Édition internationale

CAMPUS FRANCE - Quelle place pour l'enseignement supérieur français à l'international?

Écrit par Lepetitjournal.com International
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 11 mars 2016

Avec 12 installations à l'étranger, la France est le quatrième pays exportateur de campus internationaux derrière les Etats-Unis (77), le Royaume-Uni (30) et l'Australie (17). Mais la projection de l'enseignement supérieur français cache en réalité un dispositif plus complexe et une offre multiple. 

Les écoles de commerce en force

Campus France a établi une cartographie qui recense tous les établissements français implantés à l'étranger. Les écoles de commerce sont plus avancées dans le développement d'établissements types « campus multi-sites » que les universités ou les écoles d'ingénieurs. Dans ce type de campus, l'enseignement et l'organisation sont identiques à l'établissement d'origine. Sur 37 campus multi-sites à travers le monde, 27 sont des campus d'écoles de management, en Asie, en Europe et en Amérique du Nord. Skema Business School s'est implantée depuis 2010 à Raleigh aux Etats-Unis. En plus des installations « campus multi-sites », les écoles de commerce développent aussi des partenariats avec d'autres écoles comme le Campus de l'EM Lyon à Shanghai qui est hébergé par l'East China Normal University. Les étudiants ont ainsi l'occasion de passer six mois en Chine dans le cadre de leur cursus. 

« Un dispositif foisonnant » 

En plus de ces délocalisations classiques, les différents établissements passent des partenariats avec des universités à l'étranger sous forme d'un double-diplôme. La mobilité internationale est obligatoire dans la formation, c'est à ce jour le dispositif le plus développé par les universités du fait de son enseignement à faible coût. Selon le rapport sur la coordination internationale du ministère des Affaires étrangères et du ministère de l'enseignement supérieur de janvier 2014, le dispositif d'internationalisation de l'enseignement supérieur est « multiple et foisonnant ». Une grande université de province gère environ 150 accords actifs avec des universités à l'étranger. Depuis le processus de Bologne en 1999 qui associe 47 pays européens, l'harmonisation des systèmes universitaires sous forme de crédits ECTS transposables a encouragé la mobilité internationale et facilité les échanges universitaires. Des universités peuvent aussi être délocalisées complètement. C'est le cas de l'Université Paris-Sorbonne qui s'est dupliquée aux Emirats Arabes Unis à Abou Dhabi. Elle a le statut d'un établissement public de droit émirien avec un financement de l'émirat. 

Sciences et Technologies, une discipline qui s'exporte bien 

Les universités et les écoles d'ingénieurs privilégient les accords gouvernementaux avec les pays d'accueil. Rien qu'en Asie, sur les 21 établissements créés par un accord bilatéral, 12 sont des établissements qui enseignent les sciences et la technologie. Fondé en 1999 à Shanghai, l'Institut franco-chinois d'ingénierie et de management est un institut à but non lucratif, financièrement autonome et autofinancé. Il a été fondé par l'Ecole nationale des Ponts et Chaussées (ENPC), ParisTech et l'Université Tongji. Par comparaison, l'Institut franco-chinois (IFC) de Renmin en Chine est le seul institut d'Asie de coopération développée dans le domaine des sciences sociales. L'IFC de Renmin, qui date de 2010, est le résultat d'un accord passé entre l'Université Paris-Sorbonne, des établissements d'enseignement supérieur français (Université Paul-Valéry-Montpellier 3, Kedge Business School) et l'Université de Renmin, classée parmi les trois meilleures universités du pays.  

 

Cartographie des implantations des établissements français à l'étranger selon Campus France 

Le Cordon Bleu, présent sur tous les continents 

Les instituts de gestion hôtelière et de formation culinaire français s'exportent également très bien. L'école Le Cordon Bleu a aujourd'hui un réseau de plus de 50 établissements présents dans 20 pays. Ils accueillent 20.000 étudiants chaque année dont 90% sont étranger. Son implantation est particulièrement remarquable en Amérique du Sud, avec 8 campus au Mexique et un autre à Lima au Pérou. Fondée en 1895, l'école s'impose aujourd'hui comme le principal promoteur d'un formation française en gastronomie et dans les métiers du vin, de l'hôtellerie et du tourisme en s'implantant partout dans le monde notamment en Nouvelle Zélande.  

L'Ecole Vatel jouit aussi d'une bonne représentation à l'étranger avec des établissements en Amérique du Sud (Mexico et Montevideo), en Afrique (Tunisie et Rwanda) et au Moyen-Orient en Israël. Spécialisée en management de l'hôtellerie et du tourisme, l'Ecole Vatel diffuse le savoir-faire français à travers le monde depuis 2002 avec la création de campus à Bangkok, Tunis et Mexico.

Une sous-représentation en Amérique latine 

Très peu présent en Amérique latine, l'enseignement supérieur français ne dispose que d'un seul campus en école de management, celui de Skema Business School au Brésil à Belo Horizonte depuis septembre 2015, et aucun établissement en science et technologies et droit / économie. 

Selon France Stratégie, l'enseignement supérieur devrait se doter d'une stratégie mieux pensée, quitte à faire payer les ressortissants non européens, viser une meilleure rentabilité de l'enseignement supérieur pour réinvestir dans des bourses d'études, améliorer les services et la qualité de l'offre. Selon les auteurs du rapport sur l'internationalisation de l'enseignement supérieur, l'entrée dans une logique marchande est indispensable au maintien de la France dans les premières places du classement des exportateurs de campus. 

Mathilde Poncet (www.lepetitjournal.com) - jeudi 10 mars 2016

logofbinter
Publié le 9 mars 2016, mis à jour le 11 mars 2016
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