AHMAD MARANDI - Un Iranien domicilié à Gießen traduit les poèmes de Fereydoun Moshiri en allemand

Par Lepetitjournal Francfort | Publié le 26/11/2013 à 23:00 | Mis à jour le 27/11/2013 à 02:46

Dr. Ahmad Marandi, traducteur et interprète assermenté, habitant à Gießen depuis presque 50 ans, a accompli un rêve en traduisant des poèmes de Fereydoun Moshiri (1926-2000) en allemand. Une première, puisque ce poète très populaire en Iran a déjà été traduit et publié en anglais et en français, mais pas encore en allemand.

(Photo IF lepetitjournal.com/francfort)

De l'agronomie aux langues et à la littérature
Né en 1941 à Téhéran, Ahmad Marandi s'installe à Gießen pour faire des études d'agronomie. Adolescent, il passait ses vacances d'été chez une tante habitant la campagne, où il a ressenti la nécessité des réformes profondes de l'agriculture iranienne. En même temps, il rêvait comme beaucoup de ses camarades de partir, d'aller à l'étranger. Le choix s'est porté sur Gießen dont l'université était une des premières à offrir cette discipline. Après son doctorat en sciences agricoles, il rentre en Iran en 1970, mais ne trouve pas d'opportunités professionnelles. Il retourne donc définitivement en Allemagne, où il ne peut pas non plus travailler dans l'agriculture, mais où on lui offre très vite la possibilité d'enseigner l'allemand comme langue étrangère. Comme sa façon d'enseigner, mais aussi sa serviabilité concernant tous les problèmes linguistiques de ses compatriotes sont très appréciées, il se fait vite un nom, et le job accessoire se transforme peu à peu en une vraie carrière au sein de la ?Volkshochschule?, où il devient responsable du secteur ?langues?. Il occupe cette fonction jusqu'à sa retraite.

Une passion particulière pour la traduction
Marandi a une maîtrise remarquable de la langue allemande, quand on sait qu'il n'a commencé à l'apprendre qu'après son bac, tout d'abord à l'Institut Goethe à Téhéran et plus tard au ?Studienkolleg? de Darmstadt ; un de ses maîtres de stage était d'ailleurs d'un soutien important : il l'aidait, le corrigeait et l'encourageait. Parallèlement, Marandi aime lire : il aime comparer la traduction avec son texte original, et ainsi est née une grande admiration pour le poète allemand Friedrich Rückert qui maîtrisait de nombreuses langues ; la découverte de la traduction de 67 poèmes du grand poète persan Hafis (14ième siècle) en allemand par Rückert a représenté un tournant décisif pour Marandi. C'est d'ailleurs Hafis qui a inspiré Goethe à écrire son ?Divan occidental- oriental?. À Weimar le monument Goethe- Hafis, avec des vers de leur ?uvre respective, contribue à garder le souvenir de leur "parenté spirituelle".

?Nous aimons, donc nous sommes? (allemand : ?Wir lieben, also sind wir?)
Ce n'est pas par hasard que Marandi a choisi ces mots - le vers final du poème ?Nous aimons? de Moshiri, comme titre de sa publication. Dans ces mots se reflète d'une part la grande affinité entre les cultures persane et européenne : l'allusion à Descartes ?Je pense, donc je suis? et à Camus ?Je me révolte, donc je suis? évoque la longue tradition commune ; ce n'est qu'à l'époque des Lumières que les chemins se sont séparés et que les deux cultures se sont développées de façon différente. En choisissant cette devise, Marandi souligne l'importance de l'esprit, de la raison et de la clarté. D'autre part, il met l'accent sur le sujet primordial de Moshiri : les risques du temps de la télécommunication, à savoir le manque d'amour, l'anonymat dans les grandes villes et le froid social. D'ailleurs Marandi a dédié son livre à sa femme allemande, Ingeborg, à la fois sa compagne bien-aimée et critique la plus sévère de son travail.

Lors d'un voyage en Iran, Marandi a été impressionné par la popularité de Moshiri : les jeunes citaient et chantaient ses vers pendant des fêtes, et Marandi a éprouvé même de la honte de ne pas pouvoir les chanter avec eux. Alors depuis des années déjà il s'occupe de l'?uvre du poète et souhaite le faire connaître aussi dans sa deuxième patrie, l'Allemagne. Le premier pas est fait avec la publication de son livre.

Ingrid Frieg (lepetitjournal.com/francfort) mercredi 27 novembre 2013

(Dr. Ahmad Marandi), a.marandi@t-online.de
Tel. +49(641) 4955200

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