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Florence de la Peschardière, créatrice de bijoux par passion

Par Gaëlle Picut | Publié le 21/01/2019 à 17:00 | Mis à jour le 22/01/2019 à 19:36
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Fille d’éleveurs de chevaux en Normandie, devenue jockey, rien ne destinait Florence de la Peschardière à devenir une bijoutière passionnée. C’est l’Afrique de l’Ouest où elle vit depuis plus de 30 ans et sa découverte de l’univers des perles et des pierres, qui ont changé le cours de sa vie.

« J’ai appris à monter à cheval avant même de savoir marcher » se souvient en souriant Florence de la Peschardière. Née en Normandie au sein d’une famille d’éleveurs de chevaux de course, Florence est rapidement devenue une cavalière accomplie. Elle devient jockey et participe également à des concours hippiques comme cavalière. En 1986, son mari a une opportunité professionnelle au Nigéria. « J’ai commencé à faire les marchés locaux et j’ai découvert les perles africaines (voir encadré plus bas) et les pierres. Et moi qui étais jusqu’à présent plutôt garçon manqué et ne portais jamais de bijoux, je me suis prise de passion pour la confection de bijoux ! » explique-t-elle. Ce qui est d’abord un plaisir est devenu de fil en aiguille un métier.

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Florence de la Peschardière, entourée de ses deux assistantes, Nicole et Emilie, dans sa boutique de bijoux à Dakar

« Au départ, j’étais totalement autodidacte, puis plus tard, j’ai suivi une formation en gemmologie » raconte-t-elle. Elle réalise sa première exposition de bijoux à l’Ambassade des USA au Nigéria. Cela marche très bien et l’incite à poursuivre. Ensuite, avec son mari, ils vivront successivement en Gambie, au Ghana, en Côte d’Ivoire avant d’arriver au Sénégal en 1998. Durant toutes ces années, Florence vend ses bijoux lors d’expositions. A Dakar, elle a envie d’ouvrir sa propre boutique. Elle s’installe avenue Pasteur, dans un espace un peu à l’écart de la frénésie du Plateau. « Je me concentre sur mon magasin à Dakar et je fais également beaucoup d’expositions en France, en Belgique ou en Suisse mais également à New York » explique Florence.

A Dakar, ses bijoux également sont vendus à l’aéroport AIBD, à l’hôtel Pullman Terranga (espace bien-être) et dans les boutiques du Radisson Blu Dakar et du Radisson Diamniadio. Un local aux Almadies est actuellement à l’étude.

Inspirée par toutes les richesses de la nature et la générosité de la terre, Florence travaille avec les perles africaines et les pierres (lapis-lazuli, nacre, hématite, calcédoine, ryolite, rhodonite, jaspe, pierre de rivière, amazonite, améthyste…). Petit à petit, elle se diversifie et ose les matières plus simples tels que les coquillages, le corail bambou, la terra cotta, les graines de café, le bois de tek, les vertèbres de poisson, les plumes…Elle aime également utiliser des pièces en bronze, des petits masques en bois qu’elle intègre à ses créations. Jeux de couleurs, mélange de matières, oppositions des formes, asymétrie, Florence décline à l’infini sa créativité et ses envies. « Je me rends compte qu’avec les années, je suis de plus en plus audacieuse ».

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Passionnée, « boulimique de travail » selon ses propres termes, Florence a toujours mille idées de bijoux en tête ! Ses assistantes, Nicole et Emilie, peinent parfois à suivre sa créativité débordante. « Elle n’aime pas le mot « impossible » confirme Nicole, en souriant. « On trouve toujours une solution pour donner vie à une idée, une association », confirme Florence.

Ses bijoux sont des pièces uniques ou des séries limitées. Elle fabrique des colliers, des bracelets, des boucles d’oreille et des boutons de manchette. Elle propose des collections ethniques et d’autres plus classiques. Elle aime réaliser quelques colliers spectaculaires. « En revanche, une fois porté, la personne doit être libre dans ses mouvements. Je veille à ne pas fabriquer de pièces trop lourdes ni trop rigides ». Régulièrement, ses pièces sont portées lors de défilés de mode à Dakar. Son leitmotiv, l’élégance. « Mais cela n’empêche pas l’originalité ! » affirme-t-elle.

Depuis 1992, elle a réalisé beaucoup de pièces qui représentent des kilomètres de fils, des kilos de pierres…« et aujourd’hui, j’ai toujours autant de passion et de motivation pour mon métier ! » conclut Florence.

Informations pratiques :

Florence de la Peschardière Création

4 avenue Pasteur au Plateau, Dakar

33 823 48 08

Magasin ouvert tous les jours de 9h à 19h (sauf dimanches et jours fériés)

fdelapeschardiere@sfr.fr

http://fdelapeschardiere.com/

Les perles africaines

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Collier réalisé avec des Millefiori

Les Millefiori, perles fabriquées à Venise par les verriers de Murano, du 15ème au 20ème siècle, furent exportées en Afrique en échange d'or, d'épices et d'esclaves. Ils ont servi de monnaie d'échange jusqu'au début de ce siècle. On les trouve sur les marchés africains (de plus en plus difficilement) mais aussi et surtout dans les héritages de famille. Ils sont très reconnaissables à leur mosaïque de fleurs. Chaque perle est originale. Le Millefiori n'est pas une denrée comme une autre, il est objet de voyage, de marchandage et de désir. De leur côté, le chevron, appelé aussi roseta et surnommé "perle aristocratique de l'Afrique", est la plus prisée des perles africains. Les chevrons se transmettaient de génération en génération et comme les Millefiori servaient de monnaie d'échange entre l'Europe et l'Afrique. Ils ont été fabriqués pour les plus anciens, à partir du 12ème siècle, Venise étant la reine de la verrerie, et exportés en quantité incroyable sur le continent africain. Après le 17ème siècle, les hollandais fabriquèrent eux aussi des perles en imitant la technique des verriers de Murano. Références : "Perles d'Afrique" de M.F.Delaroziere et "The History of beads" de Lois Sherr Dubin.

 

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