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LEA GIACOMELLI – « Les bénéfices de l’étranger effacent les côtés négatifs du retour »

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 30/07/2015 à 19:00 | Mis à jour le 06/01/2018 à 16:12

 

Le retour, quelle que soit la durée du séjour, demeure une étape cruciale et remplie de surprises. C'est ce qu'explique Léa Giacomelli, tout juste diplômée, après deux allers-retours entre l'Australie et la France.

Dans le cadre de son cursus universitaire à Sciences Po Paris, Léa effectue deux séjours en Australie. « Je suis partie 13 mois à Sydney, puis suis revenue un an en France, avant de repartir 7 mois à Canberra » explique-t-elle. Son départ est motivé par son envie de découverte d'un pays qui la passionnait depuis l'enfance. Elle souhaitait également se confronter à la réalité, le mythe de l'eldorado australien.  Ses deux retours successifs étaient planifiés dès le départ. Ils ont pourtant été riches en émotions, et redécouvertes.

« Cultiver le choc du retour »

Pour son premier retour en France, Léa a choisi de faire une surprise à ses parents. « J'ai mis en scène mon retour. Je suis allée sonner à leur porte quelques jours avant la date prévue » raconte-t-elle. « Je voulais cultiver le choc du retour » poursuit-elle. De quoi ravir sa famille et couper court avec la tristesse du retour.

« La première fois a été plus facile pour moi, puisque j'étais certaine de repartir » explique Léa. Elle a donc abordé cette expérience plus sereinement. En revanche, le second a laissé davantage de place à l'incertitude.

« A chaque fois, je me suis réellement préparée un mois avant de rentrer. Je mettais à jour mon CV, mes cours et dossiers, et je préparais des lettres de motivation ». Léa est revenue en France sans avoir opéré de préparation drastique. Grâce au cadre administratif qu'offre l'université, certaines démarches ont été facilitées. Léa a alors pu davantage se concentrer sur le plan émotionnel de son retour. 

 « Deux jours de repos, deux semaines d'émerveillement, deux mois de déprime »

Une fois rentrée, c'est le mot « touriste » que Léa choisit pour se qualifier.  « J'ai été très dynamique dès les premières semaines. Je sortais beaucoup, j'ai vu beaucoup de monde» dit-elle. Autant d'occupations qui ont amorti le choc et la tristesse du changement d'environnement.

Ce dynamisme a pallié à ses angoisses pré-départ. « J'avais peur de tout comparer, tout le temps » explique Léa. Elle appréhendait également les questions des autres sur son séjour, et de ne pas savoir y répondre. « J'avais peur qu'on me trouve trop discrète, car je ne voulais pas surjouer le côté expat » dit-elle.

La phase d'émerveillement, et de redécouverte des petits plaisirs français, a néanmoins été de courte durée. L'euphorie est retombée au bout de quelques semaines, cédant la place à la nostalgie.

 Quand les clichés prennent vie

« Certains clichés, que je n'avais jamais vraiment remarqués auparavant, ont pris vie. Au niveau micro, comme au niveau macro » explique Léa. 

Certaines choses lui ont sauté aux yeux directement, comme la lourdeur administrative, la pression de la vie parisienne, ou encore le mauvais goût du café. Le côté « frileux » de la France, quant aux initiatives et aux nouveaux projets, les rigidités  du monde du travail, l'ont également marquée.

Pour autant, Léa se rend compte qu'il est « trop facile de dénigrer la France ». Le pays bouge et se modernise. « Rien qu'en un an, j'ai pu observer des changements » dit-elle. « Opter pour une dynamique positive dès le retour prend juste un peu de temps, mais je me sens tributaire d'un système éducatif qui m'a donné cette chance de partir. Pour moi c'est à cela que sert l'expatriation : ramener les meilleures idées en France ! » continue-t-elle.

Malgré les allers-retours émotionnels,  Léa estime que « les bénéfices de l'étranger ont eu tendance à effacer les côtés négatifs du retour ». Elle a d'ailleurs pour projet de repartir dès septembre 2015, probablement pour Canberra.

Si elle a un conseil à donner à ceux qui rentrent, il est le suivant : s'occuper, s'activer coûte que coûte, au moins durant les premières semaines !

Mélanie Volland (www.lepetitjournal.com) vendredi 31 juillet 2015

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