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Pierre Monnet, Directeur de l’IFHA et Céline Lebret à la Culture

Par Valérie Keyser | Publié le 09/04/2014 à 22:00 | Mis à jour le 24/05/2019 à 00:08
Photo : (Photo VK lepetitjournal.com/francfort)
Pierre MONNET IFhA Céline Lebret iNSTITUT Français Francfort

"L'appétit entre la France et l'Allemagne ne doit pas se perdre !", c'est en tout cas ce que Pierre Monnet, Directeur de l'Institut Français d'Histoire en Allemagne (IFHA) basé à Francfort soulignera lors de l'interview de lepetitjournal.com/francfort. Epaulé par sa collaboratrice Céline Lebret au parcours insolite et riche, Pierre Monnet, chercheur médiéviste et spécialiste des relations franco-allemandes, dévoile les missions de l'IFHA et quelques-uns des ingrédients nécessaires pour entretenir "l'appétit" entre les deux pays moteurs de l'Europe.

 

Le petitjournal.com/francfort : Pierre Monnet et Céline Lebret, vous faites tourner l'Institut Français d'Histoire en Allemagne depuis quelques années. Quel a été votre parcours avant d'occuper vos fonctions actuelles ?

Pierre Monnet : honneur aux dame ! Je laisse la parole à Céline.

Céline Lebret : J'ai effectué des études d'histoire à Paris. Le programme ERASMUS auquel j'ai participé dans le cadre de mon Master en "Histoire et gestion de projets culturels européens", m'a fait poser quelques temps mes valises à Berlin et ouvert la porte du franco-allemand. J'ai aussi participé à un programme de l'OFAJ (Office franco-allemand pour la jeunesse) destiné aux jeunes professionnels des musées et eu la chance de partir en Afrique de l'Ouest, au Togo et au Bénin où j'ai travaillé pendant 4 ans pour le service culturel de l'Ambassade de France. Les projets franco-germano-béninois que j'ai montés pendant cette période ont élargi mon horizon et commencé à définir les contours de mes futures missions. Mon conjoint travaille à Francfort et j'ai intégré l'IFHA en 2009 au moment de la fusion de l'Institut Français de Francfort et de la Mission Historique Française de Göttingen. Il s'agissait de la création d'un nouveau poste de Chargée de mission culturelle qui devait concilier la mission culturelle franco-allemande et le volet histoire. Mon profil correspondait parfaitement au poste proposé !

Pierre Monnet : En ce qui me concerne, j'ai effectué des études d'histoire en Allemagne et exercé comme maître de conférences à l'université de Bourgogne de 1994 à 1996. J'ai aussi dirigé la Mission Historique Française en Allemagne de 1996 à 2003 à Göttingen puis été professeur d'histoire médiévale à l'université de Versailles/Saint-Quentin-en-Yvelines et directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales en 2005. En 2008 j'ai été nommé à la tête de l'Université franco-allemande à Sarrebruck qui est un acteur majeur et joue un rôle primordial pour la mobilité. C'est depuis septembre 2011 que je dirige l'IFHA à Francfort qui existe depuis 2009 et résulte de la fusion entre l'Institut Français de Francfort et la Mission Historique Française en Allemagne.


Pour quelle raison les deux Institutions ont-elles fusionné ?

PM : L'Institut Français de Francfort n'a pas échappé aux coupes budgétaires drastiques de l'Etat français et a fermé ses portes de la Zeppelinallee le 31 août 2009. D'un autre côté la Mission Historique Française en Allemagne était devenue orpheline à la fermeture en 2008 de l'Institut Max-Planck d'Histoire qui l'abritait à Göttingen depuis 1977. L'ouverture d'un Institut Français d'Histoire en Allemagne devait regrouper le volet culturel ainsi que l'offre scientifique et historique menée jusqu'ici à Göttingen. L'Université Goethe de Francfort a fait une offre d'accueil, proposé la gratuité des locaux et le financement de deux postes. C'est ainsi que depuis 2009 l'IFHA est basé sur le campus de l'Université Goethe de Francfort.

CL : il faut préciser que l'IFHA reste rattaché au réseau des 11 Instituts Français d'Allemagne. Tout comme eux, il est piloté par le Ministère des Affaires Etrangères depuis Berlin.


Quelle est la mission exacte de l'Institut Français d'Histoire en Allemagne ?

PM : Participer grâce à son volet culturel géré par Céline Lebret, à la diffusion et au rayonnement de la culture française. Mais la mission de l'IFHA repose avant tout sur la recherche historique. L'IFHA favorise la mobilité sur le territoire allemand de jeunes chercheurs dans des disciplines historiques par la mise à disposition de bourses, organise des colloques, a une activité de recension de la production historique en Allemagne et publie la Revue de l'IFHA qui paraît une fois par an. La revue est consultable gratuitement en ligne et fait état notamment de la recherche française sur l'Allemagne.


