

Candidat sur la 11ème circonscription, Ludovic Chaker connaît bien l'Asie. Il met en avant son dynamisme et son indépendance comme qualités essentielles pour être un relai efficace des expatriés. Il présente son parcours, ses motivations et ses propositions. (Photo: courtoisie LC)
lepetitjournal.com : Pouvez vous rappeler à nos lecteurs en quelques mots votre parcours ?
Ludovic Chaker : Je suis né en Aveyron et j'ai suivi des études littéraires à Paris. J'ai notamment étudié le chinois ; la Chine était en filigrane de tout mon parcours. Par la suite, j'ai suivi des études de communication au Celsa avant d'intégrer Sciences Po où j'ai étudié les affaires publiques ainsi que les relations internationales.
A la fin de mes études, j'ai souhaité m'expatrier. En 2007, je suis arrivé à Shanghai où j'ai travaillé au consulat comme chargé de mission à la coopération universitaire. Ce fut un passage prépondérant puisque j'y ai pris conscience de l'importance croissante de la population française expatriée en Asie et de sa précarisation. Il y avait des arrivages quotidiens de jeunes entrepreneurs qui croyaient à l'eldorado et pour lesquels tout ne s'est pas toujours bien passé. Cette expérience fut décisive. N'ayant pas de possibilité de rester, j'ai dû revenir en métropole. C'est là que j'ai décidé de m'engager dans la politique. J'ai donc travaillé comme directeur de cabinet dans une commune de 50 000 habitants en Touraine. J'ai pris conscience du désengagement de l'Etat vis-à-vis des collectivités territoriales. Ensuite, j'ai été en charge du centre Asie/Pacifique/Afrique/Moyen-Orient de Sciences Po. C'est là que j'ai pu réaliser un focus sur la Chine puisque je travaillais à l'amélioration de la visibilité de l'école dans cette région
Depuis le 1er Janvier, je suis candidat indépendant social-démocrate aux élections législatives, et je mène cette campagne sur mes économies personnelles.
Parlez nous de votre légitimité, des raisons de votre candidature.
Il y a plusieurs volets à cette question. J'ai travaillé en Chine en contrat local. Je n'ai pas cotisé à la CFE, ni à l'assurance chômage. Pour avoir vécu de l'intérieur ces situations et observé mes amis qui vivaient au jour le jour, je sais quelles sont les préoccupations des expatriés. Le problème c'est que lorsqu'on s'expatrie, on n'existe plus institutionnellement. La réforme instituant les députés est une chance.
Ensuite, je connais les Français qui ont fait ce choix. Je dispose d'un réseau de contacts personnels et professionnels étendu. Je connais beaucoup de Français sur cette circonscription. Depuis 2008 et la réforme constitutionnelle instaurant l'élection des 11 députés des Français de l'étranger, j'ai beaucoup discuté avec ces personnes. Beaucoup m'ont dit : "Pourquoi tu n'y vas pas ?". Sur le terrain, je me suis rendu compte d'une chose : quand on est Français à l'étranger, il y a des lignes de fond qui sont les mêmes.
Enfin, je revendique mon indépendance. J'ai milité au PS, notamment en 2001 aux côtés de Bertrand Delanoë. Mais sur cette élection, tout est en friche. Le PS a toujours été opposé à ces députés. De plus il me semble que l'appareil partisan n'est pas efficace pour cette campagne. J'ai constaté un élan de sympathie auprès des gens que j'ai rencontrés parce que justement je me revendiquais comme indépendant.
Un dernier élément sur lequel je veux insister est ma jeunesse. Il faut renouveler la classe politique qui est bien trop vieillissante. C'est d'ailleurs pour ça qu'il est impossible de jouer un rôle dans un parti lorsqu'on est jeune comme moi. Cette jeunesse est un atout. Par exemple, j'utilise Couchsurfing pour sillonner la circonscription. C'est un réseau social très utile pour rencontrer les citoyens expatriés
Quel regard portez-vous sur la représentation politique des Français établis hors de France ?
