Jean-Claude Martinez : « Je connais la vie concrète des expatriés »

Par Lepetitjournal Casablanca | Publié le 25/05/2022 à 19:00 | Mis à jour le 25/05/2022 à 19:00
Jean-Claude Martinez : « Je connais la vie concrète des expatriés »

Dans la perspective des prochaines élections législatives (à partir du 27 mai en ligne, 5 et 19 juin 2022 dans les urnes), lepetitjournal.com est allé à la rencontre des candidats dans chaque circonscription des Français de l’étranger.
Jean-Claude Martinez, candidat sans étiquette à la 9ème circonscription a répondu à nos questions.

 

Pourquoi avez-vous choisi la 9ème circonscription ?

Je l’ai choisie car elle est ma maison, et en raison de mes liens objectifs et affectifs avec les femmes et les hommes habitants de ces pays, à commencer par mon Maroc où j’ai une longue histoire qui se résume en 3 liens.

D’abord les liens familiaux : je me suis marié à Rabat où ma fille est née, comme ma

femme qui est née à Mazagan, El Jadida d’aujourd’hui.

Viennent ensuite les liens professionnels : je suis en effet ancien professeur de l’Université Mohammed V Rabat, où j’ai commencé ma carrière au moment de la grandiose Marche verte et où sa Majesté, Mohammed VI, Jeune Prince, y a fait son droit. J’ai été aussi Ancien directeur des études à l’ENA de Rabat, magnifique école à côté de Bab Road. J’ai été chargé de mission à l’IGF du Maroc et aux politiques fiscales dans le cabinet de conseillers de sa Majesté le Roi Hassan II, dont je reste l’admirateur, étant subjugué par son génie politique. J’ai été aussi Conseiller aux affaires européennes du grand Ministre de l’Intérieur du Maroc de 1990 à 1999, comme j’ai été en parallèle Député au Parlement de la Méditerranée (EUROMED) de 1994 à 2009.

Enfin ce sont des liens culturels, affectifs et fraternels. Le doyen Ben Allal , mon ami dont le fils Nasim à l’âge de ma fille, M Birouk le directeur de l’ENA qui m’y a recruté. Je pense aussi à ma jeune et talentueuse collègue Nadia Bernoussi, une des rédactrices de la constitution du Maroc, mais pour moi la « petite » fille de mon si cher ami le gouverneur. J'ai dis tout cela dans mon livre best seller, « Mohammed VI le roi stabilisateur » et surtout , qui paraitra cette année mon volumineux Dictionnaire amoureux du Maroc

 

Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

 Parce que il y a le feu de l’insécurité  alimentaire qui risque d’enflammer les pays d’ici. Avec  les troubles sociaux  qui vont en découler. Souvenez vous, en 2008 déjà aussi, à Dakar, le 31 mars, à Abidjan le 1 er avril, au Caire les 6 et 7 avril, et c’était pareil au Burkina-Faso, la flambée des prix des de la nourriture de base avait provoqué des manifestations sévères. On avait parlé de « révoltes de la faim. Même le Maroc, qui pourtant depuis sa Majesté Hassan II, avec sa politique préventive des barrages et sa Majesté Mohammed VI, avec le volontarisme d’un Plan Vert, a toujours eu une politique de souveraineté agro- alimentaire, avait connu des tensions. En 2011 à nouveau, après la sécheresse de l’été 2010, sur la France et la Russie , la tonne de blé était montée vers les 300 euros.

Dès lors, pour un député de la 9ème circonscription, au cœur de la France dans le monde, ce n’est pas, au  moment où une crise  agro-alimentaire  majeure va nous frapper, une mission pour une  vingtaine de candidats inexpérimentés.

Député ce n’est pas la « star académie politique ». Ces « enfants candidats » ne sont pas raisonnables. Ils amènent de la confusion dans une élection, où n’ayant rien à dire, sinon des clichés, des banalités, ils ne devraient pas être là. Quand le feu alimentaire arrive, ces enfants ne doivent pas jouer au pompier et gêner les gens compétents.

 Pour gérer ce qui nous arrive, mon expérience longue de parlementaire et des problèmes agricoles mondiaux , doit être  mise en action, pour prendre au plus vite les mesures d’urgences que j’expose dans la vidéo et le programme écrit que j’ai envoyés aux 90 000 adresses des électeurs.

Les tensions alimentaires, vont exploser à cause de la sécheresse. Notamment en Inde, Côte d’Ivoire, Maroc, Burkina et Ghana. Même la France est en tension hydrique. Je dois donc exposer, défendre et faire prendre les solutions stratégiques nécessaires en urgence. Ma candidature et mon appel à la sagesse de mes compatriotes sont motivés par ces raisons.

