Édition internationale

ALLEMAGNE – Du bio venu d’ailleurs

Écrit par Lepetitjournal Francfort
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 5 janvier 2018

Après une stagnation en 2009, le marché bio allemand est de nouveau en pleine expansion. Selon l'Union allemande des producteurs, transformateurs et distributeurs bio (BÖLW), il faudrait construire 10.000 exploitations agricoles bio supplémentaires pour couvrir la demande intérieure qui dépasse nettement l'offre en aliments bio produits dans le pays. Une situation qui contraint de nombreux commerçants à recourir à l'importation

De plus en plus prisés Outre-rhin et plus particulièrement chez les jeunes générations, les produits d'alimentation bio connaissent un nouveau boom. En 2011, on comptait en Allemagne près de 23.000 exploitations agricoles biologiques, soit 4,8 % de plus qu'en 2010.

Les jeunes générations se mettent au bio
D'après la toute dernière étude Ökobarometer 2012, réalisée à la fin du mois de janvier à la demande du ministère fédéral de l'Alimentation, de l'Agriculture et de la Protection des consommateurs, on observe une évolution constante du comportement des consommateurs de bio. Ce mode d'alimentation ne concerne plus seulement les catégories sociales aisées, il touche désormais aussi les plus jeunes générations. Après les récents scandales alimentaires survenus en Allemagne, le bio a, en effet, vu son capital confiance augmenter et est de plus en plus associé à une alimentation saine et responsable. Selon les résultats de l'étude Ökobarometer 2012, publiés au mois de février, 71 % des sondés âgés de moins de 30 ans disent aujourd'hui acheter des produits bio. Parmi eux, 16 % affirment se nourrir exclusivement ou presque de ces marchandises. Face à ce phénomène ; véritable aubaine pour les distributeurs, les discounters allemands se sont, depuis plusieurs années, emparés du marché bio, provoquant une hausse de la demande ? et des pénuries dans la production nationale, qui peine à combler cette brusque croissance.

Surfaces agricoles rares et subventions supprimées
Ainsi, alors que la demande intérieure de produits d'alimentation bio de base comme les légumes et céréales a triplé en Allemagne au cours des dix dernières années, la surface cultivable dédiée à l'agriculture biologique n'a fait que doubler. Accusés de produire trop peu, les agriculteurs bio allemands dénoncent aujourd´hui les politiques agricoles mises en place en Allemagne et plus particulièrement dans certaines régions.

Nombreux sont ceux qui souhaiteraient étendre leur production et se tourner vers une agriculture essentiellement biologique mais l'incertitude quant à l'obtention de subventions met un frein à ces projets. Pour Felix Prinz zu Löwenstein, l'actuel président de l'Union allemande des producteurs, transformateurs et distributeurs bio (BÖLW), les Länder n'ont pas su fournir de réponses adaptées à ce boom du marché bio allemand : "Ainsi la région de Brandebourg a décidé de ne pas renouveler les subventions destinées à une reconversion de la production locale vers une agriculture biologique, pire le Schleswig Holstein et le Bade-Wurtemberg ont tout bonnement supprimé les aides versées aux exploitations bio déjà existantes". La faible proportion d'exploitations agricoles bio en Allemagne, par rapport à la forte demande intérieure, est également due à la hausse constante des installations de biogaz qui réduisent encore le nombre de surfaces agricoles libres.

Des pommes bio venues de Nouvelle-Zélande
La mise en place de telles politiques combinée à l'expansion croissante du marché implique d'avoir massivement recours à des produits importés. En 2011, la moitié des carottes et pommes bio vendues outre-Rhin ne provenaient, en effet, pas de producteurs locaux. De même,  26% des pommes de terre et 15 % des céréales portant la dénomination bio étaient issues de l'importation. Parmi les pays profitant le plus de cette situation, on compte l'Italie, l'Argentine, la Roumanie et la Nouvelle-Zélande. Pour Felix Prinz zu Löwenstein, le recours à l'importation favorise les risques de contaminations. Les produits étiquetés bio sont parfois loin de l'être. Une production essentiellement locale ainsi que l'introduction d'un label régional comme le préconise Ilse Aigner, la ministre fédérale de l'Agriculture, contribueraient à réduire considérablement ces risques.

Laurie Tierce (www.lepetitjournal.com/cologne) Mardi 24 avril 2012

SOURCES :
Der Tagesspiegel  http://www.tagesspiegel.de/wirtschaft/bio-luecke-warum-deutschland-bio-lebensmittel-importieren-muss/6207036.html
Die Süddeutsche Zeitung http://www.sueddeutsche.de/leben/skandal-um-bio-lebensmittel-kontrolle-ist-alles-1.1231196
http://www.boelw.de
http://www.oekolandbau.de (Résultats de l'étude « Ökobarometer 2012 » en allemand)
http://www.biofach.de/


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Publié le 24 avril 2012, mis à jour le 5 janvier 2018
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