

L'entreprise ”MVV Umwelt”, la branche environnement de ”MVV Energie AG”, l'une des entreprises d'énergie prédominantes en Allemagne, spécialisée dans le domaine de la production d'énergie par incinération des déchets et biomasse s'est associée depuis quelques mois à la société d'économie mixte ”SEMARDEL”. Les deux partenaires, l'un basé à Mannheim dans le Baden-Württemberg et l'autre dans le département de l'Essonne près de Paris, ont signé en mai dernier un accord afin de créer ”SEVE Energie”, une société commune qui va leur permettre de mutualiser leurs compétences et répondre aux appels d'offres de l'Hexagone.
Michael Class, Directeur Général de ”MVV Umwelt”, et Holger Franke, Directeur du développement international, s'entretiennent avec lepetitjournal.com/francfort dans un français presque parfait…, sur le nouveau couple franco-allemand des déchets uni pour le meilleur et pour le pire !
La carte de France est accrochée dans plusieurs bureaux à ”MVV Umwelt”
(Photo VK lepetitjournal.com/francfort)
Lepetitjournal.com/francfort : pourriez-vous présenter votre parcours à nos lecteurs ?
Holger Franke : j'ai 51 ans et habite à Heidelberg avec mon épouse. J'ai fait des études d'ingénieur process et travaille dans le domaine du traitement des déchets. Après un parcours chez un fournisseur de centrale thermique, j'ai commencé en 2000 à "MVV Umwelt" en tant que Directeur du développement international.
Michael Class : en ce qui me concerne, j'ai 47 ans, je suis marié et j'ai deux enfants. J'habite assez loin d'ici, à Wurmlingen, une toute petite ville en Forêt Noire. Pour ma part j'ai fait des études d'ingénierie en sciences agronomiques. J'ai démarré dans la vie active en 1995 dans une société de régalage du vieux bois puis j'ai passé plus de douze ans chez Suez Environnement. Cela fait maintenant six ans que je suis Directeur Général de ”MVV Umwelt” à Mannheim.
Quel est le cœur de métier de ”MVV Umwelt” ?
HF : ”MVV Umwelt” dont la première centrale a été lancée en 1964 à Mannheim a pour vocation la construction, l'exploitation et le financement des centrales thermiques d'incinération des déchets. Cela comprend les ordures ménagères mais aussi le bois usagé et résiduel provenant par exemple des encombrants, du secteur du bâtiment ou des rails. Elle produit de l'électricité et de la vapeur d'eau qui servira au chauffage. ”MVV Energie AG” et sa filiale ”MVV Umwelt” possèdent sept incinérateurs et quatre centrales à biomasse en Allemagne et en Grande-Bretagne. ”MVV Umwelt” contribue de manière décisive à une attitude durable avec les ressources et à une distribution d'énergie respectueuse du climat.
(MVV-Pressebild)
Est-ce un acteur public ou privé ?
MC : c'est une société privée qui enregistre un chiffre d'affaires annuel de plus de 250 millions d'euros. Sa maison mère – ”MVV Energie AG” – est cotée en bourse et détenue majoritairement par la ville de Mannheim.
Quelle est l'étendue de votre marché ?
HF : notre marché d'origine est l'Allemagne, principalement la région de Mannheim.
MC : et depuis le Baden-Württemberg, nous avons développé nos activités dans d'autres régions, à Francfort en Hesse, dans la région de Berlin et en Allemagne de l'Est notamment. Puis nous avons commencé à déployer nos activités en Europe et possédons dorénavant une filiale en République tchèque depuis 1999 et deux installations à Plymouth et Ridham en Angleterre dont la construction a commencé en 2012, qui sont à la veille d'un début d'exploitation. Aussi, nous venons de signer un accord de coopération pour pouvoir répondre dorénavant aux appels d'offres en France.
Pourquoi et comment avez-vous abordé le marché français ?
HF : cela fait deux ans que nous sommes en prise directe avec ”SEMARDEL”, une société qui appartient majoritairement à des collectivités territoriales et intervient dans la gestion des déchets en France. Après de longues discussions et des recherches sur le marché français, nous avons décidé de nous associer à "SEMARDEL" et de créer une société commune.
MC : cette démarche de création de société commune devait devancer les renouvèlements de contrats d'exploitation d'incinérateurs prévus en France au cours des prochaines années et permettre à ”MVV Umwelt” de s'internationaliser encore davantage et s'implanter largement dans l'Hexagone. La société née de ce partenariat le 8 mai 2014 s'appelle ”SEVE Energie” (Solutions Européennes de Valorisation Energétique). C'est une ”Joint venture”, une SAS, société par action simplifiée de droit français, de valorisation des déchets, au capital de 100.000 euros. Elle vient d'être inscrite au RCS (Registre du commerce et des sociétés) fin août et sera dirigée par deux Français, Olivier Schwartz (Directeur Général) et Patrice Brun (Président) à une adresse prestigieuse, avenue de l'Opéra à Paris !
(Photo VK lepetitjournal.com/francfort)
Quelle est votre ambition ?
MC : Nous voulons montrer que nous pouvons être créatifs et innovants dans le domaine de la valorisation des déchets et que nous sommes bien ancrés dans la réalité du marché. Aussi, nous pouvons faire bénéficier nos clients de notre degré d'expertise et de notre savoir-faire.
HF : nous espérons répondre à des appels d'offres dans le secteur des déchets sur l'ensemble du territoire français. Nous avons récemment remis une première candidature à l'appel d'offre de la ville de Caen pour l'exploitation des centrales thermiques existantes et la modernisation de centrales afin d'augmenter l'efficacité énergétique. Nous espérons être parmi les trois premiers.
Comment se fait la communication avec vos partenaires français ?
MC : nous communiquons essentiellement en français ou en anglais et mettons tout en œuvre au sein de ”MVV Umwelt” pour que les collaborateurs impliqués dans les projets parlent français. C'est notre contribution pour une base solide d'une coopération équitable entre pairs.
HF : Nous suivons régulièrement des cours de français des affaires dans nos locaux et participons à des formations linguistiques intensives en France. La plupart d'entre nous sommes francophiles, ça nous aide beaucoup.
Le style de management français est un peu différent de celui qui existe en Allemagne. Avez-vous déjà été confrontés à des difficultés liées à la langue ou à la culture ?
HF : décrocher le combiné du téléphone pour parler français était un exercice déstabilisant au début !
MC : il faut considérer deux niveaux de difficultés : la différence de culture entre la France et l'Allemagne et la différence de culture d'entreprise au sein d'un même pays. Il est impératif que nous maitrisions la langue française certes mais il est important aussi de comprendre mutuellement nos deux façons de fonctionner et certaines subtilités du langage non-dit des Français afin que notre style de communication allemand assez concis, précis et direct ne vienne pas heurter nos partenaires.
Aussi à ”MVV Umwelt” le travail en équipe est primordial alors que la vision et décision du chef semblent prévaloir chez nos collègues français.
HF : à ce titre nous avons très prochainement une série de réunions dans le but d'optimiser les processus et d'établir des relations entre les collaborateurs français et allemands. C'est la clé de la réussite.
MC : nous sommes globalement très optimistes et très contents de vivre cette expérience franco-allemande. La coopération entre nos deux entreprises française et allemande, c'est comme le rapprochement entre un homme et une femme. Pour que leur union réussisse sur le long terme, ils doivent travailler sur leurs différences.
Interview réalisée par Valérie Keyser (www.lepetitjournal.com/francfort), jeudi 4 septembre 2014
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