Si vous résidez depuis plusieurs années en Allemagne et que vous envisagez d'y rester encore longtemps, vous pouvez essayer d'obtenir la nationalité allemande. La ville de Francfort réalise d'ailleurs depuis quelques mois une campagne d'information baptisée Frankfurt bürgert ein visant à promouvoir la naturalisation. www.lepetitjournal.com/francfort a rencontré Séverine et Henri-Claude, deux Français vivant en Allemagne depuis la fin des années 90 et qui ont franchi le pas.
(© Stadt Frankfurt am Main)
Lepetitjournal.com/francfort : Parmi les conditions nécessaires à l'acquisition de la nationalité allemande figure celle des huit années de résidence sur le sol allemand. Vous avez tous les deux attendu bien plus que huit ans pour poser votre demande. Qu'est-ce qui vous a finalement décidé à faire la démarche ?
Séverine : Ce qui m'a vraiment décidé ce sont les prochaines élections. J'ai commencé à y réfléchir il y a trois ans, j'ai fait le Einbürgerungstest à ce moment-là et j'ai attendu un peu pour les papiers qu'il faut remplir, mais le fait que les élections approchaient m'a fait franchir le pas. C'est donc plutôt pour des raisons citoyennes, pour participer à la vie politique.
Henri-Claude : Comme l'a dit Séverine l'aspect activité citoyenne est un aspect important puisque nous travaillons en Allemagne ; nous avons des devoirs, nous payons nos impôts, la sécurité sociale et c'est vrai que petit à petit est venue l'idée de se dire : pourquoi en tant que citoyen européen vivant et travaillant en Allemagne avons-nous des devoirs vis-à-vis de l'Etat allemand alors que nous ne pouvons pas agir via le vote sur les décisions politiques prises pour le pays ? Pour moi c'est un aspect très important de la démarche. Mais il ne faut pas négliger la lourdeur administrative, il a des papiers à faire traduire, ça coûte aussi de l'argent (NDLR : les frais de dossier sont de 255 ?). C'est aussi pour ça que j'ai pris du temps avant de faire la démarche.
Est-ce que les démarches, les conditions à remplir vous ont semblé difficiles ?
Séverine : Non pas très difficiles parce que je possédais déjà un diplôme allemand attestant de mes connaissances dans cette langue. Le Einbürgerungstest est certes difficile mais en se préparant bien il n'y a pas de problème. La partie la plus difficile pour moi a été de remplir le formulaire parce que c'est très administratif et qu'il faut d'écrire tout ce qu'on a fait dans sa vie.
Henri-Claude : Concernant le Einbürgerungstest, pour des gens comme nous, citoyens européens vivant depuis plus de huit ans en Allemagne avec un minimum de préparation et de connaissances de la langue, il me parait très difficile de ne pas réussir ce test.
Séverine : En plus les questions ne sont pas secrètes, on peut s'entrainer avant sur internet.
En tant que Français il est possible de conserver cette nationalité tout en obtenant la nationalité allemande et ainsi avoir la double nationalité. Etait-ce un critère important à vos yeux ; en d'autres termes auriez-vous fait les démarches si vous aviez dû abandonner votre nationalité française ?
Séverine : Non parce que la nationalité avec laquelle on est né, on a grandi avec et c'est quand même un élément important de notre personnalité. Donc le fait d'avoir les deux nationalités c'est très bien mais si j'avais dû abandonner la nationalité française, j'aurais vraiment réfléchi à deux fois.
Henri-Claude : Je rejoins Séverine dans sa logique. C'est vrai que j'aurais eu beaucoup de mal également à abandonner ma nationalité française ; ce qui ne veut pas dire qu'on ne prend la nationalité allemande que par pur intérêt pour voter. C'est plus compliqué que ça. Nous sommes des citoyens européens à cultures mélangées. On se sent français mais plus tout à fait à 100% et on se sent allemand parce qu'on vit dans cette société, on y travaille, on s'intéresse à la culture mais on ne sera jamais à 100% allemand.
Quels conseils donneriez-vous à un Français qui réfléchit à prendre la nationalité allemande ?
Henri-Claude : Je dirais?de prendre son temps, de bien réfléchir à son projet de vie. C'est un pas important vis-à-vis de l'Etat allemand et de ses futurs concitoyens. Réfléchir aussi au fait qu'il existe des contraintes administratives, ça prend du temps, il faut de la patience, ce n'est pas quelque chose qui se fait en une dizaine de jours. Mais comme on l'a déjà dit on a la chance de pouvoir conserver sa nationalité française.
Vous avez tous deux souligné que le fait de pouvoir voter aux prochaines élections a été un élément qui vous a incité à prendre la nationalité allemande, comment percevez-vous justement la campagne actuelle ? Est-ce différent d'une campagne en France ?
Henri-Claude : Ce qui me surprend le plus c'est que nous n'assistons pas à de grands débats de société avec des oppositions féroces entre droite et gauche. La campagne ici se fait plus en douceur avec des débats moins virulents et sans grande envolée lyrique de la part des candidats.
Séverine : Le débat télévisé entre les principaux candidats m'intéresse car il permet de se faire une idée sur les sujets et l'ambiance de la campagne.
Alexandre Duchenne (www.lepetitjournal.com/francfort.html) vendredi 13 septembre 2013
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Pour en savoir plus sur l'obtention de la nationalité allemande vous pouvez consulter les sites suivants : Frankfurt bürgert ein et Einbuergerung
Retrouvez l'interview dans son intégralité en écoutant l'émission ?Aller-Retour? sur Radio Darmstadt ici samedi 14 septembre entre 19 et 21 heures




