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« Alem l’A-venir » : hommage à Issa Samb alias Joe Ouakam

Écrit par Lepetitjournal Dakar
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 30 mai 2017

 

Jusqu'au 4 septembre, la galerie Le Manège de l'Institut français de Dakar vous conte une histoire ; l'histoire de l'artiste Issa Samb dit Joe Ouakam. Décédé le 25 avril dernier, cet artiste multidimensionnel renait de ses cendres tel un phoenix au c?ur de l'exposition « Alem L'A-Venir ». 

« Il est là, il est avec nous, c'est lui qui nous a soufflé quoi faire », raconte l'artiste Mohamadou Ndoye, plus connu sous le nom de "Ndoye Douts". C'est bel et bien avec la mémoire de l'artiste-peintre Joe Ouakam que l'exposition « Alem, l'A-venir » a été conçue. Et pour cause, le titre de l'exposition a été proposé par Joe Ouakam lui-même, lorsque le projet était encore en préparation. Le défunt artiste a défini le mot Alem en bambara comme les mondes visibles et invisibles. En arabe, il est interprété comme le savant, celui qui guide. L'intitulé est formulé en deux temps : Alem puis L'A-Venir. Intrinsèquement dans le titre, il y a cette notion de regarder au-delà, dépasser un lieu, une histoire, une époque, le temps, la vie, la mort.

Un patrimoine source d'inspiration 

Depuis le 24 mai, c'est un réel tourbillon de créativité qui a envahi la galerie Le Manège. "Alem, l'A-venir" épouse l'esprit du laboratoire Agit'art, le lieu de création et de vie de l'artiste et rejette tout formalisme. À l'entrée, une installation de « clés » invite les curieux à percer le mystère de Joe Ouakam afin de rendre l'invisible visible. Dans la cour ? Une toile tendue sur laquelle est projetée une voûte céleste où l'on voyait apparaître le visage d'Issa Samb en train de dire en pulaar « Est-ce que tu me vois, est-ce que tu m'entends ? » Progressivement, l'image se désintègre et laisse place à des oiseaux, des poissons qui occupent la porte principale de la salle d'exposition. Le visiteur avance, progresse dans ce jardin où la vue et l'ouïe sont stimulées de tout côté. Sur un pan de mur, un tableau. Chacun y laisse  cours à son imagination armée d'une craie. On peut y lire « Tout vient à point pour celui qui sait se détendre », « Nit nitay garame» soit : l'homme est le remède de l'homme ;  chacun salut et immortalise l'artiste à sa manière. 

À l'intérieur de la galerie ? Un portrait de Joe Ouakam réalisé sur du bois par Pascal Nanpanala. Traoré avec des tampons. Puis, des fils rouges. Tendus. Parmi eux: des boules rouge représentent « les continents et leurs interactions», selon Ndoye Douts. On trouve des journaux aussi. En nombre. Vieillis. Dans le fond de la salle, une saisissante sculpture, très réaliste, de l'artiste Claire Lamarque sur Joe Ouakam. On y voit ce dernier habillé, lisant le manifeste « Internationale situationniste ». Une seconde représentation de l'homme est quant à elle suspendue dans les airs, en apesanteur, surveillant les lieux. Avec sa pipe, ses petites lunettes et son allure d'artiste, Joe Ouakam était un personnage taciturne, qui aimait observer et analyser le monde.

 

La voie d'un A-Venir 

L'esprit du laboratoire « Agit'art », créé par Joe Ouakam et ses confrères dans les années 70 à Dakar est bel et bien présent. C'est aujourd'hui ses héritiers qui suivent les traces de cet immortel. Il s'agit de Alpha Baldé "Ican Ramageli", Babacar Traoré Doli, Cheikha "Siggil", Mohamadou Ndoye "Ndoye Douts", Alioune Diouf, Alioune Badara Diack, Habib Sembène, Pascal Nanpanala, Amadou Lamine Ngom "Docta", Claire Lanaque, Delphine Calmette et Andréya Ouamba. Pour stimuler l'espace et ses visiteurs, une performance, une lecture ou un concert animeront le lieu tous les quinze jours. Un « Grand tout » quelquefois déstabilisant, mais magnétique pour celui ou celle qui s'intéresse de près ou de loin à Joe Ouakam.

Plus d'informations :

Galerie Le Manège : 2 rue Parchappe à Dakar

Entrée Libre ? Lundi au Samedi de 11H à 19H

  

Pauline Autin  (www.lepetitjournal.com/dakar) Mardi 30 mai 2017

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Publié le 29 mai 2017, mis à jour le 30 mai 2017
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