Édition internationale

GILLES FAVRET - Nouveau Consul général de France à Casablanca

Écrit par Parler Darija
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 30 avril 2013

 

Par décret en date du 16 juin 2012, monsieur Gilles Favret a été nommé consul général de France à Casablanca. Il nous a chaleureusement accueilli pour un entretien.

(crédit photo: L.P)


Lepetitjournal.com : Monsieur le consul général, pouvez-vous vous présenter ?

Gilles Favret : Je suis arrivé à Casablanca en septembre 2012 en tant que consul général mais avant cela, j'ai eu plusieurs métiers. Je suis professeur de français-latin, agrégé de lettres et par envie, j'ai décidé d'intégrer l'ENA via le concours interne. J'ai occupé différents postes à la direction des services consulaires, à la gestion du budget et du personnel des postes consulaires, mais également en tant que consul général en Allemagne, à Bonn et Francfort, mais aussi en Italie, à Rome.
J'ai également profité d'une mobilité fonctionnelle obligatoire pour occuper la fonction de sous-préfet à Sarrebourg en Lorraine. Enfin, avant de venir à Casablanca, j'étais sous-directeur à Nantes du Service Central d'Etat Civil.

Quel est votre rôle pour la communauté française à Casablanca ?
Le rôle du consulat est avant tout administratif. Nous gérons la communauté française et assurons sa sécurité en cas de besoin. Le consulat peut être apparenté à une mairie. A Casablanca, il comprend différents services : le service des visas qui est le plus important; la chancellerie qui traite les demandes de passeport et de carte nationale d'identité ; le service de l'état civil et de la nationalité qui s'occupe d'établir les actes d'état civil (mariage, naissance décès). A ce titre, je suis amené à célébrer des mariages entre deux personnes de nationalité française. Il y a enfin les services social, d'aide à la recherche d'emploi, d'encadrement et de logistique. Au total, le consulat général comprend 60 agents.

Quelle différence y a-t-il entre le rôle du consulat et celui de l'ambassade ?
L'ambassade, qui se situe à Rabat, a un rôle politique central. Elle détient l'exclusivité de l'analyse politique sur le pays et des contacts politiques.
Les consulats sont sous l'autorité et la coordination de l'ambassadeur de France.
En tant que consul général, j'informe l'ambassade des faits politiques à Casablanca et suis en lien avec les politiques du Maroc mais ce sont des liens davantage administratifs. Par exemple, je discute avec le maire de Casablanca des aménagements français prévus. Je crée également des contacts avec les chefs d'entreprise. Le consulat a donc davantage un rôle administratif et économique.

Parlez-nous de la communauté française au Maroc
Rien qu'à Casablanca, il y a 20.000 individus immatriculés. Même si l'immatriculation n'est pas obligatoire, nous savons que le taux est assez élevé.
Dans cette communauté, nous pouvons distinguer trois sortes de Français : tout d'abord, les binationaux, pour l'essentiel des Franco-Marocains, qui représentent 9.000 à 9.500 individus. Ensuite, les expatriés qui viennent vivre au Maroc pour quelques années. Et enfin, ce que j'appellerais "les vieux Français de Casablanca" qui vivent ici depuis plusieurs générations.

Parlez-nous des relations bilatérales entre le Maroc et la France
Je retrouve au Maroc ce que j'ai vécu en Allemagne, à savoir les "relations d'exception" qui existent avec la France. Cela tient à l'histoire, la culture, l'économie. Il y a une relation très étroite et de confiance entre les deux pays et je pense que les Français sont et se sentent bien accueillis au Maroc. Des implications directes naissent de ces liens étroits. Tout d'abord, la communauté française au Maroc est très importante et ensuite, le consulat instruit en moyenne 80.000 demandes de visas chaque année. Le Maroc a toujours été un pays d'émigration, surtout vers la France. Le service des visas est donc très important et emploie, à lui seul, 20 agents.

Quels sont vos rapports avec les autres consuls généraux français du Royaume ?
Il y a six consulats de France au Maroc, c'est l'un des plus gros réseaux. Chaque consulat gère sa communauté mais nous harmonisons nos politiques, par exemple en matière de traitement des demandes de visas. Nos attributions consulaires sont fixées par la convention de Vienne et comme nous sommes intégrés dans le réseau diplomatique, nous sommes sous l'autorité de l'ambassade.

Quels sont les moyens financiers dont vous disposez ?
C'est l'ambassadeur qui à en charge la répartition des des fonds entre les différents consulats, en fonction de l'enveloppe qui a été attribuée par le ministère des Affaires étrangères. Il y a une baisse de crédits, la situation budgétaire n'est pas facile donc nous devons faire très attention à nos dépenses. Mais dans l'ensemble, le consulat tourne bien et nous n'avons pas vraiment de problèmes de personnel.

Quels sont vos objectifs pour l'année 2013 ?
Je viens d'arriver donc ma priorité est de continuer à "faire tourner" le consulat et à rencontrer les Français, les autorités locales etc. Ma circonscription consulaire est très étendue car elle va jusqu'à Béni Mellal.
Parallèlement à cela, à la demande de madame Conway-Mouret, ministre déléguée chargée des Français de l'étranger, nous devons nous pencher sur la situation des ressortissants français âgés qui deviennent dépendants et qui, après avoir tout quitté en France, notamment au moment de la retraite, se retrouvent en situation difficile sur le territoire marocain. L'enjeu de ce projet est de mettre en place un système de tutelle innovant à Casablanca permettant, par décision judiciaire marocaine, d'appliquer à la personne française dépendante le droit personnel, à savoir qu'elle pourra être soumise à la loi française en matière de tutelle.
Ensuite, il y a des objectifs fixés par l'actualité politique. En effet, les 3 et 4 avril prochains, monsieur le président de la République, François Hollande, se rendra au Maroc pour s'entretenir avec sa majesté le Roi Mohammed VI et signer des accords en matière économique, culturelle, de coopération. Nous devons contribuer à l'organisation de cette visite.
Une fois de plus, cela montre la relation particulière entre le Maroc et la France car le 12 décembre dernier, monsieur Ayrault, Premier ministre était déjà venu à l'occasion de l'inauguration du tramway de Casablanca. Cela fait donc deux visites de la France en l'espace de 4 mois seulement.

Lorraine Pincemail (www.lepetitjournal.com/casablanca) Rediffusion du mardi 19 mars 2013

parler darija
Publié le 1 mai 2013, mis à jour le 30 avril 2013
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