

La décision de partir en expatriation repose souvent sur la qualité de l'enseignement délivré dans le pays d'accueil. Pour certains, le choix sera radical : pas d'école française, pas de départ ! Alors que d'autres, au contraire, seront enthousiastes à l'idée de scolariser leurs enfants dans un système international ou local
Bien que le réseau des écoles françaises à l'étranger soit constitué de 450 établissements, il n'en reste pas moins que les villes secondaires de nombreux pays sont très souvent dépourvues d'établissements délivrant un enseignement en français. Alors partir ou pas dans ces conditions ?
C'est parti !
En choisissant de scolariser son enfant dans une école locale, les parents lui offrent une formidable opportunité d'apprendre et de maitriser une seconde langue et par là même de mieux appréhender la culture locale en plus de se confronter à une autre forme de pédagogie. Virginie, expatriée à Chicago depuis 2008, n'y a pas réfléchi à deux fois : "mon mari et moi avons beaucoup discuté de nos valeurs et de ce que nous voulions inculquer à nos enfants en termes d'éducation. Il est très clair que pour nous cette expatriation aux Etats-Unis avec de jeunes enfants était une chance. Nous voulions que nos filles en profitent pour apprendre l'anglais. C'est donc sans hésiter que nous les avons inscrites dans une école américaine ".
L'école américaine, un passeport pour le bilinguisme : Olivier raconte : "J'ai vécu plus de deux ans sur la côte ouest avec ma femme, mes trois enfants. Mes deux garçons étaient à l'école américaine. Ils se sont adaptés parfaitement. Les enfants deviennent bilingue en un an tout au plus et avec l'accent américain en prime, pas comme nous les francophones. Le niveau de l'école est tout à fait honorable."
(photo AFP) L'école internationale au Sri Lanka, l'élève au centre de l'école : Lucie, expatriée à Colombo avec ses 4 enfants explique : "Nous avons choisi ce système scolaire car il n'y avait pas d'école française dans notre ville. Ce changement s'est imposé à nous. Et finalement nous sommes très satisfaits. Les enfants sont devenus bilingues en 6 mois. L'école est un lieu de vie à part entière où les enfants suivent leur scolarité mais sont aussi stimulés pour participer à un grand nombre d'activités sportives, artistiques, bénévoles... L'élève est au centre de l'école et de la préoccupation de tous, il y a un échange permanent entre les professeurs, les élèves, les parents et l'équipe administrative. L'objectif est de préparer les enfants à devenir des adultes responsables, citoyens, capables de s'informer et de traiter l'information afin de développer leur esprit critique et leur libre pensée."
Assurer la continuité des apprentissages franco-français
Mais en étudiant dans une structure locale, l'élève sort complètement du cursus hexagonal. Son niveau de français et de culture générale a tendance à baisser et les années passées dans une école locale ne sont généralement pas reconnues par l'éducation nationale française.
Agnès, qui a vécu dans le Michigan sept ans avec des enfants arrivés aux Etats-Unis respectivement à l'âge de 3 et 5 ans et repartis âgés de 10 et 12 ans, a choisi de faire confiance à ses enfants : "Mes enfants ont été scolarisés uniquement en école américaine. Le retour en France a été dur les premiers 4 mois. Ils parlaient à peu près le français mais ne l'écrivaient pas et le lisaient très difficilement? Mais ils ont fini par rattraper leur retard et à la fin de la première année scolaire ils étaient complètement à niveau. Les enfants ont une capacité d'adaptation exceptionnelle !"
Myriam, actuellement à Hong Kong, dont les enfants ont passé 9 ans dans des écoles internationales, a choisi de pallier aux déficiences : "il est impossible de réintégrer le système français après un long passage en école internationale sans faire très sérieusement le Centre National d'Enseignement à Distance, du moins pas pour des collégiens et des lycéens".
Un lycée français sinon rien !
Le système d'enseignement local peut atteindre très vite ses limites et entrainer une séparation douloureuse. Pierre de Boston raconte :" J'ai été expatrié 3 ans à Boston (USA). La seule place disponible pour ma fille, 16 ans et demi , qui entrait en terminale, était "au bout du monde" (le sud des USA). J'ai dû laisser ma fille à Paris, chez ma s?ur, et la rencontrait chaque trimestre. Si elle avait été plus jeune, j'aurais démissionné!". Même cas de figure pour Camille qui a du mal à envisager d'aller vivre à Göteborg où se trouve le siège de l'entreprise de son mari. " Mon fils est aujourd'hui au collège. Même si nous sommes expatriés depuis sa naissance, il a toujours été scolarisé en école française. Je ne me vois pas le basculer dans le système international à ce stade de sa scolarité. Si nous sommes obligés d'aller vivre en Suède, je le scolariserais très certainement à Paris où résident mes parents, la mort dans l'âme."
Même si les enfants ont une capacité d'adaptation importante, le changement de système éducatif peut être perturbant. Un de nos lecteurs explique : "Pour nous qui changeons de pays tous les 3 ans, il est impossible de scolariser nos enfants en école locale. Changer de langue et de système éducatif aussi souvent est trop perturbant."
Claire Largillière (www.lepetitjournal.com) lundi 4 avril 2011
A lire également dans nos éditions précédentes :
Comment revenir à l'enseignement en français ?
Expats - Pourquoi choisir une école internationale
Enseignement à distance- Comment-choisir ?