Qu'est-ce qui le différencie des Instituts Français ?

PM : L'offre culturelle existe "hors les murs". A l'IFHA nous n'avons pas de salle de cinéma par exemple, contrairement à l'Institut Français de Mayence. La grosse différence avec les Instituts Français d'Allemagne réside cependant dans la dispense de cours de langue qui est un service que nous n'assurons pas. Par ailleurs le paysage politique a changé ces dernières années. Nous ne sommes plus les seuls acteurs qui proposons une offre culturelle française. Les grands musées comme le Schirn ou le Städel par exemple, le font déjà et accueillent des expositions d'ouvres d'artistes français sans avoir besoin de faire systématiquement appel à nos services. Les associations également comme la DFG (Deutsche Französische Gesellschaft) sont très actives en ce sens. Nous ne sommes plus la seule porte d'entrée et d'accès à la culture française. Aussi l'IFHA ne s'adresse pas seulement aux Français mais aux franco-allemands et apprenants de français.
Cependant l'IFHA demeure intéressant pour certains partenaires allemands pour sa valeur ajoutée de conseil, de suivi, de veille et d'expertise. Si on se pose la question : qu'est-ce qui agite les esprits en France ?, nous sommes en mesure d'y répondre et d'identifier la demande du partenaire.

CL : et même s'il n'est pas possible de venir consulter ou emprunter des livres à la bibliothèque de l'IFHA comme dans la plupart des Instituts Français, les ouvrages, journaux et supports audio/video restent accessibles en ligne via le portail numérique de la "Culturethèque".


Combien de personnes travaillent pour l'Institut Français d'Histoire en Allemagne ?

PM : Notre équipe se compose de 10 personnes environ : deux chercheurs dont un directeur, une chargée de mission culturelle, une secrétaire, une comptable mais aussi des post-doctorants et doctorants. Nous accueillons régulièrement des stagiaires et chaque année 40 doctorants peuvent bénéficier d'une bourse à la mobilité.

Quelles sont les sujets de prédilection de l'IFHA en 2014 ou les manifestations phares de l'année ?

PM : Nous avons un projet de recherche commun avec 7 partenaires scientifiques français et allemands basés à Berlin, Francfort et Paris. Il s'agit du projet "Saisir l'Europe" qui s'étale sur une durée de 5 ans. Les instituts partenaires qui mènent les recherches avec nous sont l'université Humboldt et le Centre Marc Bloch de Berlin, l'université Goethe de Francfort, le Centre interdisciplinaire d'études et de recherches sur l'Allemagne, l'Institut historique allemand et la Fondation Maison des sciences de l'homme à Paris. Les sciences sociales humaines ont déserté et les gens de la pensée ont leur mot à dire. Ce projet nous amène notamment à nous pencher et réfléchir sur l'Etat social, la durabilité et les violences urbaines.
Un autre point fort de l'année, ce sont comme vous le savez les commémorations du centenaire de la 1ère Guerre Mondiale. Il y aura 10 événements autour de 1914-2014 étalés sur l'année 2014 et une lecture d'Eric Vuillard "La bataille d'Occident" démarrera ce cycle le 7 mai à Francfort.


Vous êtes également "Point Info OFAJ". En quoi cela consiste-t-il ?

CL : Nous sommes en effet un des nombreux points d'information de l'Office franco-allemand pour la jeunesse. A ce titre nous disposons d'un présentoir dans nos locaux réservé à l'OFAJ. Nous recevons régulièrement les brochures des différents programmes d'échanges de jeunes de l'institution. Nous les distribuons aux romanistes de l'Université, donnons des renseignements par téléphone et lors d'événements franco-allemands avec des partenaires, nous disposons d'un stand permettant de présenter hors des locaux de l'Université qui ne sont pas toujours très accessibles, les différentes possibilités d'échanges offertes aux jeunes. Pour cela, nous travaillons souvent en étroite collaboration avec Géraldine Cromvel, Jeune Ambassadrice OFAJ pour la Hesse qui prend une grosse partie du volet "Point Info OFAJ" en charge.


Enfin que pourriez-vous dire à nos lecteurs et notamment à ceux qui sont nostalgiques de la période de l'Institut français à Francfort tel qu'il existait avant la fusion avec la Mission Historique Française en Allemagne ?

PM : notre offre doit répondre à la demande des Allemands aussi. L'appétit entre les deux pays ne doit pas se perdre et les deux pays ont tout intérêt à mieux se connaître. C'est la recette de la réussite de ce couple moteur de l'Europe !

Jeudi 10 avril 2014

Institut Français d'Histoire en Allemagne par ici  
La Culturethèque par là
 

Valérie Keyser

Valérie Keyser

Directrice de Lepetitjournal.com à Francfort et Heidelberg-Mannheim (2013-2019) et Rédactrice en chef des 6 éditions Allemagne (juin 2019-décembre 2020), Valérie est aussi Guide interprète conférencière et professeur de Tandem.
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