Édition internationale

PIERRICK CHABI – Il a donné vie au "cahier de dessin animé"

Écrit par Lepetitjournal.com International
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 8 septembre 2015

Ancien élève du lycée français de Cotonou (Bénin), Pierrick Chabi choisit la France pour ses études supérieures. Aujourd'hui auto-entrepreneur, il multiplie les initiatives. Découverte de ses projets nourris de son savoir-faire numérique et de son attachement pour l'Afrique.

photo crédit: P comme
Il arrive en France en 2000, après l'obtention de son baccalauréat au lycée français de Cotonou. Il passe ensuite par une classe préparatoire et une école d'ingénieur stéphanoise, avec la spécialité « analyse synthèse image ». Suite à son expérience chez Total Immersion, start-up française spécialisée dans la réalité augmentée, il décide de se mettre à son compte en 2012. Il s'avoue alors atteint du « virus de l'entreprenariat ».

Il multiplie alors les projets, persuadé que le numérique peut être un support de diffusion, favorisant l'accès à la culture, ou encore à l'éducation.

 « Démystifier la consommation du numérique en lui insufflant une dimension créative »

Pierrick crée, en partenariat avec la dessinatrice Claire Faÿ le premier « cahier de dessins animés ». Son fonctionnement est simple, il nécessite le fameux cahier (disponible en librairie), des crayons de couleur et l'application mobile WAKATOON. Une fois une page du cahier coloriée, l'enfant utilise l'application mobile pour prendre son dessin en photo. Le personnage colorié par l'enfant  prend alors vie sur l'écran, sous forme de dessin animé. Le cahier, commercialisé dès janvier 2015 s'est déjà écoulé à 15.000 exemplaires.

WAKATOON nait d'un constat. En observant son neveu, Pierrick se rend compte que celui-ci passe énormément de temps devant les écrans, mais de manière passive. « Il consommait du numérique sans créer quoi que ce soit, or c'est cette dimension créative qui m'importe. J'estimais qu'il passait à côté de quelque chose » explique Pierrick.

Il souhaitait entreprendre un projet alliant le numérique à une autre matière, pour que la technologie développée ne se retrouve  pas « orpheline d'usage ». C'est ainsi qu'il a fait le choix du papier. « Il n'y a aucun complexe à créer un nouvel outil numérique pour enfant, puisque celui-ci nécessite l'utilisation de papier et de crayons de couleurs » explique Pierrick. « Et cet argument fonctionne auprès des parents. Non seulement leurs enfants utilisent intelligemment les écrans, mais eux-mêmes s'incluent dans le processus de création du dessin animé » continue-t-il.

Le nom WAKATOON provient originellement de l'anglais « wake a toon », littéralement « réveiller un personnage ». Sa contraction lui donne une sonorité africaine, ce qui plait particulièrement à Pierrick.
En savoir plus sur Wakatoon ici.

Entreprenariat, pourquoi pas l'Afrique ?

 « J'avais pris l'habitude de retourner en Afrique avec une vision très occidentale. Là-bas, je me heurtais aux apriori. Les infrastructures manquaient, et j'avais l'impression que ce type de problèmes ne pouvait pas être dépassé » confie Pierrick. « J'ai fini par avoir un déclic. Ces problèmes sont non seulement surmontables, mais l'Afrique dispose d'un énorme potentiel » continue-t-il.

C'est dans cet esprit qu'est créée Start-up Africa Paris. L'association est lancée par quatre bénévoles, dans un espace de co-working parisien. Les membres se réunissent régulièrement pour discuter de leurs idées et projets pour entreprendre en Afrique.  Ils organisent en novembre 2013 leur premier évènement, pour élargir le cercle de réflexion.

Le workshop s'adresse à tous ceux qui souhaitent créer de l'activité en Afrique, sur une base d'entraide et de partage. « Sans faire de communication particulière, nous avons réuni 35 personnes ! » explique Pierrick. « Suite à cela nous avons créé un groupe Facebook, qui compte désormais 450 personnes, entrepreneurs confirmés ou non » continue-t-il.

Cette émulation panafricaine permet à un second évènement de voir le jour.  « Chop my money », est lancé à Paris en 2014. Il s'agit d'une réunion d'investisseurs français à qui sont présentées 13 start-ups, évoluant dans des secteurs d'activité très variés.  « Le concept a tellement plu, que l'édition 2015 de ?Chop my Money' est attendue » déclare Pierrick.  « C'est un avantage de pouvoir l'organiser à Paris, accessible depuis n'importe quelle capitale africaine » poursuit-il.

 « Faire bénéficier la culture de la rapidité de diffusion du numérique »

Pierrick a également souhaité s'investir dans un projet culturel, lui tenant particulièrement à c?ur. Il développe l'application WAKPON ainsi qu'une série d'images interactives pour le musée de Ouidah, au Bénin. L'application permet de visualiser les ?uvres du musée, partout dans le monde, grâce à un fonctionnement similaire à celui de WAKATOON.

« Il suffit d'imprimer les ?images magiques', de les placer sur une surface plane, puis de démarrer l'application, sans oublier d'activer le son » explique Pierrick. D'après le visuel d'une image, une ?uvre du musée apparait et des commentaires audio sont diffusés.

Cette application a été développée pour la fondation Zinsou. Initiative familiale et privée, elle est créée en 2005 avec pour objectif la mise en valeur du patrimoine africain. L'opération « Le Musée fait le mur », initiée par le lancement de WAPKON, s'inscrit dans cette logique. La fondation, en plus d'accueillir les expositions d'artistes africains, propose également des activités pédagogiques et sociales.

« J'avais connaissance de cette fondation, et j'ai eu envie de les aider via un support numérique » témoigne Pierrick. « La culture est un savoir au même titre que l'éducation, qui doit pouvoir bénéficier de la rapidité de diffusion du numérique ». Cette activité empiète certes sur ses autres projets, mais lui tient particulièrement à c?ur. « Je suis persuadé qu'avec le numérique, on peut aider les gens » conclut-Pierrick.

Mélanie Volland (www.lepetitjournal.com) mercredi 9 septembre 2015

logofbinter
Publié le 7 septembre 2015, mis à jour le 8 septembre 2015
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