Plusieurs milliers de lycéens et d'étudiants manifestent au Danemark mercredi contre le projet du gouvernement de réduire les bourses d'études, à l'heure où la jeunesse se mobilise à travers l'Europe.



Sous la bannière "ça suffit maintenant", 11 associations lycéennes et étudiantes se sont rassemblées sur la place de l'Hôtel de ville de Copenhague, d'où le cortège a rejoint le Parlement, a constaté une journaliste de l'AFP.
Selon la Fédération des lycéens danois, quelque 12.000 jeunes y participent, et d'autres manifestations ont lieu dans le reste du pays.
Ces dernières semaines, les manifestations lycéennes en France se sont étendues à d'autres pays européens, et la police de Copenhague était bien visible lors de la manifestation de mercredi.
Sous un soleil éclatant, lycéens et étudiants, battant le pavé à Copenhague, scandaient "promesse rompue" en chœur, en direction du gouvernement de centre-gauche et de certains partis de sa coalition, revenus sur leur engagement de ne pas réduire les aides aux étudiants.

"On estime mériter d'avoir la possibilité de bénéficier d'une aide financière pour faire des études. Comme ça, on n'aura pas à stresser autant pour trouver du travail et à devoir constamment nous soucier de trouver de quoi payer nos transports et notre nourriture. Nos parents ne peuvent pas toujours tout prendre en charge", a déclaré à l'AFP Malou Steffensen, lycéenne de 18 ans.
Dans son projet de loi de finances, le gouvernement veut, afin de soutenir les dépenses de défense, supprimer l'allocation publique d'études (SU), jusque-là universelle à partir de 18 ans, pour les étudiants vivant chez leurs parents si ceux-ci ont un revenu annuel total supérieur à 94.000 euros.
- "Je suis furieux" -
Le montant du SU serait progressif pour les étudiants dont les parents gagnent entre 55.500 et 94.000 euros par an.
Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, environ 14.000 étudiants devraient perdre leur allocation et quelque 8.000 la verraient réduite.
Kieran Hindshaw, étudiant en agronomie de 23 ans, fustige "les mauvaises priorités" du gouvernement.
"Honnêtement, je suis furieux que nous ayons enfin un gouvernement prétendument de gauche au Danemark (...) et que malgré cela, nous assistons à des coupes dans nos prestations sociales et dans les aides financières destinées aux jeunes, tandis que le gouvernement finance des baisses d'impôts pour les entreprises et des dépenses militaires", dénonce-t-il auprès de l'AFP.

En vigueur depuis 1970, le SU est l'une des pierres angulaires du système universitaire danois égalitaire, permettant à chaque jeune de faire des études indépendamment du revenu de ses parents.
Imposable, elle est d'environ 152 euros quand il réside chez ses parents, et de 980 quand il a son propre logement.
- "Absurde" -
"Au Danemark, nous avons l'un des systèmes éducatifs les plus performants au monde, et c'est complètement absurde de vouloir le démanteler", estime le président de la Fédération des lycéens danois, Oscar Tønsberg Hoffmann.

"C'est d'ailleurs une chose que nous mettons en avant partout où nous allons à l'étranger. Il n'y a donc absolument aucun sens à réduire les aides financières destinées aux jeunes qui font des études", ajoute-t-il.
Quelque 40.000 lycéens de 57 établissements à travers le pays ont fait grève mercredi, selon l'organisation.
Selon le jeune homme, les organisations lycéennes ont voulu engager un dialogue avec le gouvernement, en vain.
Au sein du gouvernement, le parti socialiste populaire (SF) et le parti radical (R), jusqu'à présent opposés à des coupes dans l'éducation, ont défendu le projet à plusieurs reprises.
"Ce n'est un secret pour personne que cette initiative ne vient pas de nous. Mais nous avons conclu des compromis dans ce gouvernement et je les assume pleinement", a dit la ministre ministre de l'Économie et de l'Intérieur, Pia Olsen Dyhr, également cheffe de SF.







