Édition internationale

CONJOINT EXPATRIÉ AUX USA - Quelques réalités à prendre en compte pour travailler

Écrit par Lepetitjournal.com International
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 6 janvier 2018

 

Pour le conjoint expatrié qui souhaite reprendre ou investir l'aspect professionnel de sa vie, l'annonce d'une nouvelle mutation aux Etats-Unis est, le plus souvent, vécue très positivement. Cependant, des réalités de terrain, surprenantes pour certains, et parfois contraignantes, l'attendent dans son parcours.

Monument Valley, photo de Maylis Hopewell-Curie

Même au pays de tous les possibles, nombre de contraintes professionnelles sont à dépasser par le conjoint expatrié pour faire de son expatriation un « rêve américain ». Aux freins logistiques et pratiques, souvent méconnus à l'arrivée, s'ajoutent les stéréotypes associés au statut de conjoint expatrié. Ces derniers peuvent être liés, d'une part, de manière générale, à l'expatriation et d'autre part, plus spécifiquement à la vie aux U.S.A..

Des freins logistiques et pratiques

A travers tous les pays et toutes les expatriations, le conjoint expatrié devient, généralement, le « pilier de famille » et ce, tout spécialement dans la phase d'adaptation. Force est de constater que celui-ci prend, dans la majorité des cas, pleinement en charge l'intégration des enfants et de la famille dans leur nouvel univers culturel, scolaire et social. Une nécessité de disponibilité familiale et horaire qui limite grandement ses atouts potentiels lors d'une candidature pour un emploi en tant que salarié.

Par ailleurs, les dix jours légaux de congé par an, alloués par les sociétés américaines, sont un des éléments qui restreignent le conjoint expatrié dans la recherche d'un poste en tant qu'employé. Ils sont, d'une part, une astreinte spécifique conséquente pour une famille expatriée désireuse de maintenir, lors de retours annuels estivaux de plusieurs semaines, le lien avec la famille et les amis restés au pays. D'autre part, leur nombre limité peut être source d'insécurité familiale. En effet, juste après l'arrivée dans un nouveau poste, et donc en début d'installation, l'employé expatrié est majoritairement très sollicité professionnellement et, dans de très nombreux cas, amené à voyager. Le conjoint expatrié devient dès lors physiquement l'unique personne ressource sur place en cas d'imprévus et d'urgences, notamment, lors de maladies des enfants. Sa disponibilité et sa flexibilité s'avèrent nécessaires voire vitales.

D'autres contraintes propres au statut circoncisent le conjoint désireux de travailler en tant qu'employé. Administrativement, nombre de conjoints expatriés aux U.S.A. sont porteurs d'un Visa L2 attaché au Visa L1 de leur partenaire. Etre porteur d'un Visa L2, pour nombre d'entreprises internationales ou américaines, signifie que l'individu est mobile et « déplaçable » aisément par la société qui a généré le Visa L1 lors de l'entrée sur le sol des U.S.A.. Sur certains sites onlines, il n'est d'ailleurs pas possible de postuler pour une offre d'emploi dès que l'on tente d'y introduire la mention Visa L2.

Un stéréotype à dépasser

Un regard critique est régulièrement posé sur toutes ces mamans expatriées volontaires à l'école qui seraient justement trop « volontaires » ne parvenant pas à prendre de la distance avec leurs enfants. Ce stéréotype est généré par la méconnaissance d'une part, de la culture américaine et d'autre part, des enjeux familiaux et émotionnels de l'expatriation.

En effet, aux USA, le volontariat est culturel et sociétal. En tant qu'apport considéré comme nécessaire à la collectivité, il trouve une place dans chaque famille. Par rapport à l'Europe, moins d'impôts sont ponctionnés mais il existe une réelle attente, implicite ou parfois au contraire très clairement exprimée, exigeant de chaque individu du temps et de l'énergie pour la communauté qu'elle soit scolaire, religieuse ou caritative. Dans certains contrats scolaires signés lors de l'inscription des enfants à l'école, les parents s'engagent de manière formelle à consacrer plusieurs heures de volontariat annuel dans l'établissement. Si cet engagement n'est pas presté, les parents seront tenus de verser une somme définie par l'école. Le volontariat, ce n'est donc ici plus un choix ; c'est un devoir citoyen et culturel. La majorité de ce volontariat est effectué en journée. Un élément exigeant un temps conséquent dont il faut tenir compte dans son organisation professionnelle.

Pour les conjoints expatriés, s'investir dans l'école qu'elle soit publique ou privée, c'est aussi favoriser l'intégration scolaire, amicale et sociale de leurs enfants nouvellement arrivés. Dans un premier temps, en tout cas, de nombreux enfants expatriés ressentent le besoin d'une présence parentale accrue lors de leur adaptation. Nécessité émotionnelle impliquant intensivement le plus souvent, et ce pour une durée variable, le conjoint expatrié.

Une entreprise portable

Toutes ces contraintes pratiques, logistiques et familiales mènent fréquemment à un renoncement professionnel temporaire ou définitif. Face à ce constat décourageant, de nombreux conjoints expatriés aux USA devinent un autre choix possible : l'entreprenariat. Un choix d'autonomie valorisé en Amérique et plus aisément réalisable qu'ailleurs dans le monde. Le tout avec une touche propre aux besoins de l'expatriation : la mobilité de l'entreprise. Une carrière portable personnalisée au statut de conjoint expatrié et à ses exigences de flexibilité, un engagement professionnel à la mesure de ses compétences multiples en évolution constante et une trajectoire maîtrisée adaptée au lieu dans lequel il évolue ! Cette expérience aux U.S.A., pourrait devenir, pour le conjoint expatrié audacieux et désireux de développer son activité professionnelle, un véritable tremplin !

Virginie Houet (www.lepetitjournal.com) jeudi 4 décembre 2014

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logofbinter
Publié le 3 décembre 2014, mis à jour le 6 janvier 2018
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