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AEFE – Hélène Farnaud-Defromont: "Le modèle d’enseignement français attire"

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 27/08/2014 à 18:18 | Mis à jour le 28/07/2014 à 15:38

Hélène Farnaud-Defromont, directrice de l'Agence de l'Enseignement Français à l'Etranger depuis septembre dernier, dresse un état des lieux du réseau et explique ses objectifs 

Photo Hélène Farnaud-Defromont

Lepetitjournal.com : Comment se porte le réseau AEFE ? Continue-t-il de se développer ?

Hélène Farnaud-Defromont : Le réseau se porte très bien. Il est en expansion depuis plusieurs années. À la rentrée 2013, 200.000 élèves étrangers et 120.000 élèves français ont été accueillis dans les 500 lycées français à l'étranger, soit 10.000 élèves en plus. On retrouve cette croissance dans l'ensemble du réseau, avec une pointe tout de même en Asie et dans les pays du Golfe.

Comment expliquez-vous ces bons résultats ?

Cette dynamique positive montre deux choses. D'une part, cela veut dire que les Français sont mobiles et que la diplomatie économique est en marche. Deuxième bonne nouvelle, notre système est attractif pour les familles étrangères qui elles aussi recherchent une éducation de très haut niveau. Le modèle d'enseignement français attire. Les familles qui choisissent de scolariser leurs enfants dans un établissement français le font en connaissance de cause et sont prêtes pour cela à payer des frais de scolarité souvent plus élevés que ceux demandés aux Français. Il est important que nos établissements continuent d'accueillir les deux publics, et surtout les fassent vivre pour qu'il y a ait cette mixité linguistique et culturelle, marqueur du réseau français à l'étranger.

La demande augmente mais le cadre budgétaire est restreint. Quelle marge de manœuvre avez-vous pour accueillir plus d'élèves ?

La dotation du ministère, versée annuellement pour compléter les frais de scolarité payés par les parents, reste élevée. Le budget de l'AEFE est l'un des dix postes budgétaires les plus importants du ministère, ce qui montre l'attachement des autorités françaises à ce réseau. Laurent Fabius le rappelle régulièrement : c'est aujourd'hui notre principal outil d'influence à l'étranger. Il s'agit d'un investissement à long terme.

On a en permanence une dizaine de projets immobiliers en cours. On a eu l'inauguration en septembre dernier du lycée français à Amman en Jordanie. Il y a également les inaugurations prévues du nouveau lycée du Caire et du lycée français à Brasilia. On recrée de nouveaux établissements pour accueillir plus d'élèves et mieux les accueillir.

Les frais de scolarité des établissements français à l'étranger ont augmenté ces dernières années. Quelle est la part des frais de scolarité dans le financement de ces établissements ?

Aujourd'hui l'état Français finance à 40% et les familles à 60%. Il ne faut pas en déduire que l'État français s'est désengagé. La question se pose aujourd'hui de s'interroger sur la soutenabilité du modèle économique. Le ministre a confié cette question à deux parlementaires français : Claudine Lepage et Philip Cordery qui doivent rendre un plan à l'automne avec des propositions pour diversifier les financements de ce réseau.

Le nombre de familles bénéficiant des bourses a-t-il diminué ? Après la refonte des barèmes de prise en charge pour les boursiers en 2012, y a-t-il des ajustements dans les critères demandés ?

Le budget de l'aide à la scolarité pour les Français de l'étranger est l'une des deux lignes budgétaires du ministère en forte augmentation depuis 2012. Les quotités sont moins élevées mais les aides sont réparties plus largement. Aujourd'hui un quart des Français scolarisés à l'étranger est boursier. Nous sommes dans la deuxième année de mise en œuvre de la réforme du dispositif d'aide à la scolarité. Nous avons pris en compte les remarques qui nous avaient été faites, en particulier sur la part du patrimoine immobilier dans le barème, et sur la prise en considération de familles qui pourraient dans certaines situations ne pas tirer complètement profit de la réforme, notamment les familles monoparentales. Nous ferons un premier bilan en juin prochain lors de la première commission nationale des bourses qui va nous permettre de vérifier si l'effet a été positif.

Le Lycée Français de Mexico et le Lycée Molière de Rio ont remis en question la convention avec l'AEFE. Où en est-on aujourd'hui ?

En ce qui concerne le lycée français de Mexico, le comité directeur a annoncé à l'automne 2013 qu'il souhaitait déconventionner le lycée pour des raisons fiscales et financières locales. Le lycée de Mexico est un lycée local de droit mexicain qui a passé une convention avec l'AEFE, renouvelée en 2002. Il y a eu une discussion et finalement on a renégocié une convention qui entrera en vigueur en septembre prochain. On reste dans une situation de conventionnement avec détachement par l'agence d'une vingtaine de personnes expatriées. Il n'y aura plus le statut de résident, qui permet à l'agence de détacher dans un établissement des enseignants titulaires de l'Éducation nationale. Cette solution nous permet de garder un lien avec cet établissement tout en tenant compte de l'évolution fiscale locale qui faisait que le statut de résident posait un problème au comité directeur.

En ce qui concerne Rio, le déconventionnement n'est plus à l'ordre du jour. Là aussi le point de départ était une évolution fiscale du droit brésilien. Nous avons convenu de rester dans un système de conventionnement. Parmi les 160 établissements conventionnés avec l'agence, il y a environ trois discussions par an sur ces questions. On ne peut avoir de réponse unique car chaque établissement conventionné fonctionne avec un droit local différent.

Quels sont vos objectifs pour les années à venir ?

L'année prochaine, l'AEFE fêtera ses 25 ans, l'occasion de faire le bilan. Deux choses nous tiennent à cœur. D'une part, nous voulons renforcer le lien entre notre réseau à l'étranger et l'attractivité de notre enseignement supérieur. Il faut en amont accompagner les élèves dans la construction de leur projet d'étude, leur présenter le système français, compliqué mais aussi très vaste. Il y a dans chaque établissement une personne référente sur ces questions d'orientation.
L'agence et sept directeurs d'instituts politiques en région ont signé une convention de partenariat. Alors que les IEP sont très intéressés par le profil de nos élèves, il est difficile pour nos élèves de venir passer ce concours en France. Ainsi samedi dernier, quatre lycées, Bangkok, Shanghai, Casablanca et Bogota ont été centre d'examen pour le concours d'entrée en première année. On souhaite ouvrir d'autres centres à l'avenir. L'autre projet est de renforcer le réseau des anciens élèves afin qu'ils soient une véritable bourse au travail, permettant aux différentes générations de s'épauler. Les élèves doivent prendre conscience qu'ils sortent d'un réseau mondial et qu'ils ont ainsi des contacts dans le monde entier.

Propos recueillis par Hervé Heyraud et Bénédicte Buisson (www.lepetitjournal.com) Jeudi 28 août 2014 (réédition)

 

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