Le referendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union Européenne qui aura lieu le 23 juin inquiète de plus en plus. Alors qu'un récent sondage TNS montre que les Européens veulent garder la Grande-Bretagne dans l'Union Européenne, les expatriés anglais qui vivent dans des pays de l'UE se demandent ce qu'il adviendra d'eux si le "Brexit" a réellement lieu.
Alors que certains hésitent à rentrer en Angleterre, d'autres demandent la nationalité de leur pays d'accueil. lepetitjournal.com/Dublin a ainsi fait état d'une augmentation de la demande de passeports irlandais de la part des britanniques expatriés, tandis que le journal anglais The Independant a recueilli quelques témoignages d'expatriés anglais en France.
Comme celui de Louise Garavaglia qui vit en France depuis plus de vingt ans. Actuellement directrice d'une école de langues à Paris, elle s'interroge sur sa situation si la Grande Bretagne venait à sortir de l'UE. Cette mère de deux garçons, en couple avec un Français, craint de ne plus pouvoir revenir en Grande Bretagne quand elle le souhaite. Elle est également très inquiète quant à l'avenir de sa société et sa représentation légale en France. Toutes ses questions restent pour l'instant sans réponses autant du côté de l'administration française que britannique. Pour Louise, prendre la nationalité française, c'est d'abord se protéger, "il y a des risques qu'on ne peut pas se permettre de prendre quand notre vie de famille et notre gagne-pain sont en jeu".
Même constat pour Johnson-Ferguson, consultant financier, qui vit dans l'ouest parisien depuis 1998 et qui va lui aussi demander la nationalité française : "je ne veux pas particulièrement devenir français mais je préfère ne pas prendre de risques", préférant ne même pas attendre l'issue du référendum.
En effet, si le Brexit avait réellement lieu, tous les droits des expatriés anglais (accès à la protection sociale, aux pensions, aux services publics) seraient renégociés dans un délai de deux ans comme le stipule l'article 50 du traité de Maastricht. En outre, si les négociations échouent, ces droits pourraient même ne pas être maintenus.
Les "anti-Brexit" font donc tout pour que les expatriés majoritairement favorables au maintien du Royaume-Uni dans l'UE s'enregistrent pour participer au referendum en juin. Une campagne est également engagée pour que les Britanniques absents du territoires depuis plus de 15 ans puissent récupérer leur droit de vote. Pour les 825.000 Britanniques qui vivent dans des pays de l'UE, l'enjeu est de taille.
Mathilde Poncet (www.lepetitjournal.com) - vendredi 22 avril 2016

