

A la tête de Donau Chemie, Alain de Krassny vit à Vienne depuis plus de 20 ans. Il apprécie de l'Autriche sa courtoisie, la qualité des relations sociales et sa douceur de vivre. Très impliqué dans la vie d'affaires, cet entrepreneur passionné sera à l'honneur de la 3ème Journée des Français de l'étranger organisée par le Sénat le 5 septembre
Voilà plus de vingt ans qu'Alain de Krassny est installé en Autriche et il continue à apprécier chaque douceurs de Vienne. "La vie y est paisible, constate-t-il, les gens courtois et bienveillants. Il n'y a aucune violence urbaine, et la vie culturelle est intensément riche."Mieux encore pour ce patron de plus de 800 personnes, les relations sociales sont bien plus agréables qu'en France : "comme l'éventail de salaires est nettement plus resserré, il y a moins de revendications sociales : on travaille dans une excellente ambiance. Ici, les éventuels conflits se règlent autour d'une bière.
Purement autrichienne, Donau Chemie vit au rythme, à la culture et à la fiscalité du pays ?clairement plus avantageuse qu'en France, admet ce natif de Nice.
Ancien cadre de Rhône Poulenc, il a racheté Donau en 1997, dont il a doublé depuis le chiffre d'affaires -250 millions d'euros en 2008. Pas question pour autant d'envisager sa retraite : "quand on est propriétaire, on ne s'arrête pas". Il attend juste qu'un des sept enfants qu'il partage avec sa seconde femme puisse prendre la relève. Ils sont trop jeunes pour l'instant, vivent tous en Autriche et viennent de passer trois semaines de vacances ensemble vers Avignon.
Parce qu'Alain de Krassny veut leur faire découvrir les beautés de la France à sa famille, pas parce que la France lui manque : "j'ai compris il y a bien longtemps que pour être un expat heureux, il fallait se concentrer sur ce qu'apporte le pays d'accueil, pas sur ce qu'on pourrait regretter."
Le sens du commandement
Porté par cet enthousiasme, Alain de Krassny est très investi dans la vie d'affaires de Vienne. Il a notamment contribué à la création de la chambre de commerce Franco-Autrichienne en 1989 dont il a pris la Présidence en 1991 ?et la conserve depuis. Conseiller du commerce extérieur, il préside également la Société d'Assistance des Français en Autriche qui aide des ressortissants en difficulté pour lesquels le consulat n'a plus de recours. Grâce à ces différentes fonctions, l'homme est bardé de décorations et trouve que plus le temps passe, plus il devient sensible à ce genre de reconnaissances.
Ainsi, lorsqu'il a été fait Chevalier de la Légion d'honneur en 1996, il a eu du mal à terminer son discours : "c'est une consécration émotionnelle qui oblige à un retour sur soi-même où on se demande ?ai-je fait tout ce que j'ai pu pour être juste ?". Neuf ans plus tard, pour la médaille d'Officier, c'était déjà plus simple.
Alain de Krassny est un pragmatique lucide. Dont la première grande décision a été d'abandonner la recherche dans les années 70 parce qu'il ne s'y sentait pas très doué. Réorientation vers le business qui là lui allait bien, et lui convient toujours : "Etre entrepreneur signifie qu'on peut bâtir des choses, et je n'ai de plus gros plaisir que construire un atelier ou acheter une société", explique-t-il.
D'ici la fin d'année, il veut installer un autre directeur à sa place, tandis qu'il prendrait lui-même la présidence du conseil de surveillance pour se consacrer aux stratégies de développement. Ce qu'il adore : "je suis devenu un entrepreneur pur et dur, je ne suis pas un diplomate mais je pense avoir le sens du commandement tout en m'efforçant de garder l'éthique d'un juste."
Betty RUBY. (www.lepetitjournal.com) mardi 1er septembre 2009

