Édition internationale

RÉUSSITE - Comment booster votre carrière devenue atypique à l’étranger ?

Écrit par Lepetitjournal.com International
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 14 septembre 2015

 

L'international est un puissant levier de développement pour votre carrière. Vous êtes donc parti  vivre à l'étranger, parfois en solo, parfois en suivant votre conjoint expatrié. Aujourd'hui vous mesurez, aussi, le risque de l'expatriation  : vous «  êtes tombé  » en carrière atypique  ! Comment redresser la barre et donner de la force à votre carrière devenue vulnérable  ?

 

La carrière linéaire est une espèce en voie de disparition

«  Je suis à Pékin parce que j'ai suivi ma conjointe, et maintenant, on déménage à Londres. Ca n'arrête pas. En même temps c'est sympa. Mais est-il nécessaire que je me ré-invente, que je reparte à zéro encore  ?  »

La carrière linéaire tracée d'avance, c'est fini. Les exigences actuelles de changement l'ont mise à mort  ; et puis aussi ce besoin grandissant qui nous pousse à sortir de la routine, à refuser les parcours définis d'avance et les réponses toutes faites pour donner sens à notre parcours. Nombre de mes client(e)s acceptent de suivre leur conjoint(e)s à l'étranger parce qu'ils s'ennuient, ont besoin de nouveaux défis  et de sortir du cadre. La vie à l'étranger leur offre une page blanche pour faire le point et prendre un nouveau départ professionnel.

 

La carrière linéaire est un mirage culturel français

«  Mes parents étaient très fiers de ma carrière d'ingénieure et ils considèrent que je gâche ma carrière en suivant mon mari  ».

«  Je n'ai pas d'expertise, je suis un touche-à-tout.  »

 Il existe un graal de réussite à la française  : il repose d'une part sur une expertise dans un domaine technique, d'autre part, sur une progression verticale qui découle de la polyvalence progressive des points forts. Conséquence  : on valorise nécessairement la longévité dans un poste  ! Et je vois fleurir les expressions du style  : «  15 ans d'expériences dans l'outplacement  ». Au secours  ! Est-ce qu'on a besoin de 20 ans pour savoir faire quelque chose  ? On ne risque pas de s'ennuyer entre temps  ? La réponse est OUI pour beaucoup d'entre nous? que l'on retrouve très fréquemment en expatriation  ! Il faut accueillir ce besoin de manière positive  : c'est en identifiant leur besoin fréquent de changement que l'on identifie les hauts potentiels, ils s'ennuient vite  ! 

Arrêtons de faire du blanchiment de carrière atypique

«  Ma carrière atypique me plaçait dans une situation d'incommunicabilité  : j'étais  muette, je considérais que je n'avais PAS de carrière?  » 

«  Je ressens une envie terrible de revenir sur les rails.  »

 Mes clients vivent mal leur carrière atypique. Et pourtant, si les carrières atypiques se multiplient, c'est justement parce qu'elles sont parfaitement adaptées au monde d'aujourd'hui  ! Les personnes en carrière atypique ont développé de formidables capacités d'adaptation, de créativité, une capacité à se connecter au présent, ce que l'on appelle l'intelligence situationnelle. J'ai une profonde admiration pour ces profils qui ont déjà les deux pieds dans l'avenir. Je les accompagne avec passion, pas à pas, vers la réussite qu'ils ont en germe. Mon premier conseil est le suivant  : assumez totalement votre carrière atypique, faites la paix avec votre parcours. Il est indispensable de faire le point et de comprendre ce qui vous a poussé sans arrêt à sortir du cadre. Si vous vivez mal votre carrière, vous développerez un sentiment d'imposture qui se sentira dans vos entretiens et dans l'ensemble de votre démarche de recherche d'emploi.

Retrouvez la cohérence de tout cela  !

 «  La première marche qui m'a permis de me sentir confortable en réseau  ? J'ai travaillé ma Com  !  »

 On ne communique pas de la même manière sur une carrière atypique et sur une carrière linéaire. On va par exemple remplacer l'épreuve cruelle de la rédaction du CV par la constitution d'une biographie. On remplace la réponse aux annonces par une démarche de réseautage, etc. La bonne nouvelle, c'est donc que vous êtes obligés d'utiliser toutes les nouvelles techniques de recherche d'emploi et de reléguer les anciennes au grenier. Vous savez, celles qu'utilisaient nos parents naguère? On nous dit qu'il est difficile de trouver du travail  ? Pas étonnant quand on sait qu'on utilise les outils d'hier. Il s'agit en outre de mettre en musique, puis en mots, les morceaux de vie professionnelle qui peuvent à priori vous sembler épars, et paraitre dénués de sens pour autrui. Le fil directeur, bien entendu, c'est vous. On entre de plein pied dans le marketing personnel. Obligé.

Mettez-y de l'émotion

«  J'ai arrêté de me conduire comme un robot en réseau, je me suis reconnectée avec mes émotions et je les partage. Et depuis, je fais de belles rencontres, ça porte ses fruits.  »

 C'est la confiance que vous inspirez autour de vous qui sera source d'opportunités. Face aux discours ampoulés, ultra-maitrisés, c'est votre parler vrai qui aura le plus d'impact. Derrière chaque recruteur, chaque connecteur, il y avant tout un être humain, et c'est le rapport humain qui s'installe entre vous qui sera déterminant. Rien de tel que le partage des émotions pour le rendre authentique. Un manager me disait  : «  le problème, c'est que les entreprises n'emploient pas des profils atypiques. Ca leur fait peur.  » Mais ce ne sont pas les entreprises qui embauchent  : ce sont des gens, de vraies personnes  ! Je suis témoin que de nombreux managers sont prêts à s'ouvrir à ce recrutement par l'envie, et non plus par la peur. Adressez-vous à la personne et non à la fonction, ça fera toute la différence. D'ailleurs, le manager qui avait fait cette réflexion embauche lui-même et il a convenu qu'il pouvait à lui seul changer d'optique pour apporter plus de diversité à son équipe, et donc plus d'efficacité, et finalement plus de plaisir dans son quotidien? 

Dites de quoi vous avez envie

«  Ma carrière atypique me conduit naturellement vers les gens avec lesquels j'ai envie de travailler et m'éloigne miraculeusement des autres. »

Le danger guette les entreprises et elles commencent à s'en rendre compte  : leurs employés leur sont de moins en moins fidèles, ils ont besoin que leur société leur offre la possibilité de sortir du cadre, ils ont besoin d'avoir un impact sur l'organisation. Si les organisations ne leur permettent pas de trouver du sens dans leur travail, ils partent  ! Une génération entière incarne ce nouveau type de fonctionnement  : la génération Y. Lorsqu'on écoute les entreprises, elles nous confient qu'elles ont du mal à recruter. La balance ne penche pas forcément du côté auquel on pense. Ce qui va déclencher l'embauche, c'est votre motivation et vos compétences. Et votre motivation est directement liée au ciblage de l'entreprise, du projet ou de la personne pour laquelle vous avez envie de travailler. Offrez-vous donc le luxe nécessaire d'identifier cette envie. La bonne nouvelle, c'est que toutes ces démarches sont entièrement sous votre contrôle. Alors à vous de jouer, seul ou accompagné si vous êtes de nature impatiente.

Stephanie Talleux (www.lepetitjournal.com) Mardi 15 septembre 2015

Stéphanie Talleux est intervenue lors d'un événement TEDx sur ce sujet 

logofbinter
Publié le 14 septembre 2015, mis à jour le 14 septembre 2015
Commentaires

Votre email ne sera jamais publié sur le site.

Flash infos