

Si loin, si proche, cette crise. Elle concerne les Grecs, les Espagnols mais en même temps nous partageons la même monnaie, nous faisons partie de l'Union? Qu'a donc fait la Banque centrale curopéenne, quel est son point de vue face à la crise de la zone euro? Philippe Moutot, directeur politique monétaire à la BCE, à l'invitation de l'ADFE, a partagé son expérience devant un public attentif
Philippe Moutot donne le point de vue de la BCE vis-à-vis de la crise dans la zone euro, à l'invitation de l'ADFE (Photo: ALT)
Grâce à son indépendance, la banque centrale européenne a pu être réactive et lancer des mesures dites "non-conventionnelles", face à la crise budgétaire et monétaire qui touche l'Europe particulièrement depuis deux ans, " mais elle ne peut pas tout faire, et surtout pas toute seule! " Voilà le point de vue résumé de Philippe Moutot, directeur de la Direction Politique monétaire de la Banque centrale européenne, présenté lors d'une conférence à l'invitation de l'association Français du monde - ADFE Hessen, mercredi 14 mars.
Devant un amphithéâtre bien rempli à l'Institut for law and finance - un institut de l'université Goethe de Francfort, installé sur le campus Westend - cet économiste a défendu les actions de l'institution européenne sise à Willy-Brandt-Platz, face à la crise de la zone euro, comme la possibilité de prêts sans limite aux banques à taux fixe sur 36 mois ou l'intervention sur les marchés obligataires en mai 2010? Des mesures qui ont pu éviter l'extension de la crise en Italie ou en Espagne, d'après les graphiques présentés, mais sans montrer par exemple leur efficacité dans le cas grec, faute de recul.
La monnaie, une histoire de confiance
Pour les non-spécialistes venus en nombre assister à ce débat, ce fut l'occasion de mettre en perspective le rôle des banques et la moralisation de leurs pratiques, de regarder avec un peu de recul les bouleversements économiques que la zone euro a connu ces 10 dernières années, " une crise financière combinée à une crise des finances publiques, selon Philippe Moutot, cette dernière ayant été prévue par la BCE qui a alerté plusieurs fois les Etats-membres de l'Union ". Ce directeur de la BCE a surtout défendu l'indépendance et l'importance à ses yeux de la confiance du public en cette institution, gages de réactivité face à un mode de fonctionnement naturellement lourd d'une union monétaire entre 17 pays et d'une union politique et économique à 27.
Anne Le Troquer (www.lepetitjournal.com/francfort) vendredi 16 mars 2012{jcomments on}






