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Grégory Lejeune, directeur de publication de Declic Car

Par Laure Solé | Publié le 11/03/2019 à 21:00 | Mis à jour le 19/07/2019 à 14:23
Photo : Grégory Lejeune, directeur de publication de Declic Car ©Laure Solé
Gregory Lejeune Declic Car Auto Senegal Dakar Laure Solé

Grégory Lejeune a posé ses valises au Sénégal en 2010. Passionné d’aventures et en quête de nouveaux défis, il lance Déclic Car : un magazine papier spécialisé dans l’automobile. Retour sur la réussite durable d’un mensuel distribué gratuitement à Dakar.

LPJ : Comment vous est venue l’idée de lancer un journal spécialisé dans l’automobile à Dakar?

Grégory Lejeune : Je ne suis pas vraiment journaliste à la base, j’ai fait une école de commerce à Paris. J’étais commercial et formateur en France, je sillonnais le pays, et je perdais souvent des points de permis ! Un jour, j’ai perdu mon permis. J’ai alors commencé à travailler pour une banque écossaise. Je me suis rendu compte que le travail de bureau n’était vraiment pas fait pour moi. Par la suite, avec un ami nous avons repris une boutique SFR pendant deux ans, c’était plus comme un jeu pour nous. Entre temps, j’étais venu au Sénégal pour le mariage d’une amie, puis d’autres fois pour le soleil… J’ai vraiment aimé le pays, et puis je savais qu’il y avait ce créneau de mensuel automobile qui n’était pas tout à fait exploité. Alors je suis venu pour lancer Declic Car. Je voulais voir ce que ça faisait d’être son propre patron. Je me savais bon employé, je voulais me lancer un nouveau challenge : comment est-ce quand la seule personne à qui tu dois rendre des comptes c’est toi-même ?

Quels sont les points forts de votre travail ?

Je dirais la pluralité des tâches, mais aussi la diversité des sujets traités. D’une part, je suis gestionnaire de toute la chaîne, des réseaux de distribution à la mise en relation, mais aussi responsable de la stratégie d’entreprise. D’autre part, nous abordons de nombreux sujets en dehors de l’automobile. Il y a une partie “lifestyle” qui traite des thématiques autour du voyage. Nous abordons également des sujets de société comme les cars rapides, les faits insolites à Dakar, des portraits de personnes intéressantes mais qui ne sont pas forcément des mordus d’automobile.

Comment se sont passés les débuts du magazine ? Avez-vous rencontré des difficultés ?

J’ignorais un peu la prise de risque que cela représentait. Je ne connaissais personne, et surtout je ne connaissais pas le marché sénégalais. Lorsque j’ai fait les démarches administratives pour déclarer mon magazine, on m’a dit que de nouveaux magazines et journaux étaient créés chaque semaine au Sénégal, et que les jours d’un organe de presse étaient comptés. Il a fallu que je me fixe une discipline de fer. Travailler pour un journal c’est avoir sans cesse une épée de Damoclès au-dessus de la tête : celle de la prochaine échéance, de la prochaine parution. Pour convaincre les sponsors et les annonceurs, il a fallu faire un beau journal, soigné, esthétique, qui dure. C’est vraiment la constance à la fois de la qualité et de la parution qui leur a donné confiance en moi. Il y a d’abord eu la Sénégalaise de l’Auto, puis CFAO Motors et beaucoup d’autres, ils sont toujours là d’ailleurs.

A cela il faut ajouter que le marché sénégalais est petit, et surtout, il n’y a pas vraiment de règles, de normes établies. Cela a été très compliqué d’être rentable : il faut faire beaucoup d’exemplaires, en trouvant par soi-même les vrais bons prix d’impression. Le papier est beaucoup plus cher qu’en France, et la publicité bien moins rémunératrice. L’un des facteurs de fidélisation de la première clientèle a été de publier dans nos pages l’Argus du neuf (liste de prix des véhicules neufs en fonction des concessionnaires), et aussi de bien réfléchir à nos réseaux de distribution. Nous avions une idée précise du lectorat qui était le nôtre, il fallait distribuer le journal là où ce lectorat potentiel se rendait régulièrement.

J’ajouterai que dès le début j’ai eu la chance d’être entouré par de personnes très qualifiées, qui ont su m’épauler. Stéphanie Borg, qui est la rédactrice en chef de Declic Car depuis 8 ans, a été un vrai pilier du développement du journal, puis, par la suite Cyril, Moustapha... ainsi que les photographes et l’équipe rédactionnelle.

Grégory Lejeune Declic Car Auto Senegal Dakar
Une du numéro 69, de novembre 2018

Quel est le point fort de Déclic Car ?

Nos articles sont 100% écrits et réalisés par notre équipe rédactionnelle, il n’y a aucune copie d’autres journaux ou magazines, la même chose pour les photos, qui sont en haute définition en plus ! En outre, nous sommes le seul média sénégalais qui aborde l’Afrique entière. Nous faisons des reportages au Bénin, en Gambie, au Rwanda, au Cameroun… Nous avons de nombreux correspondants en Afrique de l’ouest. L’enthousiasme des lecteurs est notre plus belle récompense, alors nous faisons de notre mieux, avec acharnement et intégrité.

De nouveaux projets à venir ?

Oui, nous préparons un grand guide d’achat de 110 pages, c’est une première en Afrique de l’ouest. Celui-ci présente tous les véhicules auto, moto, camions présents sur le territoire. De plus, nous aimerions développer le magazine à Abidjan, et le site internet declic-car.com sera bientôt prêt.

Qu’est-ce qui vous a fait aimer le Sénégal ?

La douceur de vivre ! Le Sénégal est l'un des pays les plus ensoleillés du monde, avec une grande diversité de personnes très accessibles.

Y a-t-il des choses qui vous déplaisent au Sénégal ?

L’indiscipline sur la route. Hier j’ai vu cinq accidents sur la route en moins d’une heure. C’est sans doute une question de moyens dans la formation, cependant cela reste assez angoissant.

Avez-vous des lieux préférés à Dakar ?

C’est toujours agréable d’aller sur la petite corniche des Almadies. J’aime aussi beaucoup le Plateau le soir. L’ambiance est tout à fait différente que durant la journée : moins d’embouteillages, moins de fébrilité, il y a un calme d’après la tempête qui est très doux. Je vais souvent au restaurant Chez Loutcha, que j’aime beaucoup. Il y a aussi ma "cantine" du midi, c'est le restaurant le Kermel, la nourriture y est délicieuse. Un dernier lieu qui me plaît particulièrement : la galerie des arts à Yoff, après le stade de l’amitié. J’y achète des toiles de Baba Ly, dont je suis un grand fan.

 

Declic Car est distribué gratuitement à Dakar : en entreprises, aux ONG, ambassades et ministères mais aussi dans de nombreux lieux de passage comme l'Olympic Club, le Terrou Bi, le Sea Plaza, le Dakar City des Almadies...
Le magazine est accessible en ligne ici.

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