y en a déjà plusieurs, réparties dans différentes villes. Cette initiative va lancer une dynamique, c'est pourquoi il était important pour moi de montrer que nous soutenons les chefs d'établissement et leur projet. C'était aussi une belle occasion de venir assister à la cérémonie de remise des diplômes. L'ALFM tient à regrouper ces anciens élèves, il est donc important de leur montrer notre soutien.   

Quel message voulez-vous faire passer aux élèves bacheliers des Lycées français dans le monde ?

Je souhaite leur dire qu'ils ont beaucoup de chance, qu'ils auront par la suite une capacité d'adaptation importante et des facilités, notamment en France, car ils sont pour la majorité bilingues, trilingues, voire parfois même quadrilingues. Ceux qui poursuivront leurs études en France devront se débrouiller de manière totalement autonome. Cette expérience va les faire grandir plus vite que certains lycéens restés vivre chez leurs parents. Côtoyer des personnes d'autres nationalités au quotidien dans leur établissement français leur ont également permis d'acquérir une certaine ouverture d'esprit. C'est une réelle richesse pour eux. Le socle commun étant la culture française, ils n'auront pas non plus de lacunes dans ce domaine par rapport aux Français de métropole. 

(Photos JV lepetitjournal.com/francfort) 

JV (www.lepetitjournal.com/francfort), mercredi 28 juin 2017

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