En marge des JOJ Dakar 2026, la Conférence internationale de la Francophonie sportive a appelé à renforcer la coopération sportive francophone et à bâtir un véritable écosystème du sport en français, dans la perspective des Jeux de la Francophonie 2031 prévus au Sénégal.


L’Hôtel de Ville de Dakar a accueilli ce lundi 2 novembre la Conférence internationale de la Francophonie sportive, sur le thème « Le sport, un levier pour une Francophonie plus inclusive, plus solidaire, plus durable ». Environ 200 personnes y ont participé : institutions, collectivités, fédérations, universités et entreprises de plusieurs pays francophones. L’événement était organisé avec la Délégation ministérielle à la Francophonie sportive, la CIUSF, l’AIMF, l’AFCNO et la Ville de Dakar.
Un héritage des JOJ pour tous
Le maire de Dakar, Abass Fall, a rappelé que les Jeux Olympiques de la Jeunesse constituent le premier événement olympique de cette dimension organisé sur le continent africain. Il souhaite qu’ils laissent un héritage sportif, mais aussi éducatif, social, culturel et territorial. Le sport doit être accessible à tous, quels que soient le genre, le quartier ou l’origine sociale, avec une attention particulière portée aux quartiers populaires et au parasport. Il a également plaidé pour le renforcement des coopérations entre villes francophones autour du sport, de la jeunesse, de la formation et de l’innovation, tout en soulignant la place de la langue française dans le monde sportif.

Trois défis : climat, numérique et démographie
La ministre française des Sports, Marina Ferrari, a identifié trois grands défis pour le sport. Le changement climatique oblige à repenser les calendriers, les compétitions et les infrastructures. Le numérique ouvre de nouvelles perspectives d’accès et de formation, mais soulève également des questions liées à la protection des données, à la désinformation et à l’intégrité des compétitions. Sur le plan démographique, l’Afrique pourrait compter près de 2,5 milliards d’habitants à l’horizon 2050, alors que l’Europe connaît un vieillissement de sa population. La ministre y voit une opportunité pour le développement du sport mondial, notamment à travers l’essor du sport santé destiné aux seniors. Aucun pays ne peut relever seul ces défis, a-t-elle souligné, et la Francophonie a un rôle à jouer.

Selon les chiffres cités par la ministre, l’espace francophone représente 90 États et gouvernements ainsi qu’environ 1,2 milliard de personnes, soit près de 17,5 % de la population mondiale. Elle a également mis en avant les perspectives économiques du secteur sportif, dont le poids pourrait atteindre environ 6 000 milliards d’euros à l’horizon 2050. La ministre a salué la coopération avec l’Agence française de développement pour les infrastructures des JOJ, ainsi que la Learning Academy, qui a déjà formé plus de 400 jeunes à l’organisation de grands événements sportifs.
Cap sur les Jeux de la Francophonie 2031
Marina Ferrari a proposé d’explorer une nouvelle alliance ouverte, réciproque et multilatérale, avec pour horizon les Jeux de la Francophonie, attribués au Sénégal pour 2031. Cette dynamique s’inscrirait dans le prolongement de la coopération franco-sénégalaise développée autour des JOJ. L’objectif est de faire émerger un véritable écosystème francophone du sport, capable d’accompagner les grands événements, de soutenir les entreprises du secteur, de former des professionnels et d’ouvrir de nouvelles perspectives à la jeunesse. Elle a conclu en citant Nelson Mandela, rappelant que chaque génération possède l’opportunité de contribuer à refaire le monde.
Une cartographie inédite du sport sénégalais
La suite de l’après-midi, consacrée au bilan et aux perspectives, s’est ouverte par la présentation d’une cartographie du sport au Sénégal réalisée avec l’Agence universitaire de la Francophonie ainsi que les universités de Dakar et de Thiès. Une telle cartographie du sport sénégalais n’avait jusqu’ici jamais été réalisée. Trois tables rondes étaient ensuite au programme : les collectivités territoriales, la place de la langue française dans les instances sportives et le parasport, puis l’économie du sport et la formation.