 

 En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

Comme je suis encadrant de mes nombreux doctorants africains, constamment en Afrique, je connais la vie concrète des expatriés. Je connais les problèmes de tous les jours à résoudre. Moi aussi j’ai été des années durant professeur expatrié au Maroc, et ma petite villa, 3 Rue Al Abtal, à Rabat, est toujours là, un peu perdue en face l’immense centre commercial. Je connais les problèmes de recherche d’un médecin, d’une clinique, notamment pour un accouchement, d’un logement, et je ne parle pas des démarches fiscales ou autres. Aussi, il vaut mieux que je sois là, député, pour tout faciliter pour mes compatriotes français.

Concrètement, je mettrai à leur disposition, dès le 20 juin, au lendemain de l’élection:

1.    Une permanence itinérante mensuelle. Elle va être assurée par Constance Guzman, avocate, docteure en droit de l’Université Paris II, et ayant un grand relationnel en Afrique et au Maroc spécialement, ce qui aidera beaucoup.

2.    Pour les chefs d’entreprises ou indépendants, je vais mettre  à  leur disposition un pool d’experts du droit de l’entreprise,  des affaires et de la fiscalité, pour aider  à les orienter sur leurs questions juridiques pointues.

3.    Sachant aussi les problèmes d’urgence qui peuvent se poser pour mes compatriotes retraités notamment, dès juillet Constance Guzman va venir les consulter pour mettre en place, avec eux, un Fonds d’urgence solidaire mutualisé, qui aura pour première alimentation mensuelle mon indemnité parlementaire que je laisse à la  disposition.de mes compatriotes.

Comme cela les choses sont simples et claires entre moi et les électeurs. Je ne suis pas un des 20 candidats alimentaires à la recherche d’un emploi, puisque j’ai, moi, un vrai métier de professeur agrégé de droit, et  je ne suis pas candidat à la recherche d’une rémunération.

 

Comment voyez-vous le mandat de député ?

J’ai une grande expérience de mandat. Député, ce n’est donc pas une fonction pour des enfants inexpérimentés. Car être un vrai député, c’est faire des lois et voter les budgets en octobre et novembre chaque année. Je vous rappelle à cet égard la phrase célèbre du président de l’Assemblée Nationale Jacques Chaban Delmas qui ouvrant la discussion budgétaire en1960 déclarait : « Mes chers collègues, nous allons commencer la discussion du projet de loi de finances. Il y a 60  collègues compétents, je demande à tous les autres de se taire ». Les 20 enfants candidats actuels devraient se taire s’ils étaient députés à l’ Assemblée. Parce qu’ils ne sont pas formés à faire des lois et à lire un budget très compliqué ou savoir lire notre Code général des impôts qui compte plus de 5000  articles.

 

Quels sont, selon vous, les défis qui attendent les Français de votre circonscription ?

Evidemment quand on est au Mali ou sur les 3 frontières, avec le Burkina notamment, le défi de sécurité que l’on ressent, n’est pas le même que si on est tranquille à Agadir, à Marrakech, ou comme moi dans mon séminairede fiscalité chez mes collègue du master de Oujda ou de Settat.

Mais dans l’urgence actuelle il y a pour mes compatriotes le défi de la crise alimentaire qui arrive. Et durant le mandat du Président Macron , comme je le lui ai d’ailleurs dit, avant le 2ème tour, lors d’un échange amical impromptu dans son restaurant préféré, qui est aussi le mien parce qu’il est à côté de ma fac d’Assas à Paris, il y a deux autres défis à relever pour nous, Français de la 9ème.

  • Le défi d’une Communauté francophone de destin à organiser
  • Le défi d’un nouveau modèle de développement durable à inventer pour l’ Afrique, que j’appelle l’économie de la vie.

Toutes les solutions sont détaillées dans mon programme.

 

Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

Comme il s’agit d’une campagne très courte, surtout avec des listes électorales fournies uniquement le 13 mai, je mène une campagne par envoi de mails, lettres et vidéos.

Mais c’est aussi une campagne marquée par l’inégalité, car les candidats des partis ont le relai des délégués consulaires de leurs partis qui ont, eux, les listes consulaires depuis des mois. Mais nous savons tous que l’injustice fait partie de la vie politique des oligarchies des partis tricheurs...

Mes soutiens sont donc l'équipe de tous mes doctorants et docteurs africains de Paris 2, Oujda, Fes, Conakry, Tunis ou Rabat et même Tripoli.

 

Quel bilan dressez-vous du mandat du député sortant ?

C’est simple: dans sa profession de foi de 2017, il avait pris par écrit 6 engagements, et n’en a tenu aucun. En 2022, la candidate LREM promet les mêmes banalités. Quel serait le résultat, au final, si un de ces enfants candidats était encore élu ? Le même qu’aujourd’hui. Rien.

 

 

 

 

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