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TRANSFRONTALIERS – Des "navetteurs" de plus en plus nombreux

Écrit par Lepetitjournal.com International
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 21 février 2015

 

De plus en plus de résidents français passent les frontières pour aller travailler chez nos voisins. En 2011, ils étaient 353.000, soit une augmentation de 42% depuis 1999 d'après une étude de l'INSEE parue ce vendredi.

La Suisse, l'Eden indétrônable

Avec 160.000 « navetteurs », la Suisse attire près d'un travailleur français transfrontalier sur deux, révèle l'étude. Le Luxembourg obtient la deuxième place avec 68.000 résidents français et devance l'Allemagne qui en compte 50.000. La Belgique et le Luxembourg ont explosé les compteurs : leurs nombres de « navetteurs » français ont augmenté respectivement de 77% et 81%.

Le top 5 des pays qui attirent les travailleurs français est complété  par la Belgique et Monaco. Ailleurs, le flux de travailleurs français reste très bas.

 Le phénomène  des « navetteurs »

Si la Suisse et le Luxembourg attirent autant, c'est incontestablement grâce à la forte différence de niveau de salaire proposée dans ces pays-là par rapport à la France. Genève à elle-seule totalisait 88.000 travailleurs transfrontaliers en 2011 soit, 28.000 de plus qu'en 2006. Le rayonnement économique, scientifique et financier de la ville continue de faire rêver. Le Luxembourg, quant à lui, doit sa deuxième place à sa situation géographique qui lui donne un rôle économique international au c?ur de la "Grande Région ".

À l'inverse, la France compte peu de travailleurs transfrontaliers venus des pays voisins. On compte environ 30.000 travailleurs venant des pays limitrophes, dont la moitié proviendrait de Belgique et environ 4.000 d'Allemagne. "Il n'y a qu'avec l'Italie que les flux entrants sont supérieurs aux flux sortants" relève l'INSEE.

Quels sont les profils des transfrontaliers ?

La Suisse attire davantage les cadres et les diplômés français, en particulier Genève qui comptait 25% de cadres et 48% de diplômés en 2011. En revanche, deux tiers des  Français allant quotidiennement travailler au Luxembourg et à Monaco sont des employés et des ouvriers, tandis que l'Allemagne et la Belgique regroupent en grande partie des ouvriers. Dans l'ensemble, les travailleurs transfrontaliers français restent géographiquement très polarisés, notamment au nord-est ou encore dans le Genevois français.

Faut-il s'inquiéter ?

Si leur nombre augmente, les transfrontaliers représentent encore une faible part des actifs français (1,2%). La Belgique, d'ailleurs, pourrait peut-être en dissuader quelques-uns. Depuis le 1er janvier 2012, il n'y a plus d'exception pour les travailleurs transfrontaliers concernant l'imposition. Désormais ils ne seront plus soumis à l'imposition du pays de leur lieu de résidence, mais à celle de leur lieu de travail, c'est-à-dire la Belgique. Ils perdent donc la possibilité de combiner salaire belge et imposition française. La mesure ne concerne toutefois pas les travailleurs frontaliers embauchés avant 2012, qui continueront de bénéficier de l'ancienne législation jusqu'en 2033. La Suisse, à son tour veut limiter l'immigration massive des transfrontaliers. Votée en février 2014, l'installation de quotas ne verra le jour que dans deux ans.

Mathilde Berger-Perrin (www.lepetitjournal.com) jeudi 19 février 2015

logofbinter
Publié le 19 février 2015, mis à jour le 21 février 2015
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