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Le Maroc intègre la route de la soie

Par Vincent Villemer | Publié le 21/11/2017 à 17:31 | Mis à jour le 21/11/2017 à 17:35
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Alors que la Chine développe sa nouvelle « route de la soie » depuis 2013, le Maroc doit signer un mémorandum d’entente à Pékin pour être le lien du continent africain vers l’Europe.

 

Qu’est ce que la route de la soie ?

La route de la soie désigne un ancien réseau de routes commerciales entre l’Asie et l’Europe. Pourquoi la soie ? Car elle était la précieuse marchandise qui transitait entre les deux continents et qui fut à l’origine de cette route commerciale. Aujourd’hui il n’est plus de question de trafic de soie mais ce terme a été repris en 2013 par le président chinois Xi Jinping pour désigner le nouveau corridor économique entre la Chine et l’Europe. Le but est de fluidifier les échanges commerciaux avec l’Europe et étendre la demande pour ses produits à l’étranger car le pays est en surcapacité. Depuis, les voies terrestres et maritimes financées par les entreprises chinoises se sont multipliées et passent désormais par l’Afrique et le Maghreb. La Chine est en partenariat avec 68 pays, et le Maroc est l’un des rares pays africains à faire partie du projet avec l’Afrique du sud et l’Éthiopie. Ce n’est pas un hasard que le Maroc soit sollicité car Tanger est un lieu essentiel stratégiquement pour les Chinois, se classant  3ème hub portuaire le plus important au monde après Shanghai et Panama.

 

Deux pays qui se rapprochent

L’inclusion du Maroc dans la route la soie chinoise n’est qu’une étape supplémentaire dans le rapprochement économique et diplomatique entre les deux pays. En 2016, le roi Mohammed VI a signé avec la Chine un partenariat stratégique qui permet au Maroc de recevoir une aide considérable dans des grands projets comme la Cité Mohammed VI Tanger Tech, la zone industrielle de Fès ou encore la ligne à grande vitesse Marrakech-Agadir. Une collaboration bénéfique puisque les investissements ont augmenté de 60%, le tourisme de 450% et le commerce de 20% juste de 2016 à aujourd’hui. Pour mesurer l’ampleur de l’évolution  des relations entre les deux pays, les flux en provenance de Chine vers le Maroc ne représentaient que 2 millions de dirhams en 2011, alors qu’ils sont passés à 393 millions de dirhams en 2015.

 

Quelles perspectives à l’avenir ?

Le mémorandum qui va être signé bientôt est un signal politique qui affirme la volonté de renforcer l’investissement. Des projets qui devraient concerner le développement des infrastructures terrestres, maritimes et aériennes, ainsi que le développement du commerce et de l’investissement. L’idée derrière est de créer une nouvelle dynamique pour le Maroc et ainsi créer massivement de l’emploi, tout en développant des nouveaux secteurs d’activité. De son côté, la Chine profite de la route de la soie pour fluidifier son commerce et puiser dans les matières premières des pays africains. En revanche, le Maroc n’est pas dépendant de la Chine en terme de matières premières et n’a pas besoin de vendre pour avoir des infrastructures.

 

Une route de la soie qui profite à l’Afrique

Cette route est évidemment bénéfique pour le Maroc qui va donc ouvrir de nouvelles perspectives en termes d’investissement et de commerce, mais elle profitera également aux autres pays africains puisque la route de la soie les inclut à partir du royaume. D’ailleurs la Chine a déjà investi dans les terminaux portuaires afin de développer sa marine marchande, comme en Tanzanie, en Algérie et à Dakar, bien que ces pays ne fassent pas partie des pays partenaires à la route de la soie. Le cas de l’Éthiopie est devenu l’exemple type de la politique chinoise de la route de la soie, 297 entreprises y ont investi pour un capital de 491 millions d’euros et un investissement de 3,4 milliards d’euros en vingt ans. Le Maroc est encore loin avec une trentaine d’entreprises chinoises implantées sur son sol mais nul doute que les chiffres augmenteront considérablement après avoir intégré la route de la soie.

 

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