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RECOMPENSE - Les Palmes académiques pour Marlis Franke de la Carl-Schurz-Schule de Francfort

Écrit par Lepetitjournal Francfort
Publié le 7 mai 2013, mis à jour le 18 septembre 2013

La Carl-Schurz-Schule abrite dorénavant un chevalier? dans l'ordre des Palmes Académiques : Marlis Franke, professeur de français et d'allemand. Cette distinction lui a été officiellement remise vendredi 3 mai par Robert Denis del Picchia, sénateur des Français établis hors de France

Marlis Franke, professeur de français et d'allemand à la Carl-Schurz-Schule de Francfort reçoit les Palmes académiques le 3 mai 2013 (DR)

Vendredi 3 mai 2013 a eu lieu la remise des Palmes académiques à Marlis Franke, enseignante de français et d'allemand au lycée Carl-Schurz-Schule de Francfort. Sous l'impulsion de Jean-Marie Langlet, conseiller à l'Assemblée des Français de l'étranger, Robert Denis del Picchia, sénateur des Français établis hors de France, est venu épingler cette belle distinction civile sur l'épaule de cette enseignante allemande. L'élu, impressionné par le parcours de Marlis Franke, s'est réjouit de venir récompenser un professeur qui, au lieu de faire ingurgiter de manière soporifique les règles ennuyeuses du passé composé et de l'imparfait ou les exceptions plurielles de "bijoux, cailloux, choux, genoux, hiboux, joujoux, poux", a su par les échanges, des voyages d'études et sa coordination de la langue avec les Beaux-Arts, insuffler sa passion pour la France à ses élèves et faire de la Carl-Schurz-Schule une école francophile de référence à Francfort.

Sont venus saluer l'événement de nombreux élèves et parents d'élèves, collègues, amis venus de France, membres de la famille mais aussi Fabien Kopp, Chef de chancellerie au Consulat de France à Francfort, Madame Waldeier-Odenthalt pour le rectorat de la Hesse et Robert Hebras accompagné de son épouse, un des derniers survivants du massacre d'Oradour-sur-Glane de juin 1944 et symbole vivant de la réconciliation franco-allemande.

Une entrée en matière originale et pleine d'humour
Mais que sont les Palmes académiques exactement ? A l'origine titre honorifique institué par Napoléon en 1808 et remis aux membres de l'université pour leurs services rendus à l'enseignement, les Palmes académiques sont devenues sous Napoléon III en 1866 une distinction officielle dont pouvaient bénéficier même les non-enseignants pour leur engagement pour l'éducation. Puis c'est à partir de 1955, alors désignant un Ordre se déclinant en trois grades ? Chevalier, Officier et Commandeur ? qu'elles ont pu être attribuées grâce à Edgar Faure, président du Conseil et Jean Berthoin ministre de l'Education nationale de l'époque, à des Français résidant à l'étranger ou des étrangers ayant ?uvré pour le rayonnement et l'expansion de la langue et la culture française dans le monde.

Après un prélude musical joué par un des élèves de la section musique de l'école, vaporisant entre autres La Marseillaise et l'hymne national allemand sur des accords originaux de jazz, la cérémonie a démarré par l'allocution du directeur de l'école, Hans-Ulrich Wyneken, assisté pour les traductions par Laurence Vauriac, professeur de français et d'allemand dans la même école. C'est non sans humour que M. Wynecken a rappelé que nous célébrons en 2013 le cinquantième anniversaire du « premier contrat ayant pour but de réconcilier les habitants de deux pays très différents », entendons par là le Traité de l'Elysée. Et le sénateur del Picchia de renchérir que nous célébrons aussi les 50 ans de l'OFAJ (Office franco-allemand pour la Jeunesse) pour lequel il a fait partie du premier wagon d'échange expérimental de jeunes qui l'a conduit sur les routes de l'amitié franco-allemande en 1963 pendant plusieurs mois et dont l'échange de retour s'est tenu à Marseille.

Un parcours exemplaire au service de la langue et la culture françaises
Après des études en langues et littératures romanes et germaniques à l'université de Mayence et un séjour des plus dépaysant en tant qu'assistante de langue au collège Cheverus à Bordeaux où elle a développé son engouement pour la langue française grâce notamment à ceux qu'elle appelait " ses potes ", Marlis Franke a intégré la Carl-Schurz-Schule et communique sa passion dévorante de la langue de Molière à ses élèves depuis 30 ans.

En 1989, après un long combat devant les enfants, les enseignants mais aussi les parents réticents qui n'hésitaient pas à brandir le bouclier de l'apprentissage de l'anglais, elle réussit à faire accepter le français comme première langue dans son établissement mettant en avant l'intérêt pédagogique et culturel et la place de choix des partenariats économiques entre la France et l'Allemagne. Hormis les échanges entre la Carl-Schurz-Schule et le lycée Victor Hugo de Besançon, Marlis Franke participe activement à l'ouverture de la section bilingue de son lycée dès la 6e classe. Insatiable, elle participera même en 1995 au comité qui va créer une classe bilingue à la Textorschule de Francfort.

Artiste dans l'âme, l'enseignante utilise le théâtre comme moyen d'apprentissage et d'expression en faisant jouer des sketches à ses élèves puis se tourne vers le cinéma en ouvrant la voie à l'exploitation pédagogique de films en classe. En 2002 c'est la comédie musicale Le petit Prince qui servira la cause de la langue française puis la mise en scène de Carmen fera participer toutes les chorales du lycée.

Par ailleurs dans un tout autre registre, depuis 2003 Marlis Franke organise pour ses élèves avec Robert Hebras un voyage d'étude à Oradour-sur-Glane, village martyre français près de Limoges rendu tristement célèbre suite au massacre de juin 1944.

Aussi, depuis 2008 cette experte du français a même l'habilitation pour faire passer les épreuves du DELF (diplôme d'études en langue française). Et ce n'est pas tout ! Grâce à Marlis Franke, la Carl-Schurz-Schule pourra bientôt proposer des classes préparant à l'Abibac ou double diplôme (Baccalauréat et Abitur). Mais jusqu'où ira-t-elle donc ?

Une distinction bien méritée
Solennellement épinglée par l'insigne métallique supportée d'un ruban violet et chaleureusement embrassée par le sénateur, voilà Marlis Franke officiellement déclarée Chevalier dans l'ordre des Palmes académiques de l'Education nationale et membre de l'AMOPA (Association des Membres de l'Ordre des Palmes Académiques) qui lui permettra de côtoyer des personnes illustres comme le prince Albert de Monaco.

Quel honneur pour son école de pouvoir dorénavant abriter un Chevalier ! C'est pourtant avec beaucoup de modestie et de reconnaissance que Marlis Franke citera et remerciera ses collègues et nombreux compagnons de route dans ce combat acharné en faveur de la langue française avec lesquels elle partagera virtuellement sa belle médaille comme on partage un bon gâteau au chocolat.

Valérie Keyser (www.lepetitjournal.com/francfort) mercredi 8 mai 2013

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Publié le 7 mai 2013, mis à jour le 18 septembre 2013

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