D'abord, je suis pleinement satisfait de la création d'un secrétariat d'Etat dédié aux Français de l'étranger. Cela va dans le bon sens pour réhabiliter les expatriés. Même s'il n'a que quelques mois d'existence, il y a eu une tentative de se saisir des problématiques propres à ces expatriés. Ce n'était pas seulement une démarche électoraliste. Il faudra articuler son travail avec les nouveaux députés et l'AFE. C'est la raison pour laquelle je propose que le secrétaire d'Etat qui sera nommé prenne la présidence de cette assemblée.
En ce qui concerne les députés, il était logique et naturel qu'ils existent. Nous sommes dans un système bicaméral et celui-ci était bancal jusqu'à présent. Il fallait des représentants de ces expatriés qui soient élus au suffrage universel.
Enfin, sur l'AFE (Assemblée des Français de l'Étranger), outre sa présidence, je pense qu'il faut revoir le découpage des circonscriptions. Le rôle consultatif des conseillers doit être maintenu car ils sont des experts et des élus de terrain. Je souhaite que cette assemblée soit plus proactive et qu'elle agisse comme un véritable relai, je propose que leurs avis acquièrent une force obligatoire, pour obliger le ministère à y répondre. Actuellement, les résolutions sont passées sous silence et son rôle est réduit à peau de chagrin.
Sur quelles thématiques souhaitez vous axer votre campagne ?
Je veux donner une voix aux Français qui vivent hors de France. Je l'ai dit, l'élection de députés est une bonne chose pour améliorer la visibilité des 2,5 millions de Français établis hors de France. Cette population est encore largement méconnue et je veux faire de la pédagogie. Ils sont encore trop souvent victimes de sobriquets, on les traite d' "évadés fiscaux", de "privilégiés". Il faut les mettre en valeur, les faire connaître. Il faut faire prendre conscience qu'ils sont une chance et non un problème.
Sur les problématiques qui leur sont propres, il y en a une à laquelle je tiens et qui est transversale, c'est celle des nouvelles typologies familiales. J'ai l'exemple d'un ami qui réside au Vietnam et qui a beaucoup de mal à épouser sa compagne. Il doit accumuler les démarches (y compris envers les institutions françaises), et pour y avoir assisté, c'est rude. L'Etat doit faire confiance à ses ressortissants. Il faut arrêter de camper sur la défensive.
Je pense également qu'il faut rationaliser la présence française à l'étranger. Elle est illisible, on est face à une forêt d'acteurs. Il faut plus de cohérence et de cohésion. Il faut communiquer sur ce qui existe déjà, il ne s'agit pas uniquement d'arriver avec un sac de propositions toutes neuves.
Je veux aussi améliorer les droits des Français à l'étranger. Sur la question de la sécurité sociale, il faut faire en sorte que chaque arrivant bénéficie de l'adhésion à la CFE. Sur 120 000 français inscrits aux registres consulaires de la 11ème circonscription, seuls 20 000 adhèrent à la CFE. 2 pays sur les 49 ont signé des conventionnements d'hôpitaux. Il faut absolument étendre ces mesures.
Avez-vous un dernier mot à destination de nos lecteurs ?
Je suis comme vous. Je vais entamer une tournée jusqu'aux élections pour aller à votre rencontre. Je suis heureux d'être indépendant et de proposer une démarche originale. J'insiste sur la nécessité d'avoir des remontées du terrain. Je ne suis pas là pour convertir les gens, seulement pour les écouter et agir. N'hésitez pas à entrer en contact avec moi par Skype, Facebook ou Twitter pour poser des questions, me faire des suggestions. Je fais appel à votre bonne volonté. Nous construisons notre campagne et l'expérience des autres est importante, nous voulons l'intégrer. Ainsi, si je suis élu, je serai un député à temps plein et je partagerai mon temps de manière équitable entre mon siège à l'Assemblée Nationale et le travail sur le terrain dans la circonscription.
Propos recueillis par Thibaut Devemy & Luc Allain (www.lepetitjournal.com) vendredi 17 février 2012
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