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BERNARD PIVOT – "La fermeture des Instituts Français à l’étranger est un drame"

Par Lepetitjournal.com International | Publié le 26/06/2016 à 16:59 | Mis à jour le 27/06/2016 à 07:39

 Le journaliste et écrivain Bernard Pivot était invité des Rencontres littéraires, organisées par l'Alliance Française à Paris. Celui qui a commencé à voyager à travers les livres lorsqu'il était enfant en dévorant son dictionnaire du Petit Larousse, en dit plus sur sa vision de la langue française et l'intérêt de promouvoir la francophonie à travers le monde.

©Isanoé

A l'occasion de la sortie de son roman, Au secours les mots m'ont mangé, le célèbre journaliste littéraire a accepté d'inverser les rôles le temps d'une heure pour répondre aux questions d'Antoine Boussin qui animait la rencontre littéraire à l'Alliance Française. Premiers mots, premières saillies et d'emblée le public est conquis. A la question sur sa notoriété et ses 300.000 « followers » sur Twitter, le Président de l'Académie Goncourt plaisante « Oui et alors ? Ce n'est pas un exploit?  Le Pape et Barack Obama en ont plus que moi », la salle est hilare. Bernard Pivot n'échappe pas non plus aux questions sur la réforme de l'orthographe à laquelle il avait participé et qui a suscité une controverse au début de l'année. Selon lui, cette réforme tient du bon sens. Il en rajoute même, étant un fervent militant du « h », Bernard Pivot voudrait que le mot « éléphant » s'écrive désormais « héléphant » car le petit « é » ne ferait pas honneur à la taille de l'animal. 

L'écrivain a ainsi régalé l'audience pendant une heure en digressant sur son amour des mots et des livres. Antoine Boussin a conclu l'entretien avec le célèbre questionnaire qui était systématiquement soumis aux invités à la fin de l'émission "Bouillon de Culture" : 
-  Quel est le mot que vous préférez ?
- "Aujourd'hui" et je ne change jamais d'avis car c'est le mot du journaliste
- le mot que vous détestez ? 
- Le mot "incompétent" me dérange car je n'aime pas être vu comme "in-com-pétent"
, dit-il dans un sourire en détachant bien les syllabes. 

A la fin de la rencontre, beaucoup se sont pressés pour faire la queue, les bras chargés de livres, afin de lui demander une dédicace. L'écrivain a aussi accepté de répondre à nos questions. 

Lepetitjournal.com : Pourquoi est-ce important pour vous de participer à des événements de l'Alliance Française ? 

Bernard Pivot : Cela fait très longtemps que je travaille avec l'Alliance Française et j'ai fait énormément d'émissions avec eux. L'Alliance a justement été créée pour défendre et promouvoir la langue et la culture française à travers le monde. Ce sont des valeurs qui me parlent car quand je donne mes dictées à l'étranger, que ce soit à l'ONU ou au Liban, je m'attache également à promouvoir la francophonie. 

Vous avez récemment déploré la fermeture des instituts français, comment pourrait-on compenser cette fermeture ?

Oui, la fermeture des Instituts français est un drame qui se joue en catimini. Personne ne manifeste dans la rue quand l'Institut français à Stockholm ferme pour des raisons économiques alors que tout cela est, selon moi, très grave. Pour compenser cette fermeture, il y a justement les antennes de l'Alliance Française dans le monde qui constituent un réseau culturel français à l'étranger. On pourrait également réfléchir à réinvestir la langue française via les réseaux numériques et développer de nouveaux outils pour diffuser cette culture, il y a surement des progrès à faire dans ce domaine.  

                                                                                              
©Isanoé

 

Vous aimez beaucoup Twitter, continueriez-vous à vous exprimer sur ce réseau social si le nombre de caractères était augmenté ? 

Non, c'est justement la brièveté du tweet qui fait la particularité du réseau car la forme courte est une forme très agréable. Avec Antoine Boussin nous avons d'ailleurs convenu d'une définition pour ce réseau qui serait comme une chorale composée uniquement de solistes. S'il devenait comme Facebook, il n'aurait plus aucun intérêt. 

Lors de vos nombreux déplacements à l'étranger, avez-vous pu percevoir comment la littérature française était considérée ? 

La littérature française a toujours suscité de l'intérêt à l'étranger. Aujourd'hui l'écrivain français qui est le plus demandé est Michel Houellebecq mais avant c'était François Mauriac ou Albert Camus. Il y a aussi énormément d'écrivains français aujourd'hui qui se rendent très souvent à l'étranger, dans les Alliances Françaises, comme Pierre Assouline par exemple. 

 Auriez-vous des conseils de lectures pour cet été ? 

C'est toujours compliqué de donner des conseils de lecture? Là tout de suite, je conseillerais le roman Envoyée Spéciale de Jean Echenoz ou le recueil de nouvelles, Histoires de Marie-Hélène Lafon. 

Propos recueillis par Mathilde Poncet (www.lepetitjournal.com) - lundi 27 juin 2016

Pour en savoir plus sur les rencontres littéraires de l'Alliance Française, rendez-vous ici !  

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