

Entré en vigueur le 1er juillet, le nouveau « contrat d'intégration civique » concerne tous les étrangers qui souhaitent s'installer en France. S'il est plus exigent que la première version, notamment concernant les acquis linguistiques, certains estiment qu'il est encore insuffisant, comparé au modèle allemand.
Qui signe ce contrat ?
Selon le site service-public.fr, le contrat d'intégration civique, signé avec l'Etat français, et qui remplace le contrat d'accueil et d'intégration républicaine, concerne les personnes qui sont entrées régulièrement en France entre 16 et 18 ans. Si celles-ci souhaitent s'installer durablement dans notre pays, elles doivent suivre une formation civique et linguistique. La loi précise qu'un étranger peut également prétendre au contrat s'il est détenteur d'une carte de séjour temporaire. Sont dispensés tous ceux qui ont effectué leur scolarité dans un établissement d'enseignement secondaire français pendant au moins trois ans ou ceux qui ont suivi des études d'enseignement supérieur en France pendant au moins une année universitaire.
« S'engager à respecter les principes et les valeurs de la société française et de la République »
Ce contrat se déroule sur une année. Il propose d'abord une formation civique avec des modules tels que « les institutions françaises et les valeurs de la République », « la société française et la vie en France ». Ces cours mêlent approche historique et considérations plus concrètes : comment s'installer, l'accès à l'éducation, la scolarité et la santé? Yamin, syrien, arrivé en France il y a un an, explique à l'Agence France Presse, « c'est surtout l'aspect pratique qui m'intéresse : où aller, qui fait quoi? »
Au c?ur du contrat : une formation linguistique
Les signataires du pacte sont surtout attirés par la formation linguistique prévue en supplément. Le directeur général de l'Ofii (Office français de l'immigration et de l'intégration), Didier Leschi, explique que « l'on a une approche sur la question de la langue beaucoup plus forte, nécessaire parce que c'est le préalable à l'accès à l'emploi », contrairement à la version précédente. Tous n'ont pas besoin de suivre la formation. Lors de la signature du contrat, le candidat est soumis à un test de connaissances du français. Si les résultats obtenus sont inférieurs au niveau A1 du cadre européen, la formation est prescrite. 200 heures de cours maximum sont donc prévues dans le cadre du contrat visant à atteindre en premier lieu unniveau « de découverte » qui permettra d'obtenir un titre de séjour de deux ou quatre ans, puis un niveau de « communication simple » (A2 selon le cadre européen de référence des langues) pour acquérir la carte de séjour de dix ans. C'est donc le C.I.R qui déterminera la délivrance des titres de séjours.
Un dispositif insuffisant
Le directeur général de l'association Forum réfugiés Cosi, Jean-François Ploquin, interrogé par l'AFP estime que le dispositif de 200 heures ne permettra pas de trouver du travail. Même si « c'est une amélioration, le C.I.R. ne suffira pas ». A titre de comparaison, selon un rapport de l'OCDE sur les politiques d'intégrations des réfugiés, en Allemagne le dispositif d'accueil, similaire, prévoit 600 heures de cours maximum dans le cadre de la formation linguistique.
Au delà du « contrat »
Au début de l'année scolaire, certaines universités s'étaient mobilisées pour accueillir des réfugiés fuyant l'Irak, l'Afghanistan, la Syrie et la Corne de l'Afrique. En mai déjà, à l'université Paris Ouest Nanterre, les premiers résultats étaient visibles avec 18 étudiants qui validaient au moins un niveau de français A1.1. En septembre dernier, l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, aidée par le Qatar, a ouvert ses portes à une centaine d'étudiants réfugiés, en majorité syriens, pour qu'ils suivent une formation selon leur connaissance de la langue français et de leur niveau d'études. L'émirat s'est engagé à verser 600.000 euros par an sur trois ans pour les frais d'hébergement et les dépenses de la vie courante.
Outre-Rhin, les réfugiés afghans et pakistanais ont trouvé un autre moyen pour s'intégrer. Ils ont réussi à importer le cricket sur les terres allemandes et faire émerger cette discipline dans le paysage sportif du pays. L'équipe nationale des moins de 19 ans est désormais constituée à moitié d'Afghans. Pour le patron de la fédération allemande de cricket, Brian Mantle, cela « ne peut que tirer l'équipe vers le haut ». Arrifullah Jamal, 21 ans, qui a fui l'Afghanistan en 2009 fait maintenant partie de l'équipe « c'est un rêve devenu réalité » a t il déclaré à l'AFP. Il préconiserait maintenant de fonder une équipe de réfugiés « je sais d'expérience combien le sport peut aider les gens à s'intégrer. »
Les outils internet sont aussi des bons moyens pour favoriser l'intégration. Firas, un réfugié syrien qui vit en Allemagne a tenté le coup en lançant il y a quelques mois une chaine youtube de vidéos pour démonter les clichés et tenter de répondre avec humour à la xénophobie ambiante.
Mathilde Poncet (www.lepetitjournal.com) - Mercredi 13 juillet 2016

