

La journée internationale contre l'homophobie connue sous le nom de ?International Day Against Homophobia? (IDAHO) est célébrée dans le monde entier depuis 2005. L'initiative revient à un Français, Louis-George Tin, qui aujourd'hui gère la section française de l'association internationale des gays et lesbiennes. De nombreuses initiatives sont mises en place et des manifestations organisées un peu partout - dont à Francfort où la communauté gay et lesbienne est largement représentée - avec pour principal objectif d'encourager le respect des homosexuels.
Pourquoi le 17 mai ?
La date de la journée internationale contre l'homophobie a été choisie en mémoire du 17 mai 1990 où l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a supprimé l'homosexualité de la liste des maladies mentales et troubles du comportement. Une date importante dans l'histoire du XXe siècle qui permet de reconnaitre à part entière les homosexuels comme des personnes ?normales?. La date du 17.05 rappelle aussi l'ancien paragraphe 175 du code pénal qui sanctionnait les actes sexuels entre deux hommes.
Qui ne se souvient pas de Freddie Mercury, le chanteur britannique à la voix exceptionnelle du groupe de rock au succès planétaire, ?Queen? ? Emporté en 1991 par une pneumonie, soit un an après la décision de l'OMS, l'artiste adulé mais aussi quelquefois controversé, n'hésitait pas à afficher ouvertement ses préférences sexuelles jusqu'à la provocation parfois, malgré les balbutiements de la société vers une acceptation de l'homosexualité. Ce combattant et pionnier avant l'heure pour le respect et l'affirmation des différences, atteint du virus du sida laissera d'ailleurs avec son dernier titre ?Show must go on? une sorte de testament qui donne l'espoir de continuer, notamment à tous ses compagnons de route qui s'identifiaient par leur orientation sexuelle à l'artiste.
Même si le projet de loi ?Mariage pour tous? autorise dorénavant l'union des personnes de même sexe, les homosexuels demeurent encore victimes d'exclusion, de manifestation de haine et de rejet et ne sont pas toujours acceptés par l'ensemble des concitoyens. Comme pour faire un pied de nez à l'intolérance, la journée du 17 mai, qui essaie de faire prendre conscience de l'importance de l'acceptation des différences et encourage au respect d'autrui, est aussi dans le langage populaire, désignée comme ?Jour férié des homosexuels? et pourrait en quelque sorte véhiculer le message suivant : ?Ce jour-là, laissez-nous en paix !?

Réhabilitation de 500 000 gays condamnés après guerre
La journée internationale du 17 mai revêt cette année un caractère un peu particulier puisqu'une une loi annulant les condamnations et indemnisant les victimes homosexuelles condamnées après la Seconde Guerre Mondiale aux travaux forcés ou envoyées dans des camps de concentration, a été annoncée mercredi dernier par le ministre de la Justice Heiko Maas. Survenue un peu tard, une grande partie des condamnés pour homosexualité selon l'article 175 du Code pénal allemand, adopté en 1871 et renforcé par un texte nazi de 1935, étant décédée depuis longtemps, la loi qui va entrer en vigueur prend cependant une dimension très symbolique.
A Francfort, du football aux soirées des milles et une nuits?
Francfort, ville d'Allemagne où la communauté gay et lesbienne est composée de 40 à 50 000 homosexuels relativement bien intégrés, ville de la diversité, de la tolérance et du respect, organise chaque année une cérémonie de dépôt de gerbe sur la Klaus-Mann-Platz, au pied du mémorial des homosexuels persécutés. Elle a aussi depuis le 17 mai 2015, sa place Karl-Heinrich-Ulrichs-Platz en mémoire à Karl-Heinrich-Ulrichs (1825-1895), juriste, journaliste et éditeur allemand, pionnier du mouvement homosexuel qui a vécu plusieurs années à Francfort.

Et pour soutenir le mouvement en musique, voici quelques idées non exhaustives : le 17 mai à 18h, l'organisation Rainbow Fraport propose une soirée cocktail au Bar Lemons & Limes, Sheraton Frankfurt Airport, Hugo- Eckner-Ring 15, Francfort.
Le 21 mai à 23h, l'Orange Peel invite à une soirée orientale avec le DJ Sezer Ça?lar. La "1001 Gay Oriental Night" est un mélange audacieux de musique arabe, turque, des Balkans mais aussi de pop, house ou encore R'n'B. Les réfugiés paieront moitié prix. C'est au 39 de la Kaiserstrasse à Francfort. Une idée originale pour clore la semaine en dansant et participer à la lutte contre l'homophobie !
Valérie Keyser (www.lepetitjournal.com/francfort), mardi 17 mai 2016
Inscrivez-vous gratuitement à la newsletter
Suivez-nous sur facebook




