Édition internationale

50 ANS TRAITE ELYSEE - L'avenir des universités allemandes et françaises

Écrit par Lepetitjournal Francfort
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 23 avril 2013

Les célébrations des noces d'or entre Berlin et Paris se poursuivent, notamment à l'université Goethe de Francfort ce 19 avril. L'installation de l'Institut français d'histoire en Allemagne sur le campus Westend fut l'occasion de s'interroger sur le futur commun des universités.

La conférence organisée conjointement par l'université Goethe et l'IFHA a attiré une centaine de personnes (©ALT/www.lepetitjournal.com/francfort)

Les oreilles des dirigeants de la deutsche Bahn et de la SNCF ont dû siffler à plusieurs reprises ce vendredi 19 avril. Un quart des invités de l'Institut français d'histoire en Allemagne et de l'université Goethe de Francfort n'ont pu honorer de leur présence la conférence célébrant les 50 ans du traité de l'Elysée ainsi que l'installation officielle de l'institution française au sein du Campus Westend, leur train Paris-Francfort ayant été supprimé à la dernière minute. Un désagrément qui se produit assez régulièrement sur la ligne, faute de personnel et de matériel en état de rouler suffisants, selon plusieurs sources internes à ces deux entreprises de chemin de fer.

Un événement qui souligne d'un autre côté combien il est devenu naturel de traverser rapidement la frontière et combien les relations ferroviaires entre Paris et Francfort se sont installées dans le quotidien. Qu'en est-il des relations entre universités? Tel était le thème de cette commémoration qui a rassemblé une centaine de personnes dans le Casino du nouveau campus francfortois, l'un des plus beaux d'Allemagne, autour de Werner Müller-Esterl, président de l'université Goethe et Pierre Monnet, directeur de l'Institut français d'histoire en Allemagne (article à (re)lire sur l'institut ici)

A la question " Comment construire un avenir commun pour les universités françaises et allemandes en Europe? ", cet exposé à plusieurs voix a d'abord mis en avant le fait que des deux côtés du Rhin les systèmes universitaires viennent de vivre de grandes réformes, amenant plus d'autonomie et de spécialisation. Pierre Monnet a ensuite remarqué que si l'on pouvait être fier du travail bilatéral accompli, il en restait encore beaucoup à faire dans ce domaine, notamment concernant la mobilité estudiantine.



Joséphine Brault et Maxence Grimbert-Barré ont interprèté des Märchenbilder de Schumann ainsi qu'une composition personnelle (©ALT/www.lepetitjournal.com/francfort)



Eveilller le plus tôt possible l'intérêt pour le voisin
Parmi les interventions les plus applaudies, celle d'Annegret Kramp-Karrenbauer, ministre-présidente de la Sarre et plénipotentiaire de la République Fédérale d'Allemagne chargée des relations culturelles dans le cadre du Traité sur la coopération franco-allemande, qui a rappelé la construction des premières coopérations universitaires entre la Sarre et la Lorraine, les premières formations franco-allemandes. " L'université franco-allemande (UFA, dont le siège est à Sarrebrück depuis la naissance de ce réseau de 130 cursus en France et en Allemagne en 1997) ne doit pas être considérée comme une annexe du programme OFAJ ", a-t-elle notamment défendu, avant de poursuivre sur l'essentiel à faire, selon elle, dans les années à venir : éveiller le plus tôt possible l'intérêt pour le voisin avec la multiplication de crèches bilingues.

L'occasion aussi pour plusieurs intervenants d'adresser un message politique aux gouvernants de deux pays : les systèmes universitaires ne doivent pas pâtir des mesures d'austérité, à l'heure le chômage des jeunes en Europe n'a jamais été aussi élevé. Ainsi, malgré des organisations et cultures très différentes, les réunions régulières entre les conférences des recteurs d'universités allemandes et françaises ont abouti à des partenariats concrets comme des co-diplômes, des conférences et projets de recherche transfrontaliers ou la cartographie annoncée de toutes les facultés allemandes et françaises en fonction de leur spécialités. "On peut craindre une certaine banalisation des relations franco-allemandes, a déclaré Jean-Pierre Finance, ancien président de la conférence françaises des présidents d'université (CPU). Mais ce n'est pas un partenariat comme les autres, le baromètre de nos relations est un bon indicateur de temps qu'il va faire en Europe !"

Anne Le Troquer (www.lepetitjournal.com/francfort) mardi 23 avril 2013

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Publié le 22 avril 2013, mis à jour le 23 avril 2013
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