

Alors que ?Charlie? est encore très présent dans les esprits et sur les affiches collées sur les murs des écoles, le bilan des ateliers franco-allemands auxquels ont participé 150 élèves de trois établissements scolaires de Francfort ? la Ziehenschule, la Liebigschule et le Lycée Français Victor Hugo (LFVH) ? a réjoui un public nombreux composé d'invités prestigieux?
(Photo VK lepetitjournal.com/francfort)
Pascal Meyer, proviseur du Lycée Français Victor Hugo (LFVH) qui hébergeait la Journée franco-allemande le 22 janvier a même annoncé ?C'est mon c?ur qui parle. Aujourd'hui je suis un proviseur heureux?.
Il faut dire qu'au lycée, on avait mis les petits plats dans les grands? C'est la chancelière allemande Angela Merkel et le président français François Hollande (alias Apolline et Anastasia du LFVH) qui ont ouvert le bal des festivités et des présentations des ateliers des élèves, tous plus créatifs les uns que les autres dans la salle de conférence.
Des échanges actifs entre trois établissements scolaires francfortois au service de l'amitié franco-allemande
Si le Traité de l'Elysée signé en 1963 par Charles de Gaulle et Konrad Andenauer scelle l'amitié entre la France et l'Allemagne, ce ne sera qu'en 2004 que la date du 22 janvier sera déclarée officiellement ?Journée franco-allemande? par décision de Jacques Chirac et Gerhard Schroeder. ?Le 22 janvier marque un temps fort de la relation bilatérale entre la France et l'Allemagne, mais les initiatives devraient se poursuivre tout au long de l'année? souligne Pascal Meyer qui n'oubliera pas de remercier chaleureusement la communauté allemande pour son soutien lors des événements tragiques du 7 janvier à Paris.

Tous les discours des personnes officielles venues assister à la cérémonie dont Sophie Laszlo, Consule générale de France à Francfort, Rolf Knieling, francophone et francophile responsable de la KMK (Kultusministerkonferenz) pour l'AbiBac et Veljko Vuksanovic, Président de l'Ortsbeirat de Rödelheim, prônaient eux aussi les valeurs de démocratie et de tolérance. Parmi les invités, Marion Weßling-Bagel, directrice du Landesschulamt ainsi que Werner Fendel et Françoise Blank, anciens professeurs à l'origine de la coopération pour la "Journée franco-allemande" entre les trois établissements scolaires ? le Lycée Français Victor Hugo, la Ziehenschule et la Liebigschule - étaient aussi présents pour applaudir et féliciter les élèves.
Des ateliers binationaux très créatifs
Dès 9h30 et après un petit-déjeuner commun pris dans la cantine du LFVH, les jeunes Français et Allemands de la 6e classe et de 5e des trois écoles partenaires planchaient dans les ateliers binationaux de théâtre, musique, sport, arts plastiques tandis que les plus grands de la 13e classe se sont eux intéressés au sort des soldats coloniaux lors de la Première Guerre mondiale?. Ces derniers sont ainsi montés sur les planches du Gallustheater de Francfort pour une lecture franco-allemande, pendant que d'autres ont mené une réflexion sur le même sujet au Musée historique dans le cadre de l'exposition ?Portraits de prisonniers. Histoire et propagande pendant la Première Guerre mondiale? organisée avec le soutien de l'Institut Français d'Histoire en Allemagne. Chaque atelier était encadré par les classes de Seconde AbiBac et les participants s'exprimaient dans les deux langues, le français et l'allemand.

En début d'après-midi, dans la salle de conférence pleine à craquer et après le discours de présentation de deux élèves de 4e et du salut d'une chancelière allemande et d'un président français presque plus vrais que nature, le ton est donné par une série de sketchs d'improvisation sur la tolérance ou encore la jeunesse et une intervention en musique et en chant des classes de 4e du LFVH.
?Avec rien, on peut faire beaucoup de choses?
Répartis en groupes franco-allemands, tous les jeunes participants ont brillé d'inventivité. C'est ainsi que de nouveaux tracés de lignes de métro sont nés dans l'atelier ?Arts Plastiques? en forme de violon, d'ours de Berlin ou de chope de bière dressés sur une table à l'entrée de la salle de conférence.

?Le fil conducteur de cet atelier c'était le voyage au travers des cultures et du temps. Les élèves de la 6e classe et de 5e devaient imaginer de nouvelles lignes de métro. L'ours de Berlin est traversé par la Seine, le violon rappelle que la musique est commune aux deux pays, la chope matérialise l'idée culinaire et la ligne droite le passage de l'Allemagne à la France en toute simplicité? explique Sophie Diep, Française architecte de formation et professeur d'arts plastiques au Lycée Victor Hugo depuis 2006. ?Cet atelier a permis un apprentissage de nouveaux mots mais aussi de personnages célèbres. Je leur ai montré des supports, des plans afin de les aider dans leurs travaux mais voir travailler les jeunes Français et Allemands tous ensemble a été mon plus joli cadeau? poursuit l'enseignante. Et Sophie Diep de conclure, ?J'ai trouvé lors de la présentation des travaux en public, qu'avec rien on peut faire beaucoup de choses. C'est assez français. La journée au Lycée Français a été très intime, tout était charmant?.

(Photo VK lepetitjournal.com/francfort)
Felicitas von Kempis, originaire de Bonn a passé 20 ans à Paris avant de s'installer à Francfort. Aujourd'hui professeur d'allemand au Lycée Victor Hugo, c'est une des coordinatrices de l'atelier théâtre de la ?Journée franco-allemande?. ?J'ai rassemblé 14 élèves autour de l'initiation à l'improvisation à travers des jeux. La tolérance, la jeunesse ou la notion de vie ensemble sont les thèmes qui ont donné naissance aux différents sketchs présentés par les élèves? indique-t-elle.
La cérémonie s'est terminée sur fond de piano à queue avec des morceaux classiques interprétés par Raphaëlle, élève au LFVH et, la cerise sur le gâteau,? c'est que tous les participants aux ateliers se verront remettre un beau diplôme récompensant leur participation active à la ?Journée franco-allemande 2015?.
Valérie Keyser (www.lepetitjournal.com/francfort), jeudi 29 janvier 2015
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