

Une louche de spontanéité, une dose de provocation et un zeste de vision, voilà la recette d'Alain Caparros, le seul patron français d'une grande entreprise allemande depuis six ans. A l'invitation de la société franco-allemande de Francfort, le président du groupe Rewe a partagé son expérience des différentes cultures managériales des deux côtés du Rhin
(photo: A. Le Troquer)
" Vous connaissez l'histoire d'un Français, d'un Allemand et d'un Anglais condamnés à mort à qui l'on demande quels sont leurs derniers v?ux? ", spontanément Alain Caparros capte son auditoire avec une blague pour montrer son honneur d'être Français, mais il enchaîne tout de suite avec les défauts des Hexagonaux : les Français ne savent pas tenir un ordre du jour mais la spontanéité peut apporter beaucoup ; les Français ne viennent pas préparés en réunions, mais ils aiment relever des défis improbables?
Devant plus d'une centaine d'Allemands et de Français réunis hier par la société franco-allemande de Francfort à la villa Bonn dans le Westend, ce cinquantenaire, mèche rebelle et teint hâlé, a partagé son parcours de lycéen dans lequel son professeur d'allemand ne plaçait aucun espoir à celui de directeur de Rewe depuis 2005. Sous sa houlette, la coopérative, propriétaire des supermarchés mais aussi du discounter Penny, de magasins de bricolage et de plusieurs voyagistes est devenu numéro deux de la distribution en Allemagne.
L'exception qui confirme la règle
" Au début on m'a dit, vous ne tiendrez pas trois mois, explique Alain Caparros, je sais que je suis une exception. " Selon lui, un Français peut réussir en Allemagne grâce à sa motivation, sa spontanéité et sa persévérance car " ici les erreurs sont permises et on cultive le respect de l'autre. " Et comme tout bon Français qui se respecte, son discours a débordé sur des thèmes plus vastes que les différences culturelles dans le management. Alain Caparros s'est notamment inquiété des futures relations franco-allemandes vues l'actualité européenne et la campagne présidentielle française craignant une montée de l'animosité envers l'Allemagne. " Die Mischung ist die Lösung, prône-t-il dans son allemand mâtiné de français, mais sans perdre son identité. " Est-ce à dire en poursuivant sa blague introductive un mélange entre: bien manger pour le Français, tenir un grand discours pour l'Allemand et tuer l'Allemand pour l'Anglais?
Anne Le Troquer (www.lepetitjournal.com/francfort) jeudi 9 février 2012{jcomments on}
Programme de la société franco-allemande de Francfort: www.dfg-frankfurt.de












