

L'institut Français de Mayence expose des dessins de Jean-Claude Coenegracht inspirés par le carnet de guerre de son grand-père, ainsi que des photos de Rolf Stolz.
Jean-Claude Coenegracht devant un portrait de son grand-père. Le peintre a représenté la blessure de guerre par une tache.
Jean-Claude Coenegracht vivait dans la même maison que son grand-père Pierre Truillet, à Liège en Belgique: ?Il faisait vraiment partie de ma vie, or il ne m'a jamais parlé de son expérience de la guerre?. Lorsque, suite au décès de ses parents, le peintre entreprend de vider la maison familiale, il tombe sur un carnet tenu par son grand-père pendant la première guerre mondiale, mais surtout, il tombe des nues : ?Je connaissais un homme simple, qui avait mené une vie ordinaire et j'avais du mal à croire que c'était le même qui décrivait dans ce journal les atrocités de 14-18?. Inspiré par le carnet de son grand-père et armé de ses pinceaux, Jean-Claude Coenenberg donne libre cours à son imagination : ?Comme il n'avait jamais rien raconté, j'ai supposé qu'il avait dû être hanté par des cauchemars. Ce sont eux que j'ai peint, à l'encre de Chine et à l'aquarelle?.
Des dessins et des photos
Une sélection de ces dessins ?apocalyptiques? (comme les décrit leur auteur) sont exposés à l'Institut Français de Mayence jusqu'au 16 janvier prochain. À leurs côtés, des photos de l'Allemand Rolf Stolz retracent le chemin parcouru par le soldat de la Grande Guerre. Le fameux carnet de Pierre Truillet, également exposé à l'Institut Français, a impressionné Rolf Stolz : ?L'auteur est musicien, c'est donc un artiste, mais il n'essaie pas de faire de la grande littérature. Il se pose la question fondamentale ?qu'est-ce qui nous arrive ? ?. Et le photographe d'attirer l'attention sur la spécificité belge du témoignage : ?C'est un petit pays, et il était neutre. On sent dans le carnet que les Belges pensaient que la guerre allait contourner leur pays. Or celui-ci a été transformé en champ de bataille et il a subi de très lourdes destructions?.
Le courant est passé entre le peintre belge et le photographe allemand
Mais comment le peintre belge et le photographe allemand se sont-ils connus et ont-ils décidé de créer une exposition ensemble? ?Nous nous sommes rencontrés à Cologne lors du finissage -une charmante coutume allemande, en France et en Belgique on ne fête que le vernissage- d'une de mes expositions?, répond Jean-Claude Coenegracht. Le courant est visiblement passé entre les deux artistes, malgré les origines et les langues différentes. ?Je suis né en Wallonie mais mes ancêtres viennent de Flandres ; j'ai l'habitude de dire que je viens de nulle part? sourit Jean-Claude Coenengracht, ?cela me permet de me sentir partout chez moi?, y compris à Mayence lors du vernissage de l'exposition ?Ecce Homo?.
Dominique Petre, (www.lepetitjournal.com/francfort), lundi 9 décembre 2013
L'exposition ?Ecce Homo ? Kriegstagebuch 1914? est visible jusqu'au 16 janvier 2013 à l'Institut Français, Schillerstr. 11, 55116 Mainz. Elle est ouverte du lundi au vendredi de 9h30 à 13h et de 14h30 à 18h.
(Photos DP lepetitjournal.com/francfort)




